Doutes sur la portée de la COP25 alors que l'ONU tire la sonnette d'alarme

Pour le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, que l'on voit ici entouré de Charles Michel et d’Ursula von der Leyen, "seule une poignée de fanatiques nient l’évidence" du changement climatique. ©AFP

La COP25, qui s'est ouverte lundi à Madrid, s’est fixée deux objectifs: encadrer de manière plus stricte les marchés carbone et revoir à la hausse les engagements des États. Les experts doutent cependant que de grandes économies comme la Chine y fassent des annonces.

Agir plus et plus vite. La COP25, le sommet de l’ONU sur le climat qui a commencé lundi à Madrid, a lancé un appel à la mobilisation pour enrayer les effets du réchauffement climatique, plus rapides et plus dévastateurs que prévus. Objectif premier de cette réunion: fixer de nouvelles "ambitions", mot-clé de la rencontre, afin d’essayer d’obtenir, sans toutefois l’espérer, la neutralité carbone en 2050.

Seule une poignée de fanatiques nient l’évidence.
Pedro Sanchez
Premier ministre espagnol

Le monde doit maintenant choisir entre "espoir" et "capitulation", a déclaré Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, lors de la cérémonie d’ouverture. "Voulons-nous vraiment rester dans l’histoire comme la génération qui a fait l’autruche, qui flânait pendant que le monde brûlait?", a-t-il lancé devant les représentants de 197 pays qui participeront pendant deux semaines à la conférence.

Ce qui ne va pas... et ce qui reste à faire

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pays
Seuls 68 pays se sont engagés à revoir à la hausse leurs engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020. Mais ils ne représentent que 8% des émissions mondiales.

Madrid est aussi un constat de ce qui ne va pas et de tout ce qui reste à faire. Dans un discours apocalyptique, Antonio Guterres a rappelé que les quatre dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées sur la planète. Il a également souligné que le monde a gagné environ 1°C depuis l’ère préindustrielle. Si le mercure continue de grimper au rythme actuel, le seuil de + 1,5°C, objectif idéal de l’accord de Paris, devrait être atteint entre 2030 et 2052, a ajouté Antonio Guterres.

De son côté, le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, dont le pays a remplacé au pied levé le Chili où devait se tenir la conférence, a affirmé qu’aujourd’hui "seule une poignée de fanatiques nient l’évidence" du changement climatique.

Seuls 68 pays se sont engagés à revoir à la hausse leurs engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020. Mais ils ne représentent que 8% des émissions mondiales, selon les experts, qui doutent que de grandes économies comme la Chine fassent des annonces lors de cette COP.

Nancy Pelosi à Madrid

Les États-Unis, qui viennent de confirmer leur retrait de l’accord de Paris, ne seront représentés que par une simple diplomate. Ce qui n’a pas empêché Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants et la cheffe de file de l'opposition démocrate au président républicain Donald Trump, de venir à Madrid avec une petite délégation pour "réaffirmer l’engagement du peuple américain à combattre la crise climatique".

Deux dossiers clés

D'ici au 13 décembre, dernier jour du sommet, les participants espèrent avoir avancé sur deux des grands dossiers qui n’avaient pas pu être bouclés lors de la réunion précédente: encadrer de manière plus stricte les marchés carbone – créés sous le protocole de Kyoto en 1997, ils visent à réduire les émissions de gaz a effet de serre via un système d’échange de crédits entre pays – ; et revoir les engagements des États à la hausse afin d’obtenir une feuille de route plus ambitieuse avant 2020.

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