L'Otan entre dans la coalition contre l'Etat islamique

Le nouveau siège de l'OTAN à Evere, dans la région bruxelloise ©LAURIE DIEFFEMBACQ/BELGAPLUS

Les 28 alliés de l'Otan approuveront l'entrée de l'Alliance dans la coalition contre l'Etat islamique. La décision sera prise jeudi lors d'une réunion en présence du président des Etats-Unis. L'Allemagne et la France, réticentes dans un premier temps, se sont ralliées à cette plus grande implication de l'alliance militaire contre le terrorisme.

Surveillance renforcée à l'entrée du site, patrouilles canines, fouille intégrale des voitures, caméras supplémentaires ... La tension est palpable ce mercredi au siège de l’Otan, alors que le président des Etats-Unis Donald Trump doit assister jeudi à sa première réunion de l'Alliance.

Lors de cette rencontre, les 28 chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres de l'Otan approuveront l'entrée de l'Alliance dans la coalition contre Daesh, a appris L'Echo.

"Les ambassadeurs de l'Otan se sont mis d'accord mercredi après midi pour que l'Alliance fasse son entrée dans la coalition contre Daesh", nous a confié une source de l'Otan. La France et l'Allemagne ont accepté d'appuyer cette décision. Jusqu'ici, les deux pays étaient opposés à une entrée en piste de l'Alliance atlantique. 

Réunion "courte mais importante"

Les alliés tiendront jeudi après-midi une "réunion de travail" (et non un sommet) dan le nouveau QG de l'Otan. Ils inaugureront ensuite le bâtiment à 1,1 milliard d'euros, remis par la Belgique, avant de prendre part à un dîner. Plus de mille journalistes sont attendus pour l’événement.

"La rencontre sera courte mais importante", a dit le Secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, ce mercredi lors d’un point presse. Son objectif sera de donner "un message fort d’unité et de solidarité". Au menu, la lutte contre Daesh et les finances de l’Otan. 

"Je m’attends à ce que les alliés agissent et acceptent de faire davantage dans la lutte contre le terrorisme" suite à l'attaque "particulièrement brutale" de Manchester.
Jens Stoltenberg
Secrétaire général de l'Otan

 

Renforcer la lutte contre Daesh

Le président Trump réclamait un plus grand engagement de l’Otan dans la lutte contre l’Etat islamique. Les pays membres participent déjà à la coalition active en Syrie contre les terroristes, dirigée par les Etats-Unis. Certains étaient réticents à s'engager davantage.

Jusqu'ici, l’Otan soutient cette coalition en mettant à sa disposition des avions de surveillance Awacs. L’organisation vient de décider d'en faire partie intégrante. 

"Je m’attends à ce que les alliés agissent et acceptent de faire davantage dans la lutte contre le terrorisme", a indiqué Jens Stoltenberg, en particulier suite à l'attaque "particulièrement brutale" de Manchester. 

Suite à son entrée dans la coalition, l’Alliance devrait décider d'accroître sa présence d'Awacs, apporter des capacités de ravitaillement aérien supplémentaires et créer un centre de coordination des renseignements contre Daesh (Intelligence Fusion Center) basé au siège de l’alliance à Bruxelles.

©Photo News

Selon le secrétaire général, ce renforcement répondra à un double objectif politique et opérationnel. l’Otan "veut monter son unité face au terrorisme" et  "fournir une meilleure plateforme" pour coordonner la lutte contre Daesh. Une décision plus importante que jamais à ses yeux suite à l’attentat de Manchester de lundi dernier qui a fait 22 morts. "L'attaque à Manchester était particulièrement brutale. Des enfants ont été délibérément visés (...). Nous devons utiliser les différents outils à notre disposition pour combattre le terrorisme".

Mille soldats de plus en Afghanistan

Pas question, toutefois, d’envoyer des troupes au sol pour combattre. L’Otan dispose déjà de 13.000 hommes en Afghanistan chargés de former les forces de sécurité du pays. L’Alliance pourrait renforcer ce contingent d’un millier d’hommes, c’est du moins ce que souhaitent les Etats-Unis. La question sera à l’ordre du jour de la rencontre de jeudi.

Pour Jens Stoltenberg, entraîner des troupes locales rapporte plus à long terme pour la stabilité du pays. "Nous avons mis en place une force armée de 300.000 hommes en Afghanistan et ils ont prouvé leur capacité à contrer les attaques des talibans et de l’Etat islamique", précise-t-il.

Présence accrue des militaires US en Europe

La réunion sera également consacrée à l’augmentation des dépenses des alliés, en vue d’atteindre l’objectif de 2% du PIB. Les Alliés s’engageront à poursuivre l’analyse annuelle de leurs dépenses militaires. Ils chercheront à rassurer le président des Etats-Unis. 

Jens Stoltenberg a salué la décision de l’administration américaine, annoncé la veille, d’accroître de 40% leur présence militaire en en Europe. Cette décision n’empêche en rien les alliés de continuer à "investir davantage dans leurs propres dépenses".

La question des dépenses militaires n’est pas neuve. Les alliés se sont engagés en 2006 à atteindre cet objectif de 2%. Mais dix ans plus tard, la plupart sont largement sous cette barre. La Belgique, à 0,91%, est avant-dernière dans le classement. Pour rappel, le Premier ministre Charles Michel a annoncé hier la fin des économies dans le budget de la défense.

Un nouveau siège

Les alliés inaugureront demain le nouveau siège de l’Otan, un bâtiment ultra-moderne qui accueillera d'ici un an les 4000 agents de l’Otan et des délégations nationales. "Une nouvelle demeure pour une alliance moderne", résume Jens Stoltenberg.

©LAURIE DIEFFEMBACQ/BELGAPLUS

Ce nouveau QG a été construit sur un ancien aéroport. "Pendant la construction nous avons trouvé dans le sol quatre bombes qui n’avaient pas explosé ", révèle le Secrétaire général. "Ce qui fut le lieu d’une bataille est devenu une place pour le dialogue et la coopération entre les alliés."

Lors de cette cérémonie, un pan du mur de Berlin sera dévoilé par la Chancelière allemande Angela Merkel. "Cette portion du mur représente la victoire de la liberté contre l’oppression" affirme M. Stoltenberg. Le président Trump dévoilera un monument à la mémoire des attentats du 11 septembre.

Ce sera la première participation de M. Trump à une rencontre des alliés. Le président français Emmanuel Macron sera dans le même cas. Le président du Monténégro, Dusko Markovic, dont le pays sera bientôt le 29ème de l’Otan, sera aussi présent.

Pour Jens Stoltenberg, la présence de M. Markovic "démontre que la porte de l'Otan est ouverte". 

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