La Californie se donne 25 ans pour passer une énergie "100% propre"

Les 40 millions de californiens (état le plus peuplé des Etats-Unis) devront changer de moyen de transport. ©AFP

La Californie accélère le pas pour diminuer sa consommation d'énergies fossiles et rêve de passer à une énergie 100% propre d'ici 2045. Une loi vient d'être adoptée dans l'Etat américain pour arriver à cet ambitieux objectif.

L'été aura été suffocant de canicule et de mauvaises nouvelles. Une récente étude du CNRS constate le manque de mesures concrètes en faveur de la protection de l'environnement. Dans l'absence de nouvelles trajectoires, l'humanité pourrait connaître une augmentation de 3,2°C, d'après le thermomètre du Climate Action Tracker

La Californie, à l'avant-garde de la cleantech et de la recherche, a décidé de mettre sa logique d'innovation au profit de la lutte contre le réchauffement climatique.

Jerry Brown, son actuel gouverneur, est monté au créneau en signant une loi qui engage l'état de la côte ouest à passer à une énergie "100% propre" d'ici 2045.  

→ La loi, d'abord adoptée par les parlementaires californiens, prévoit une hausse des quotas d'utilisation des énergies vertes. L'ensemble de la Californie devrait utiliser d'ici 2025 jusqu'à 50% d'énergies "propres" (solaire, éolienne, géothermique...), une consommation qui devrait passer à 60% d'ici 2030. Pour pallier la demande, l'état de la côte ouest devra développer d'autres sources d'énergie qui ne rejettent pas de gaz à effet de serre dans l'atmosphère

20%
d'énergie propre
Aujourd'hui, la Californie dépend déjà à 20% de l'énergie solaire et éolienne, contre 8% pour l'ensemble des États-Unis.

"Ce ne sera pas facile, ce ne sera pas immédiat, mais ce doit être fait", a expliqué le gouverneur Jerry Brown avant de signer la loi dans une cérémonie à Sacramento.  "Avec cette loi, la Californie est sur les rails pour remplir les objectifs de l'accord de Paris et même aller au-delà", a-t-il lancé.

L'accord de Paris

 

• Conclu fin 2015 dans la capitale française par plus de 190 pays sous l'égide de l'ONUIl vise à contenir le réchauffement sous le seuil de 2°C par rapport au niveau pré-industriel.

L'objectif des Etats-Unis, fixé par l'administration Obama, est une réduction de 26% à 28% de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2025 par rapport à 2005.

• Entré en vigueur le 4 novembre 2016, après sa ratification par au moins 55 pays comptant plus de 55% des émissions de gaz à effet de serre de la planète. Le 1er juin 2017, Donald Trump annonce que son pays, 2e émetteur mondial de gaz à effet de serre, se retire de l'accord de Paris, car "trop coûteux pour les États-Unis".

Car, c'est bien de l'accord de Paris dont il est question ici. Trois ans après sa signature par 190 pays, les observateurs sont encore plus inquiets. Et, des milliers d'élus, de maires, de responsables d'ONG et d'entreprises du monde entier sont attendus à San Francisco à partir de ce mercredi pour le Sommet mondial pour l'action climatique. Un rassemblement, au cœur de la Californie, destiné à relancer la mobilisation pour respecter les défis posés par l'accord de Paris.   

Le pays de la Silicon Valley appelle à la mobilisation internationale et notamment européenne. "La Californie, en tant qu'économie des plus prospères, passe à l'attaque sur le changement climatique. J'espère que la France et l'Allemagne relèveront aussi leurs ambitions, car nous devons tous faire davantage", a confié Jerry Brown en marge de la cérémonie. 

L'Etat californien a repris le flambeau de la lutte contre le changement climatique, un revers à la politique climatosceptique de Donald Trump. "La Californie sera toujours à la pointe de la lutte contre le réchauffement climatique, quelle que soit la personne qui occupe la Maison-Blanche", a affirmé le sénateur à l'initiative de la loi Kevin de Leon

Il considère aussi les bénéfices d'une telle transformation. Passer aux énergies propres devrait "doper l'économie" de la Californie, et "créer des dizaines de milliers d'emplois". Selon lui "il y a dix fois plus d'emplois dans ce secteur pour la seule Californie que dans l'exploitation des mines de charbon pour l'ensemble des États-Unis". Une pique ostensible à la politique de Donald Trump, qui comptait défendre les "travailleurs américains" plutôt que de respecter les termes de l'accord de Paris. 

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