Une grève générale démarre en Biélorussie contre le régime de Loukachenko

Des manifestations contre le régime de Loukachenko ont de nouveau réuni des milliers de personnes en Biélorussie. ©Photo News

Une grève générale a démarré en Biélorussie pour obtenir le départ du président contesté, Alexandre Loukachenko. Des centaines d'entreprises à travers le pays et les étudiants des universités ont suivi le mouvement. Dimanche, la police a arrêté plus de 500 manifestants.

Trois mois après l'élection présidentielle en Biélorussie et le début de manifestations à travers le pays, la contestation contre le régime d'Alexandre Loukachenko passe à la vitesse supérieure. Les Biélorusses ont répondu lundi à un appel à la grève nationale lancé par l'opposition pour obtenir le départ du président contesté. Dans les universités, les étudiants ont arrêtés les cours. Simultanément, des milliers de manifestants, dont un nombre important d'étudiants, défilaient dans les rues de Minsk. Des grèves étaient observées dans plusieurs entreprises privées et publiques. De nombreux commerces et des restaurants avaient fermé leurs portes.

La cheffe de file de l'opposition, Svetlana Tikhanovkskaïa, avait lancé un ultimatum à Loukachenko, exigeant pour lundi à minuit sa démission pour lundi et l'organisation de nouvelles élections. La présidentielle du 9 août dernier serait entachée de fraudes selon l'opposition. La contestation n'a pas empêché le président contesté de prêter serment en secret le 23 septembre dernier. Ni l'Union européenne ni les Etats-unis ne reconnaissent son élection. La Russie est le principal Etat à soutenir "le dernier dictateur d'Europe".

Selon le compte Instagram de Svetlana Tikhanovskaïa, "des centaines d'entreprises" ont suivi la grève, dans tous les secteurs d'activité du pays (PME, industrie, pharmas, télécommunications, IT, industrie...). Parmi ces entreprises, des fleurons de l'industrie, comme le constructeur de camions MA3 et de tracteurs MT3, le fabriquant de trams BKM. Plusieurs plateformes internet sont restés inactives. Un fonds spécial pour soutenir les travailleurs en grève a été mis en place, alimenté en partie par la diaspora.

Loukachenko à 20,6% (sondage)

Alexandre Loukachenko affirme avoir recueilli 80% des suffrages lors de la présidentielle. Mais selon un sondage d'opinion publié par le think thank britannique Chatam House (marge d'erreur 3%), seulement 20,6% des Biélorusses disent avoir voté pour le président sortant, tandis que sa rivale Svetlana Tikhanovksaïa aurait recueilli 52,2% des voix. Plus de 70% des répondants estiment que l'élection est faussée.

L'enquête montre que la révolte devrait se poursuivre, 83% des répondants se disant prêts à continuer jusqu'au départ de Loukachenko. Près de la moitié des personnes interrogées estiment aussi que la Biélorussie devrait s'aligner simultanément sur la Russie et l'Union européenne.

Violente répression

Dimanche, des dizaines de milliers de manifestants ont à nouveau défilé pour réclamer la fin du régime. La police d'État répliqué avec une violence inouïe, tirant des grenades assourdissantes dans la foule, avant de traquer les manifestants. Dans cette vidéo, publiée par le journal en ligne TUT.BY, des OMOM traquent et battent des manifestants réfugiés dans un domicile privé.

La police biélorusse fait irruption dans un domicile pour traquer des manifestants.

Plus de 500 arrestations ont eu lieu dimanche, selon le ministère de l'Intérieur biélorusse. Environ 15.000 personnes ont été arrêtées depuis le début de la révolte. Plus de cinq cents cas de tortures de personnes, emprisonnées par la police d'Etat et le KGB, ont été rapportés.

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