La crise du coronavirus "prive l'ONU d'un outil démocratique"

L'assemblée générale annuelle de l'ONU est un moment clé pour la diplomatie mondiale. Cette année, la crise du coronavirus compliquera ses travaux. ©BELGA

L'assemblée générale annuelle de l'ONU, prévue fin septembre, se déroulera dans des conditions de travail jugées "handicapantes" regrettent les diplomates. Syrie, Iran, Libye... Depuis le début de la crise, les dossiers importants de l'organisation tournent au ralenti.

Pour ses 75 ans, l'Organisation des Nations unies devra se contenter d'une assemblée générale annuelle virtuelle, au lieu du sommet rassemblant à son siège de New York la plupart des dirigeants de la planète. Réunions par vidéoconférence, discours des chefs d'État ou de gouvernement préenregistrés, absence de bilatérales... Les contraintes imposées par la pandémie de coronavirus empêchent une rencontre présentielle. Les conditions de travail seront difficiles, regrettent les diplomates.

Depuis le début de la crise sanitaire, l'ONU, chargée de la paix et de la sécurité dans le monde, tourne au ralenti. Et ce n'est pas bon signe pour les conflits du moment, comme la guerre en Libye, en Syrie, l'embargo contre l'Iran et les tentions en Israël et la Palestine.

"L'intérêt de l'AG, c'est de parler pendant quatre ou cinq jour avec 40 à 50 pays. Ce ne sera pas possible, et c'est clairement handicapant", explique un diplomate. "Nous avons fait une vidéoconférence sur cette question. Tout le monde dit la même chose, nous sommes privés d'un outil démocratique".

""L'intérêt de l'AG, c'est de parler pendant quatre ou cinq jour avec 40 à 50 pays."
Un diplomate

Un lieu de rencontre privilégié

Chaque année, à partir du troisième mardi de septembre, l'île de Manhattan accueille le gratin mondial de la diplomatie durant une semaine. Le siège de l'ONU devient le lieu de rencontre privilégié pour des dirigeants qui, en plus de s'exprimer en plénière, ont l'opportunité de s'entretenir en bilatérales pour progresser sur des sujets délicats. L'événement permet aux dirigeants de pays en guerre de dialoguer en marge de l'AG, parfois discrètement dans des hôtels, alors que durant le reste de l'année, ce type de rencontre est difficilement envisageable.

L'an dernier, l'AG fut l'occasion pour la Belgique de mettre en avant ses dossiers prioritaires, comme la lutte contre la violence faite aux enfants dans le conflits. Notre pays avait également préparé sa participation en 2020 au Conseil de sécurité. La délégation belge était composée, entre autres, de la reine Mathilde et du Premier ministre Charles Michel (MR).

L'assemblée générale de 2019 fut aussi l'occasion d'un bras de fer entre le président des Etats-Unis Donald Trump et la militante écologiste Greta Thunberg sur la question du changement climatique.

Cette année, alors que l'institution doit fêter son septante-cinquième anniversaire, tout aura lieu via le web. "Les discours seront soit préenregistrés, soit prononcés en direct par vidéoconférence. Dans la salle à New York, il n'y aura qu'un membre par délégation", poursuit cette source. "Ce n'est pas évident de travailler de cette façon".

"Les discours seront soit préenregistrés, soit prononcés en direct par vidéoconférence."
Un diplomate

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