La Belgique ne dépense pas assez pour sa défense, selon l'Otan

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Alors que les pays de l'Otan s'étaient fixé, en 2014, l'objectif d'atteindre les 2% de PIB alloués à la défense, seuls cinq pays l'ont fait. La Belgique est quant à elle en queue de peloton.

La Belgique est, avec le Luxembourg et l'Espagne, l'un des trois seuls pays membres de l'Otan à consacrer moins d'un pour cent de son PIB à ses dépenses de défense, indiquent des statistiques publiées ce lundi par l'Alliance atlantique, qui réclame des alliés qu'ils y affectent "au moins 2%" alors que Washington exige désormais un "partage du fardeau" plus équitable entre les deux rives de l'Atlantique.

En 2016, la Belgique n'a consacré, selon une estimation non encore définitive, que 0,91% de son Produit intérieur brut (PIB) aux "dépenses de défense" - une notion recouvrant à la fois le budget de la Défense et les pensions des militaires. Cette proportion est stable par rapport à 2015 mais en recul par rapport aux années précédentes. Elle était de 1,16% en 2009, de 1,08% en 2010, de 1,05% en 2011 et 2012, 1,01% en 2013 et de 0,97% en 2014.

3,908 milliards
La Belgique a dépensé 3,908 milliards d'euros pour sa défense en 2016, contre 3,803 milliards en 2015.

Et avec un montant de 3,908 milliards d'euros de dépenses de défense en 2016, contre 3,803 milliards en 2015, cela représente une très légère hausse de 0,74% d'une année à l'autre, indique un document intitulé "Données économiques et financières concernant la défense de l'Otan" contenu dans le rapport annuel présenté ce lundi par le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg.

En pourcentage du PIB, ce chiffre équivaut à 0,91% de la richesse produite en Belgique, qui se classe ainsi à l'antépénultième place, devant l'Espagne (0,9%) et le Luxembourg (0,42%). La moyenne européenne se situe à 1,47%, un seuil qu'une puissance économique comme l'Allemagne n'atteint pas, avec son 1,2%.

La "vision stratégique" approuvée par le gouvernement en juin dernier et qui fixe les contours de la Défense belge à l'horizon 2030, prévoit une augmentation progressive du budget militaire après la fin de l'actuelle législature, pour arriver à 1,3% du PIB à cette échéance.

Au sein de l'Otan, sur les 27 pays disposant d'une armée - l'Islande n'en possède pas - seuls cinq alliés atteignent le seuil des 2% requis (les Etats-Unis, avec 3,61%, la Grèce avec 2,36%, l'Estonie avec 2,18%, le Royaume-Uni avec 2,17% et la Pologne avec 2,01%), indique le rapport de l'Otan.

2%
En 2014, les pays membres de l'Otan se sont mis d'accord pour avoir comme objectif 2% du PIB alloués, par pays, à la Défense.

Stoltenberg a une nouvelle fois réclamé plus d'efforts de la part des Etats membres qui n'atteignent pas la norme des 2%, tout en soulignant que la tendance à la baisse des budgets militaires avait cessé dans la plupart des pays, avec même une augmentation globale de 3,2% en 2016, soit dix milliards de dollars.

Il a jugé "indispensable pour le lien transatlantique" que les alliés européens augmentent leurs dépenses en matière de défense, comme l'a exigé le nouveau président américain Donald Trump.

Les chefs d'État et de gouvernement des 28 pays de l'Alliance avaient décidé au sommet du pays de Galles en 2014 de ne plus réduire les dépenses de défense, d'accroître les investissements à mesure que les économies se redressent et de dépenser plus pour des équipements modernes.

En Belgique, le personnel est toujours - et de plus en plus - le poste le plus important du budget de la Défense belge. Il absorbait, en 2016, 77,10% de l'ensemble, contre 78,15% l'année précédente, alors que là aussi le plan de Vandeput a pour ambition de ramener les coûts de personnel à 50% d'ici 2030, afin de favoriser l'achat de nouveaux équipements.

Car en 2015, la Belgique n'a consacré que 4,65% de ses dépenses globales au renouvellement du matériel, là où une répartition "saine" devrait tourner autour des 25% - un des autres objectifs du "plan Vandeput". Ce qui la classe en avant-dernière position, juste devant le 1,03 de la Slovénie. L'Otan souhaite que ses membres affectent 20% à l'achat d'équipements, un seuil qu'atteignent la France, l'Italie, la Lituanie, le Luxembourg (27,24%), la Norvège, la Pologne, la Roumanie, la Turquie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis.

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