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La diplomatie climatique en effervescence pour préparer la COP26

Le président de la COP26 Alok Sharma (ici le 14 mai) réunissait dimanche et lundi les ministres du climat de 51 pays en vue de la conférence de Glasgow. ©REUTERS

Les ministres de l'Environnement de 51 pays se sont réunis lundi pour préparer le terrain de la COP26, en même temps que les experts du Giec entamaient deux semaines de travaux.

À moins de 100 jours de la COP26 qui se tiendra à Glasgow, le gouvernement britannique a réuni les ministres de l'Environnement de 51 pays, dont les États-Unis, la Chine et l'Inde, dimanche et lundi.

Les négociateurs s'étaient quittés mi-juin après une réunion intermédiaire sans avancée notable sur les sujets clés à résoudre: financement de l'action climatique dans les pays en développement, suivi des engagements de réduction d'émissions, ou encore mise en place des marchés d'émissions de gaz à effet de serre.

"Nous sommes sur le chemin opposé, nous nous dirigeons vers plus de +3°C. Nous devons changer de direction de façon urgente avant qu'il ne soit trop tard."
Patricia Espinosa
Secrétaire exécutive de l'ONU pour le climat

"En tant que ministres responsables de la lutte contre le réchauffement climatique, nous portons le poids du monde sur nos épaules et les deux prochains jours seront critiques", avait déclaré à Londres le président de la COP26, Alok Sharma, à l'ouverture de la réunion. Il faut dire que le contexte est marqué par une succession d'événements météorologiques extrêmes: précipitations exceptionnelles en Europe et en Chine, températures incendiaires dans l'Est américain et en Sibérie, famine climatique à Madagascar notamment.

Blocage au G20

Vendredi, les ministres de l'Énergie et de l'Environnement du G20, réunis à Naples, s'étaient quittés sans accord sur le climat. La Russie, la Chine et l'Inde se sont notamment tenues en arrêt devant la formulation du projet d'accord, qui prévoyait d'œuvrer au cours de la décennie pour limiter le réchauffement à 1,5°C au maximum, a expliqué le ministre italien qui présidait la réunion.

Le G20 cherchait aussi à s'accorder sur une date de sortie progressive du charbon et la fin des subsides aux énergies fossiles, sans résultat. Mais "le décor est planté pour de grandes décisions sur le charbon au sommet d'octobre", a prédit Luca Bergamaschi, cofondateur du think tank ECCO et conseiller du gouvernement italien, cité par l'agence Reuters.

Vers plus de 3°C

Parallèlement à la réunion ministérielle de Londres, 700 délégués représentant 195 États au sein du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) se réunissaient en ligne pour entamer le processus d'adoption de leur prochain rapport. Un document très attendu en amont de la COP26.

Nous ne sommes pas en bonne voie pour respecter l'objectif de l'accord de Paris de limiter le réchauffement à 1,5°C d'ici la fin du siècle, a souligné la secrétaire exécutive de l'ONU pour le climat, Patricia Espinosa, à l'ouverture de la réunion de deux semaines. "En fait, nous sommes sur le chemin opposé, nous nous dirigeons vers plus de +3°C. Nous devons changer de direction de façon urgente avant qu'il ne soit trop tard."

"Le décor est planté pour de grandes décisions sur le charbon au sommet d'Octobre."
Luca Bergamaschi
ECCO

Elle a cependant salué comme "extrêmement positive" la rencontre ministérielle de représentants de plus de 50 pays. "Le dialogue a commencé", mais il "reste beaucoup de travail", a-t-elle poursuivi. À moins de 100 jours de la COP26 à Glasgow (Ecosse) en novembre, "je dis ceci aux décideurs: la science ne permet pas de voir le monde comme on voudrait qu'il soit, elle montre le monde tel qu'il est. Ce n'est pas de la politique, c'est la réalité", a-t-elle ajouté.

"Limiter le réchauffement à +1,5°C est encore physiquement, techniquement et économiquement possible. Mais pas pour longtemps si nous continuons à agir trop peu et trop tard", a pour sa part assuré Kaisa Kosonen, de Greenpeace. "Le Giec nous a dit ce à quoi l'ambition doit ressembler: que chaque pays dans le monde s'engage à la neutralité carbone et détaille le plan pour y parvenir", a insisté lundi Joyce Msuya, directrice exécutive adjointe de l'ONU-Environnement.

Un regain d'intérêt passager?

Malgré le choc des images des catastrophes, certains craignent que le regain d'intérêt pour le climat ne soit que passager alors que des actions cruciales pour l'avenir de l'humanité sont réclamées aux dirigeants de la planète lors de cette réunion, reportée d'un an à cause du Covid-19. "Dès que ces tragédies seront terminées, nous oublierons probablement à nouveau et continuerons comme avant", s'est inquiétée sur Twitter la militante Greta Thunberg.

Le rapport du Giec, attendu le 9 août, dont le "résumé pour les décideurs" va être négocié ligne par ligne à huis clos en virtuel pendant deux semaines, doit mettre à jour son évaluation et ses prévisions climatiques: hausse de la température mondiale, augmentation du niveau des océans, intensification des événements extrêmes.

Deux autres volets doivent être publiés début 2022. Celui sur les impacts montre comment la vie sur Terre sera inéluctablement transformée d’ici trente ans, voire plus tôt. Mais il n'arrivera qu'après la COP26.

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