La campagne de vaccination en Europe sous le feu des critiques

Les États-Unis ont déjà vacciné 5 millions de personnes contre le Covid-19, alors que certains pays européens démarrent à peine les vaccinations. ©Photo News

La campagne européenne de vaccination contre le Covid-19 suscite la polémique. Des eurodéputés réclament plus de transparence à la Commission sur les contrats négociés avec l'industrie pharmaceutique.

Les critiques continuent à fuser en Europe, dénonçant les lenteurs la campagne de vaccination et le manque de doses disponibles. Les États-Unis ont déjà vacciné plus de 5 millions de personnes, en exécution du plan "Warp Speed" coordonné par le Belge Moncef Slaoui. Le Royaume-Uni a administré plus de 1,3 million de doses et Israël a dépassé le million. Les pays de l'Union européenne sont loin derrière, alors que les premières injections ont débuté le 27 décembre. En Allemagne, le niveau le plus élevé, 316.000 personnes ont été vaccinées, en France 5.000 et en Belgique moins de 1.000. Les Pays-Bas et la Suède ont entamé leur campagne ce mercredi seulement.

Parmi les critiques, celles du ministre-président de Bavière, Markus Söder (CSU), qui juge la procédure européenne "inadéquate", voire "trop bureaucratique", lors d'une interview au quotidien Bild.

Soumise à une salve de questions lors de son briefing quotidien avec la presse, la Commission européenne défend sa stratégie bec et ongles. "Après coup, c'est toujours facile de dire que vous auriez dû commander plus", a déclaré mercredi Eric Mamer, le porte-parole de la Commission. "Au moment de passer les commandes, il y avait de grandes incertitudes notamment au niveau des technologies, très innovantes. Il y avait beaucoup de variables à prendre en compte".

"Après coup, c'est toujours facile de dire que vous auriez du commander plus."
Eric Mamer
Porte-parole de la Commission européenne

La Commission a négocié en juin des contrats-cadres d'achat de vaccins avec six groupes pharmaceutiques. Le portefeuille européen, de 2 milliards de doses, est impressionnant. Mais sa concrétisation est lente.

À ce jour, deux vaccins seulement ont été autorisés par l'agence européenne du médicament (EMA), ceux de Pfizer/BioNTech et de Moderna. La Commission a précommandé 300 millions de vaccins de Pfizer/BioNTech le 31 juillet, dont 200 millions de doses doivent être entièrement livrées pour septembre 2021, et le reste après cette date. Moderna doit livrer 160 millions de vaccins. Mais la taille de la biotech ne garantit pas une livraison rapide.

L'exécutif européen renvoie la responsabilité aux États européens, seuls compétents pour planifier l'administration du vaccin.

L'exécutif européen renvoie la responsabilité aux États européens, seuls compétents pour planifier l'administration du vaccin.

Le Parlement veut plus de transparence

Les critiques s'élèvent dans les rangs des députés européens, ce qui promet un débat serré la semaine prochaine, lors de la rentrée parlementaire.

"C'est difficile de dire que tout va bien lorsqu'on entend la colère des gens", dit l'eurodéputée belge Frédérique Ries (Renew Europe, MR). "Je me désole de cette lenteur. Mais il ne faut pas faire de la Commission européenne le bouc émissaire tout trouvé. La responsabilité des campagnes de vaccination revient aux États européens. La Commission a travaillé dans les limites du traité."

"Je me désole de cette lenteur. Mais il ne faut pas faire de la Commission européenne le bouc émissaire tout trouvé. La responsabilité des campagnes de vaccination revient aux États européens."
Frédérique Ries
Députée européenne (RE/MR)

Les critiques des députés portent surtout sur le manque de transparence des négociations entre la Commission et les groupes pharmaceutiques. "Nous avons des questions qui restent sans réponse, sur les prix, que l'on ne connaît que par des fuites, mais surtout sur la responsabilité en cas d'effet secondaire", poursuit-elle.

L'eurodéputée française Michèle Rivasi (Verts) veut, elle aussi, plus de clarté, "Il faut qu'on ait accès à toutes les données. La Commission européenne n'a pas réussi sa négociation, elle aurait dû négocier les vaccins au prix coûtant", dit-elle.

S'ils n'obtiennent pas satisfaction, les députés européens pourraient mettre sur pieds une commission d'enquête parlementaire, selon la vice-présidente du Parlement Nicola Beer (Renew Europe).

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