La Belgique en campagne pour un siège au Conseil de sécurité de l'ONU

Didier Reynders et la reine Mathilde ont lancé lundi et mardi, à New York, la campagne de la Belgique pour l'obtention d'un siège non-permanent au Conseil de sécurité en 2019 et 2020. ©BELGA

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a lancé à New York la campagne de la Belgique pour l'obtention d'un siège non-permanent au Conseil de sécurité en 2019 et 2020.

La décision de briguer un des dix sièges non-permanents pour deux ans a été prise dès 2009 par le gouvernement belge, dirigé à l'époque par Herman Van Rompuy (ancien président du Conseil européen). Le chef de la diplomatie, Didier Reynders (MR), a prononcé samedi soir un discours en présence de la reine Mathilde, des ambassadeurs à l'ONU et du Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon.

A deux ans de l'élection par l'Assemblée générale, fixée en octobre 2018 au siège de l’'ONU à New York, la campagne est désormais officiellement lancée.

Quatre autres candidats se sont déjà déclarés pour siéger de manière non permanente en 2019 et 2020. Il s'agit des Maldives, de l'Indonésie, de l'Allemagne, et d'Israël. L'Allemagne avait siégé à cinq reprises au Conseil de sécurité, dont la dernière fois en 2011-2012. L'Etat hébreu n'a, quant à lui, jamais réussi à se faire élire au Conseil de sécurité à cause de l'opposition des pays arabes et de leurs alliés et du fait du non-respect de plusieurs résolutions onusiennes. Après avoir été proposés par leurs groupes régionaux, les cinq pays doivent obtenir les deux tiers des votes requis, soit 129 votes, pour devenir membres non permanents dès le premier tour. L'Organisation des Nations Unies compte 193 États membres.

"Il vaut mieux se déclarer le plus tôt possible", pour "éliminer" d'autres candidatures potentielles, estime Didier Reynders.

La promotion des droits de l'homme 

La candidature belge avait été officiellement énoncée le 23 octobre 2015 au Palais d’Egmont, à Bruxelles, déjà en présence du Roi et de la Reine. Cette fois-ci la Belgique est plus que jamais prête. Le logo de la campagne belge a été dévoilé en novembre dernier. Il reprend aux côtés d'une plume et d'une colombe le slogan "Bâtir le consensus, agir pour la paix". "La colombe pour la paix et la plume de l'accord", a illustré le ministre. "La Belgique met un point d'honneur à écouter les autres pays et partenaires, à maintenir le dialogue et à échanger des points de vue", poursuit-t-il. La reine Mathilde, ambassadrice de la diplomatie belge, a également prononcé un discours sur la protection des enfants dans les conflits armés, sur les droits de l’homme ou encore la problématique des maladies mentales.

Nous avons une expérience à faire valoir en étant l’un des pays fondateurs des Nations-Unies. Nous avons déjà siégé cinq fois au Conseil de sécurité. Nous sommes perçus comme ayant une très longue tradition de recherche de solutions dans un cadre multilatéral.
Didier Reynders
Ministre des Affaires étrangères

La place de membre non-permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies pendant deux années permettra à la Belgique de jouer un rôle actif au sein de l’organisation et la placera au coeur des décisions de l'ONU en matière de paix et de sécurité, où elle pourra exprimer son point de vue, "partager son expertise régionale et thématique", et mettre en avant ses priorités. 

"Le fait d’être présent sur le terrain est aussi important”. Le ministre fait valoir des actes concrets, repris dans la stratégie des "3D" (défense, développement, diplomatie). “Nous participons à des opérations militaires de maintien de la paix et à des actions humanitaires. Cela, c’est pour les volets défense et coopération au développement. Et puis, il y a le volet diplomatie avec la recherche de solutions qui installent la paix et la rendent durable. Les trois doivent être liés.".

La Belgique a souliné sa volonté de prolonger son engagement pour prévenir la radicalisation et le discours de haine, pour améliorer l'égalité et contrer la discrimination. ©BELGA

La Belgique a déjà siégé à cinq reprises, en 1947-1948, 1955-1956, 1971-1972, 1991-1992 et 2007-2008, au Conseil de sécurité. Elle a ensuite occupé durant trois ans (de 2009 à 2012) cette instance onusienne qui a pour mission de passer en revue la situation des droits fondamentaux dans tous les Etats membres.

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