L'ONU paralysée par les tensions entre les États-Unis et la Chine

La dégradation des relations entre les États-Unis et la Chine (ici, le Président américain Donald Trump et chinois Xi Jinping) bloque plusieurs dossiers importants à l'ONU, dont la gestion de la pandémie du Covid-19. ©AFP

Le Conseil de sécurité de l'ONU, déjà affecté par la pandémie du Covid-19, subit de plein fouet les tensions croissantes entre la Chine et les États-Unis.

Le Conseil de sécurité de l'ONU, dont le fonctionnement a été ralenti par la pandémie du Covid-19, subit une deuxième source de paralysie avec les tensions entre les États-Unis et la Chine. Une situation inquiétante pour l'organe chargé du maintien de la paix dans le monde.

"Le Conseil de sécurité a été affecté par le Covid-19 dès le 13 mars. Toutes les réunions sont devenues virtuelles, les procédures ont ralenti", explique un diplomate européen, "adopter un texte à 15 dans de telles conditions n'est pas évident du tout."

"Le Conseil de sécurité a été affecté par le Covid-19 dès le 13 mars. Toutes les réunions sont devenues virtuelles, les procédures ont ralenti."
Un diplomate européen

Le Conseil de sécurité devrait "retrouver son rythme de travail en juin" suite au ralentissement de la pandémie, ajoute cette source. Mais les rivalités croissantes entre Washington et Pékin bloquent plusieurs dossiers importants. Et agacent les autres États membres de l'ONU, dont la Belgique, qui fait partie du Conseil de sécurité.

Bras de fer autour de Hong Kong

Le dernier incident porte sur l'adoption par la Chine, jeudi 28 mai, d'une loi faisant craindre une perte d'autonomie à Hong Kong. Le texte prévoit de punir les activités séparatistes, terroristes et l'ingérence étrangère dans le territoire autonome chinois. Pour les États-Unis, cette loi est une manière de censurer l'opposition à Hong Kong.

Les États-Unis avaient demandé la veille de tenir une réunion au Conseil de sécurité à propos de la situation dans l'ancienne colonie britannique. La Chine s'y est opposée, voyant dans cette initiative une ingérence dans ses internes. Vendredi dernier, Washington et Londres rappelaient à l'ordre Pékin lors d'une visioconférence, provoquant en retour la colère du gouvernement chinois.

Une nouvelle passe d'armes a eu lieu ce mardi, après que les autorités chinoises ont interdit, sous prétexte de la pandémie, la tenue de la veillée annuelle pour Tian'anmen à Hong Kong en souvenir de la répression sanglante du pouvoir contre la révolte des étudiants le 4 juin 1987.

La gestion de la pandémie parasitée

Les relations orageuses entre Pékin et Washington parasitent la réaction internationale à la pandémie de coronavirus.

Début mai, la France et la Tunisie déposaient un projet de résolution Covid-19 appelant à un cessez-le-feu dans le monde afin de mieux lutter contre la maladie. La Chine et les États-Unis ont transformé l'exercice en bataille rangée sur l'origine du virus, s'accusant mutuellement de l'avoir propagé.

"C'est trop tard pour la résolution Covid-19 à cause des tensions sino-américaines qui affectent de plus en plus le travail."
Un diplomate européen

Le 8 mai, Washington bloquait le projet de résolution au Conseil de sécurité. Les tentatives de le faire revivre furent vaines. "C'est trop tard pour la résolution Covid-19 à cause des tensions sino-américaines qui affectent de plus en plus le travail", poursuit cette source. 

Vendredi 29 mai, le Président des États-Unis Donald Trump a retiré son pays de l'Organisation mondiale de la Santé, en l'accusant d'être "la marionnette" de la Chine. Une décision catastrophique qui prive l'agence spécialisée dans la santé publique d'environ 450 millions de dollars par an, alors que le monde est en proie à une pandémie ayant tué plus de 370.000 personnes en quelques mois.

D'après Donald Trump, l'OMS aurait cédé aux pressions de la Chine pour qu'elle taise son rôle dans la propagation du virus. Le Président américain avait enjoint l'OMS de procéder à des réformes qui, selon lui, n'ont pas été exécutées.

Les États-Unis menacent désormais de rompre leurs relations diplomatiques avec la Chine, ce qui devrait encore plus impacter le fonctionnement du Conseil de sécurité.

D'autres dossiers sont affectés. Le Conseil de sécurité a récemment échoué à adopter une résolution sur la cessation des hostilités en Birmanie à cause de la rivalité entre Pékin et Washington.

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