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La crise financière met en péril les droits syndicaux

Le rapport condamne l'usage de canons à eaux pour disperser les travailleurs d'Arcelor Mittal lors des grèves de janvier 2013. ©EPA

La Confédération syndicale internationale (CSI) produit son rapport sur les violations des droits syndicaux. La crise financière ne serait pas étrangère à certains manquements.

Le rapport annuel sur les violations des droits syndicaux, publié ce mercredi par la Confédération syndicale internationale (CSI), est édifiant. Malgré le chapelet d’instruments juridiques internationaux destinés à protéger et promouvoir la liberté syndicale et le droit de négociation collective, aucune région dans le monde ne peut se targuer de respecter les droits syndicaux.

Selon le rapport, la crise financière a influencé négativement la négociation collective, particulièrement en Europe. L’Espagne, la Grèce, la Roumanie, l’Italie et le Portugal sont visés par cette conclusion. D’après la CSI, les systèmes de négociation collective et les mécanismes d’extension ont été fortement affaiblis dans ces pays. Les réformes entreprises sont qualifiées d’obstacle à la négociation et auraient un impact majeur sur la force syndicale.

Le rapport cible les points suivants :

  • Espagne : impact négatif des politiques d’austérité sur la classe moyenne et sur les travailleurs. Et une nouvelle législation permettant aux employeurs de recruter et de licencier plus facilement et à moindre coût.
  • Grèce : réduction drastique du salaire minimum. Une loi adoptée en 2012 prévoit qu’à partir d’avril 2013 et "jusqu’à l’achèvement du programme de rééquilibrage budgétaire" le salaire minimum sera réduit de 22% en général et de 32% pour les jeunes âgés de moins de 25 ans ;
  • Portugal : la couverture des conventions collectives a diminué de moitié, ne couvrant plus qu’un quart environ de la main d’œuvre en 2012;
  • Italie : le rapport pointe des faits de discrimination antisyndicale. 
  • Roumanie : entre autres manquements, il est reproché au pays que des matières telles que les salaires de base, les augmentations salariales, les indemnités et les primes aient été évincées du champ d’application de la négociation collective.

La CSI a pour objectif d’exposer et de dénoncer les violations faites aux droits des travailleurs partout où elles sont commises.  C’est donc sans surprise que le mouvement social d’ampleur internationale dresse un bilan exclusivement à charge et sans concession.

Et la Belgique ?

En huit points, la CSI expose les manquements reprochés. Parmi ceux-ci:

  • Consultation tardive des syndicats pour les réformes des pensions et du chômage (dégressivité des allocations) ;
  • Délais de négociation peu raisonnables pour la réforme des heures supplémentaires et du temps de travail ;
  • Interprétation restrictive du droit de grève par les tribunaux civils ;
  • Ingérence dans les grèves, notamment par l’usage de canons à eaux pour disperser les travailleurs d’Arcelor Mittal lors des grèves de janvier 2013 ;
  • Exclusion du thème de la hausse salariale dans les négociations collectives. Ce point fait référence au "gel" des salaires décrété par le gouvernement Di Rupo alors que, jusqu'alors, les augmentations de salaires étaient du ressort des partenaires sociaux.
  • Utilisation abusive des sanctions administratives pour limiter les activités syndicales.

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