La Belgique doit être élue au Conseil de sécurité des Nations unies ce vendredi

Réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies le 14 avril 2018 ©REUTERS

Après le désistement d’Israël, la Belgique et l’Allemagne sont certaines d’être désignées vendredi à New York pour siéger comme membre non permanent du Conseil. Champagne.

Dans la cour des grands. La campagne pour un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies de l’ONU a été lancée en octobre 2015 officiellement mais – officieusement – les Belges sont candidats depuis 2009 à un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2019-2020.

La procédure de candidature est un travail de très longue haleine et assez technique: la machine onusienne est bureaucratique et lourde mais on va essayer de ne pas vous endormir en faisant un peu de "diplomatie pour les nuls". Les 193 pays des Nations unies sont répartis en cinq zones géographiques: la Belgique est membre du groupe "Weog" qui regroupe les pays d’Europe occidentale et "autres", soit des États comme le Canada ou les Etats-Unis. À côté de ce groupe; quatre autres groupes: Asie, Afrique, Europe orientale et Amérique latine.

Les membres non permanents du Conseil sont élus pour un mandat de deux ans, ce qui signifie que tous les deux ans, il y a deux tickets à prendre pour deux membres du groupe "Weog" dont fait partie la Belgique.

Accrochez-vous: il y a quinze membres dans le Conseil de sécurité des Nations unies, dont 5 membres permanents (USA, Russie, Chine, Grande-Bretagne et France) et 10 membres non permanents. Les membres non permanents du Conseil de sécurité sont élus par l’assemblée générale des Nations unies. Attention: il faut qu’ils décrochent une majorité de deux tiers soit 129 votes en leur faveur pour être élu. Et le scrutin se déroule à bulletin secret sur des bulletins papiers: pas question ici de vote électronique.

Les membres non permanents du Conseil sont élus pour un mandat de deux ans, ce qui signifie que tous les deux ans, il y a deux tickets à prendre pour deux membres du groupe "Weog" dont fait partie la Belgique. Rappel, la Belgique a siégé comme membre non permanent du Conseil entre 2007 et 2008; puisqu’elle avait été élue en 2006.

Contexte de tension

Traditionnellement, les membres d’un même groupe géographique tentent de ne pas trop se faire concurrence entre eux et de ne pas se présenter les uns contre les autres. Mais cette élection-ci a été une vraie élection – du moins jusque début mai, quand Israël a retiré sa candidature. Car dans le groupe "Weog", outre la Belgique, il y avait deux autres candidats: l’Allemagne et Israël.

Faute de soutien, Israël a fini par jeter l’éponge.
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Au début des années 2000, L’État hébreu a en effet changé de groupe géographique et quitté le groupe "asiatique" pour rejoindre les États européens. Bref, trois candidats pour deux fauteuils. L’Allemagne, au vu de son poids diplomatico-économique, est quasi- certaine d’être élue quand elle se présente, mais il y avait bel et bien match entre la Belgique et Israël. Faute de soutien, Israël a fini par jeter l’éponge – le contexte de tension actuel au Proche-Orient n’étant, il est vrai, pas très propice à rallier des voix derrière sa candidature.

Voilà donc la Belgique et l’Allemagne (quasi) assurées d’accéder aux deux sièges même s’il leur faut réunir 129 voix – ce qui est une formalité. Le véritable enjeu est de faire un score le plus élevé possible de manière à démontrer l’assise très large de l’élection d’un pays. À côté de deux Européens, l’Afrique du Sud et la République dominicaine sont assurées de leur ticket. Et il y a compétition entre l’Indonésie et les Maldives pour le dernier fauteuil de membre non permanent. Verdict lors de l’élection à l’AG vendredi prochain.

Prestige diplomatique

Siéger comme membre du Conseil de sécurité, c’est une question de prestige diplomatique. L’agenda onusien est très lourd et avant tout déterminé par les membres permanents: les opérations de maintien de la paix, par exemple, sont ultra-planifiées et il n’y a pas vraiment de marge de manœuvre.

En revanche, ça et là, un pays peut apposer sa patte diplomatique: la Belgique, par exemple, souhaite vivement faire progresser les thèmes de la protection des femmes/enfants dans le cadre des conflits armés et l’impact de la lutte contre le changement climatique sur la paix et la sécurité.

Pour le reste, et pour ceux qui aiment les questions pratico-pratiques, sachez que parmi le "staff" ONU de la diplomatie belge, il y a notamment 12 diplomates à New York et 10 à Bruxelles. Tant à New York qu’à Bruxelles, des renforts (une dizaine de personnes) sont attendus pendant les deux ans de mandats de la Belgique au Conseil de sécurité. La Belgique devrait exercer la présidence du Conseil durant un mois au début 2020. Enfin, la campagne électorale de la Belgique pour décrocher ce siège est estimée à 800.000 euros pour les années 2017 et 2018.

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