La Belgique pointe le lien entre climat et guerres

Le président de la République française Emmanuel Macron pendant son discours, le premier jour de la 74ème assemblée générale de l'organisation des Nations-Unis (ONU) à New York City, New York, Etats-Unis, le 23 eptembre 2019. © Morgan ©Photo News

La Belgique, qui fait partie du club des pays les plus actifs sur la question climatique à l’ONU, veut sensibiliser au lien entre le réchauffement climatique et les guerres.

La Belgique a décidé de pousser la lutte contre le réchauffement de la planète aux plus hautes sphères au sein de l’ONU. Une coalition des pays les plus avancés dans la lutte contre le changement climatique, dont fait partie notre pays, souhaite que l’ONU prenne en compte le lien entre climat et sécurité. Plusieurs réunions de diplomates et d’experts ont déjà eu lieu à New York.

"Le réchauffement planétaire aggrave les conflits dans certains pays, nous devons trouver des moyens d’agir, dit une source diplomatique. Nous voulons travailler en particulier sur les conséquences que certaines technologies peuvent avoir sur le climat."

Guerre et géo-ingénierie

Pour développer la thématique, la Belgique attaque sur plusieurs fronts, comme ce séminaire international organisé le 23 octobre à l’École royale militaire. Le ministre des Affaires étrangères et de la Défense, Didier Reynders, devrait y participer aux côtés d’experts renommés. Il y sera question des implications pour la sécurité des technologies émergentes en matière de changement climatique. En bref, de géo-ingénierie, ces techniques qui visent à intervenir consciemment dans le fonctionnement de la planète et du climat.

Autre question sensible pour la communauté scientifique: l’impact du réchauffement planétaire sur l’équilibre des pouvoirs. Ce n’est plus un tabou, les transformations que les activités humaines imposent à notre environnement ont bouleversé la géopolitique mondiale. Des guerres sont déclenchées pour des ressources naturelles comme le pétrole ou même l’eau. Or, le réchauffement planétaire raréfie les ressources en eau dans certaines régions, en particulier en Afrique et au Moyen-Orient.

Le cas de la Syrie est marquant. En 2006, une sécheresse liée à une exploitation intensive des champs de coton et à l’assèchement des nappes phréatiques a provoqué un déplacement des populations vers les villes, déstabilisant l’équilibre du pays.

Opposition américaine

La question fait partie des priorités de la Belgique comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. Mais elle est loin de faire l’unanimité au sein de l’institution. Plusieurs États et non des moindres, comme la Russie, la Chine et surtout les Etats-Unis, le plus gros pollueur de la planète, freinent des quatre fers tout débat sur cette thématique et l’adoption d’une éventuelle résolution.

D’autres sont très proactifs, comme la Suisse qui a lancé en 2010 l’initiative "Blue Peace" dont l’objectif est de renforcer la coopération transfrontalière dans la gestion des ressources en eau. Cette initiative "vise à mettre en place des systèmes d’alerte précoce identifiant systématiquement les situations où ces changements sont un multiplicateur de risques", selon un document du Conseil de sécurité.

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