L'UE avertit les ONG après le scandale Oxfam

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Oxfam risque gros pour ne pas avoir communiqué aux autorités les rapports d’abus sexuels. La Commission européenne a rappelé les règles d’éthique à toutes les ONG.

Branle-bas de combat dans le monde des agences humanitaires. Le scandale entachant la réputation d’Oxfam pourrait amener l’Union européenne à serrer la vis lors de l’octroi de ses subventions.

La Commission européenne a écrit cette semaine un courrier à toutes les organisations non-gouvernementales (ONG) pour leur rappeler leurs obligations en matière éthique, après les révélations d’abus sexuels commis par des employés d’Oxfam dans plusieurs pays.

L’exécutif européen enquête depuis quelques jours sur les liens éventuels qui existeraient entre les fonds qu’il verse à Oxfam et les accusations d’abus sexuels commis par des travailleurs de l’ONG britannique à Haïti.

Oxfam pourrait perdre des millions d’euros dans cette affaire. En 2017, l’Union européenne a versé 67,9 millions d’euros à l’ONG. Un montant important, lié au respect d’obligations strictes, notamment éthiques. "Nous appliquons une tolérance zéro concernant toute allégation de mauvaise conduite par des organisations recevant nos fonds", avertit un expert de la Commission.

Le bureau européen d’Oxfam est aussi une des ONG les plus active en matière de lobby européen, avec des fonds de plus d’un million d’euros dépensés à cette fin en deux ans.

Des responsables d’Oxfam sont accusés d’avoir engagé des prostituées, dont certaines mineures d’âge, après le tremblement de terre survenu en 2010. L’ONG avait lancé une enquête interne en 2011, qui avait abouti au renvoi de quatre employés, dont le directeur pour Haïti, Roland Van Hauwermeiren.

Mais le rapport établi sur base de cette enquête ne mentionnait pas le recours à des mineurs d’âge ni des "abus portant sur les bénéficiaires de l’ONG". Par ailleurs, les faits n’avaient pas été communiqués à la police haïtienne. Depuis l’éclatement du scandale, il ressort que d’autres employés d’Oxfam sont accusés de viols au cours de missions humanitaires au Soudan du Sud et d’abus sexuels au Liberia. L’ONG enquête également sur des faits similaires survenus aux Philippines en 2013.

Plan d’action

Vendredi, Oxfam a communiqué un plan d’action pour éviter de nouveaux abus et tenter de mettre fin à son discrédit. L’ONG annonce la création d’une "commission indépendante" qui passera en revue toutes les pratiques de l’association. Elle accédera aux registres d’Oxfam et agira à distance par rapport au siège de l’ONG.

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