"L'Otan est plus forte que jamais" (Trump)

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Le président des Etats-Unis Donald Trump est apparu satisfait et triomphant lors d'une conférence de presse après le sommet de l'Otan. Selon lui, les alliés "ont accepté de payer plus et rapidement". "C'étaient deux jours fantastiques," a-t-il dit.

Après avoir attaqué ses alliés durant les deux jours du sommet de l'Otan, Donald Trump est apparu triomphant, parfois immodeste, ce jeudi lors d'une conférence de presse surprise. Pendant plus d'une heure, le président des Etats-Unis s'est exprimé sur la rencontre et la politique internationale, donnant lui-même la parole aux journalistes.

"Les chiffres baissaient, maintenant ils montent comme une fusée"
Donald Trump
Président des Etats-Unis

Donald Trump a reconnu la pression exercée sur ses alliés. "Je leur ai dit que je serais très très mécontent s'ils n'augmentaient pas leurs dépenses", a-t-il lancé. "Les chiffres baissaient, maintenant ils montent comme une fusée", a-t-il ajouté.

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Malgré l'ambiance glaciale régnant depuis l'entame du sommet, Donald Trump semblait très satisfait de la rencontre. "Ces deux journées ont été fantastiques. Cela n'a pas été facile, mais nous avons réussi à nous entendre", a-t-il dit.  "Le seuil de 2% du PIB en dépenses militaires est devenu un engagement réel. (Les Alliés) ont accepté de payer plus et plus rapidement." Revenant sur les divergences avec l'Allemagne, Trump a affirmé qu'il  "respecte l'Allemagne". "Mon père vient d'Allemagne," a-t-il rappelé,  "j'ai de bonnes relations avec Angela Merkel."

Les tensions au sommet de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan) étaient pourtant fortes. Une réunion d'urgence a eu lieu jeudi main, convoquée par le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, après que le président Trump ait créé un incident, lors d'une rencontre consacrée à la Géorgie et l'Ukraine, pour critiquer le niveau de dépenses militaires de ses alliés.

-> Lire par ailleurs notre édito: "Trump, fais-moi peur"

Lors de cette réunion de crise, le président américain s'est entretenu avec chacun de ses 28 alliés. Il disposait à cette fin d'une fiche avec les dépenses militaires de chaque Etat. "Nous avons réitéré les engagements pris par la Belgique lors du sommet au Pays de Galles et que nous avançons vers des dépenses militaires à 2% du PIB", explique le Premier ministre belge Charles Michel, "ce qui compte c'est la tendance" vers les 2%, a-t-il précisé. 

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Le président des États-Unis aurait même menacé de sortir de l'Otan si les alliés n'augmentaient pas "immédiatement" leurs dépenses de défense, selon l'agence allemande DPA qui cite des sources diplomatiques. Des propos démentis par le président américain lors de la conférence de presse."Il n'est pas nécessaire de menacer de quitter l'institution pour convaincre les Alliés de dépenser plus pour leur défense," a-t-il répliqué.

"Je crois en l'Otan"

"L'Otan est plus forte aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a deux jours"
Donald Trump
Président des Etats-Unis

Après cette réunion, Donald Trump a réitéré sa confiance dans l'alliance. "L'Otan est plus forte aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a deux jours," a-t-il dit. "Je crois en l'Otan."

"Nous atteignons des chiffres que nous n'avons jamais atteints auparavant," a-t-il insisté, citant un montant de 33 ou peut-être 40 milliards de dollars supplémentaires autour duquel les alliés se seraient mis d'accord. "L'Allemagne a accepté de faire davantage qu'elle ne le fait aujourd'hui." Interrogé sur ses intentions si au final les alliés ne respectaient pas leurs engagements, il indique "ils le feront". Ce montant correspond aux efforts réalisés par les alliés "depuis la décision d'arrêter de faire des économies et de mettre en oeuvre une stratégie de croissance", précise Charles Michel.

