L'Otan tentera d'éviter la crise au sommet de Bruxelles

Le Premier ministre belge Charles Michel avec le Secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, le 22 juin 2018. ©Photo News

Les 29 dirigeants des États de l’Otan se réunissent mercredi et jeudi à Bruxelles. Entre protectionnisme américain et agressivité russe, l’alliance atlantique est à la croisée des chemins.

Au siège de l’Otan à Haren, c’est l’effervescence. Dans quelques jours, le bâtiment à un milliard d’euros, flambant neuf, accueillera son premier sommet. Mercredi et jeudi, les dirigeants des 29 États membres de l’Otan se pencheront sur l’avenir de l’alliance militaire la plus puissante du monde. Il est loin d’être garanti, vu les tensions externes et internes qui pèsent sur elle.

Le président des Etats-Unis revient à Bruxelles avec sa ferme exigence de voir ses alliés respecter les engagements pris en 2014 de consacrer 2% de leur PIB aux dépenses de défense. Il avait sermonné ses alliés l’an dernier lors de l’inauguration du siège. Huit pays devraient bientôt y parvenir.

L’Allemagne (1,2%) est dans la ligne de mire du président Trump. Le gouvernement d’Angela Merkel est accusé de ne pas contribuer à un juste niveau malgré la bonne santé économique du pays. Les Etats-Unis menacent de retirer des troupes d’Allemagne. Certains y voient une menace pour la survie de l’Otan. D’autres relativisent. "Cette exigence de rééquilibrage financier, tout à fait légitime, n’est pas neuve, elle remonte au président Kennedy", dit un diplomate.

La Belgique mettra un terme à la baisse des dépenses de défense en 2018.
Charles Michel
Premier ministre

La Belgique, dont le niveau de dépense est d’environ 0,9%, n’est pas dans les cordes. Le Premier ministre Charles Michel a reçu une lettre de rappel de Donald Trump, il y a une dizaine de jours, comme les dirigeants d’une dizaine d’États européens. Charles Michel ne s’est pas montré impressionné. "La Belgique mettra un terme à la baisse des dépenses de défense en 2018, a-t-il dit mercredi à la Chambre. Elle réalisera les investissements prévus de 9,4 milliards d’euros dans les équipements nécessaires pour atteindre une moyenne de 1,3% du PIB pour les dépenses de défense."

Le Cinquantenaire réquisitionné

Les défis de l’Otan sont nombreux, tant aux frontières de l’est qu’à celles du sud. Mercredi au dîner, les 29 discuteront des questions de sécurité avec le sud, perturbé par des violences terroristes. Ils parleront aussi de la Russie, de plus en plus assertive envers l’Otan.

 

Le dîner aura lieu dans le cadre prestigieux des Musées royaux d’Art et d’Histoire du Cinquantenaire, dont plusieurs salles ont été réquisitionnées par le gouvernement belge. Une bonne nouvelle pour le musée, qui attendait un coup de neuf depuis vingt ans. "Nous implorions depuis des années une aide pour rénover nos salles. C’est un beau cadeau que nous avons reçu, dit Alexandra De Poorter, directrice du musée. Les salles ont été vidées par des sociétés professionnelles, tout s’est fait dans les règles de l’art."

Une partie du personnel est moins ravie, appréciant peu de voir les salles se vider de leur précieux contenu. "Nous ressentons une grande appréhension quant à l’avenir du musée qui pourrait devenir un lieu de réunions ou de galas", dit une source.

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