L'UE trouve la parade pour continuer à commercer avec l'Iran

Le "guide suprême" de la révolution iranienne, Ali Khamenei ©REUTERS

L'Union européenne a confirmé ce jeudi le lancement d'Instex, un véhicule qui servira à mener des transactions avec l'Iran en évitant les sanctions américaines.

Le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) a confirmé ce jeudi le soutient de la Belgique à la création d'une entité, un "special purpose vehicle" (SPV), qui servira au paiement des transactions entre les entreprises européennes et l'Iran suite aux sanctions réactivées par les Etats-Unis après leur retrait de l'Accord de Vienne sur le nucléaire iranien.

"La Belgique soutien l'accord nucléaire avec l'Iran et le mécanisme de financement européen"
Didier Reynders
Ministre belge de la Défense et des Affaires étrangères

Ce véhicule, appelé Instex ("Instrument in Support of Trade Exchanges"), sert à éviter les transactions en dollars pour contrer les sanctions américaines.

"La Belgique soutient l'accord nucléaire avec l'Iran et le mécanisme de financement européen", a expliqué Didier Reynders en marge d'un Conseil européen informel à Bucarest, "mais en bout de course, c'est à l'entreprise de choisir, vu le risque de sanctions".

La création dInstex a été officialisée à Bucarest par une déclaration commune des ministres des Affaires étrangères de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni, les signataires de l'accord nucléaire avec l'Iran. Instex servira surtout aux transactions humanitaires (nourriture, médicaments), mais pas aux opérations liées au pétrole.

"Instex, un instrument d'échanges commerciaux basé à Paris,  permettra aux entreprises de poursuivre un commerce licite avec l'Iran, en particulier dans les secteurs de la santé et agroalimentaire", dit le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, "c'est un acte politique, un geste de protection des intérêts européens"

Pour rappel, le président des Etats-Unis Donald Trump a retiré l'an dernier son pays de l'accord sur le nucléaire et menace de sanction toute entreprise traitant avec l'Iran. L'Union européenne, par contre, reste dans le processus, aux côtés de l'Iran. Le véhicule européen est un camouflet au président Trump

Les statuts d'Instex ont été enregistrés le 30 janvier en France. Pour l'instant son capital ne dépasse pas 3.000 euros, mais il devrait être rapidement augmenté à un million d'euros. "Sa mise en place effective pourrait prendre un certain temps", confie une source proche du dossier.

Téhéran a salué l'initiative, estimant qu'il s'agit d'une première étape.

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