Donald Trump a rappellé que les Etats-Unis sont un gros contributeur de l'Otan, là où l'Europe reçoit davantage d'aides de l'organisation que les Etats-Unis.

Le Président américain exige depuis jeudi que ses alliés augmentent "immédiatement" leurs dépenses militaires jusqu'à 2% de leur PIB national.

Cet engagement avait été conclu par les alliés en 2014 au sommet du Pays de Galles et devait être réalisé à l'horizon 2024. Mais Donald Trump veut accélérer la cadence, ce qui paraît irréalisable pour la plupart des pays. Seuls huit des 29 États membres de l'Otan seront dans les cordes cette année. Plusieurs États, dont la Belgique (0,93%) et le Luxembourg (0,55%) sont sous la barre du pour cent

Jeudi,  Donald Trump a irrité encore plus ses alliés en leur proposant d'accroître leurs dépenses jusqu'à 4% du PIB. Aucun état n'a suivi cette proposition, jugée fantaisiste. "Je ne crois pas que passer de 2 à 4% du PIB les dépenses militaires, comme le veut Donald Trump soit une bonne idée," a indiqué le président français, Emmanuel Macron. Les États-Unis eux-mêmes affichent des dépenses militaires à 3,5%  de leur PIB.

"Je suis un génie très stable"

Donald Trump reniera-t-il le communiqué de l'Otan une fois dans Air Force One, comme il l'a fait après le dernier G7? "Je ne le ferai pas. Je suis un génie très stable."

"De Reagan à Obama, ils sont venus (à l'Otan) et ils ont dit de faire au mieux, et rien n'a changé"
Donald Trump
Président des Etats-Unis

Il s'en est pris ensuite à ses prédécesseurs. "De Reagan à Obama, ils sont venus (à l'Otan) et ils ont dit de faire au mieux et rien n'a changé", a-t-il expliqué. Mais cette fois "tout le monde dans la pièce a été d'accord" pour augmenter les dépenses.

Donald Trump a ensuite vanté l'industrie de défense américaine. "Les États-Unis font le meilleur armement militaire dans le monde. Les meilleurs GI, les meilleures armes (...) nous voulons aider les pays (qui le souhaitent) à avoir le meilleur armement."

"Poutine est un concurrent"

"Je ne veux pas que Poutine soit une menace et c'est pour cela que nous avons l'Otan"
Donald Trump
Président des Etats-Unis

Interrogé sur sa rencontre avec Vladimir Poutine, Donald Trump a répété que ce serait "plus facile" que le sommet Otan. Il a rejeté tout lien d'amitié avec le président russe. "Poutine n'est ni mon ennemi, ni un ami. Je ne le connais pas. C'est un concurrent. Peut-être un nous serons-nous amis". M. Trump a affirmé qu'il ne reconnaîtrait pas l'annexion de la Crimée par la Russie. "Je ne veux pas que Poutine soit une menace et c'est pour cela que nous avons l'Otan" a-t-il ajouté. "Que serait l’accord ultime avec Poutine? Plus d’armes nucléaire".

"Nous voulons la paix. La paix partout dans le monde. C'est mon objectif numéro un." "Et je crois vraiment qu'on finit par avoir la paix grâce à la force. Nous allons avoir le meilleur équipement militaire dans le monde (...) et nous espérons que nous ne l'utiliserons jamais (...) c'est une grande partie de mon rêve."

Pour le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders, le messages est clair. "Donald Trump peut maintenant aller voir Poutine avec une Alliance plus forte", confie-t-il.

La conférence de presse de Donald Trump


"Le Brexit est le Brexit"

Refusant dans un premier temps de commenter le Brexit, le Président des Etats-Unis s'est laissé aller. "Le Brexit est le Brexit", a-t-il dit, "les gens ont voté et il faut le mettre en oeuvre, mais cela va prendra peut-être une autre direction."

Donald Trump a précisé que les négociations commerciales avec l'Union européenne débuteraient le 25 juillet. Il a menacé de prendre des mesures dans le secteur automobile si les Européens n'étaient pas de "bonne foi".

©BELGA

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