La déclaration du pape sur l'homosexualité corrigée par le Vatican

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Le pape a recommandé le recours à la psychiatrie lorsque des parents constatent des penchants homosexuels dès l'enfance chez leur progéniture. Une déclaration que le Vatican a corrigé, ce qui n'est pas une première.

L’homosexualité était encore considérée comme une pathologie psychiatrique il y a une vingtaine d'années. Comme la schizophrénie ou la dépression. Tout ça semble loin. Pas tant que ça pour certains. On le sait, en Russie, les minorités sexuelles font l'objet d'un acharnement. Mais plus étonnant... Ce dimanche, le pape François a... recommandé la psychiatrie pour l'homosexualité décelée à l'enfance.

Le pape a ainsi recommandé le recours à la psychiatrie lorsque des parents constatent des penchants homosexuels dès l'enfance chez leur progéniture. Des propos tenus au cours d'une conférence de presse dans l'avion qui le ramenait d'Irlande à Rome.

"Quand cela se manifeste dès l'enfance, il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie, pour voir comment sont les choses. C'est autre chose quand cela se manifeste après vingt ans."
Le pape

Un journaliste lui a demandé ce qu'il dirait à des parents constatant les orientations homosexuelles de leur enfant. "Je leur dirais premièrement de prier, ne pas condamner, dialoguer, comprendre, donner une place au fils ou à la fille", a répondu Jorge Bergoglio.

Dans le même temps, il a estimé qu'il fallait tenir compte de l'âge des personnes. "Quand cela se manifeste dès l'enfance, il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie, pour voir comment sont les choses. C'est autre chose quand cela se manifeste après vingt ans", a dit Jorge Bergoglio. "Je ne dirai jamais que le silence est un remède. Ignorer son fils ou sa fille qui a des tendances homosexuelles est un défaut de paternité ou de maternité", a-t-il déclaré.

Le Vatican corrige

Dans un verbatim publié ce lundi, le service de presse du Vatican a retiré la référence à la "psychiatrie" dans la déclaration du pape, soulignant que le souverain pontif ne voulait pas évoquer cette question comme "une maladie psychiatrique". Ceci a été fait "pour ne pas altérer la pensée du pape", a expliqué une porte-parole du Vatican.

"Quand le pape se réfère à la psychiatrie, il est clair qu'il le fait comme un exemple qui rentre dans les différentes choses qui peuvent être faites."

"Quand le pape se réfère à la psychiatrie, il est clair qu'il le fait comme un exemple qui rentre dans les différentes choses qui peuvent être faites", a-t-on expliqué de même source. "Mais avec ce mot, il n'avait pas l'intention de dire qu'il s'agissait d'une maladie psychiatrique, mais que peut-être il fallait voir comment sont les choses au niveau psychologique", a ajouté cette porte-parole.

Pas une première

Ce n'est pas la première fois que le Vatican retouche des déclarations faites par le pape, lors de la traditionnelle conférence de presse qu'il donne dans l'avion du retour de ses voyages à l'étranger. Selon l'agence I.Media, spécialisée sur le Vatican, le service de presse du Saint-Siège avait en 2013 retiré une phrase entière prononcée par Jorge Bergoglio.

Dans cette phrase alors supprimée, il affirmait au sujet de Mgr Oscar Romero, archevêque de San Salvador, assassiné en 1980: "Je ne doute pas que lui-même mérite d'être béatifié, mais nous devons considérer le contexte".

Les propos du chef de l'Eglise catholique ont suscité de vives réactions. Plusieurs ONG sont montées au créneau. Notamment les associations de défense des droits LGBT (lesbiennes, gays, bi, trans) en France.

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