La fin des hamburgers à un euro?

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L’OMS a présenté son premier rapport global sur l’impact du réchauffement de la planète sur la santé, à la COP25. Des intervenants ont fustigé l’agriculture comme responsable de 15% des émissions de gaz à effet de serre

"Sept millions de personnes meurent chaque année des conséquences de la pollution, c’est un peu comme si la population de Madrid disparaissait d’un seul coup". Dans un sommet où les déclarations choc se succèdent afin d’essayer de réveiller les consciences, l’image qu’évoque Maria Neira, directrice du département de la santé publique et de l’environnement de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’en est pas pour le moins choquante.

"On ne parle pas suffisamment de la santé lorsque l’on parle des problèmes d’environnement" a insisté Mme Neira, "et le financement fait cruellement défaut". C’est la conclusion principale du rapport de l’OMS, basé sur les données de 101 pays: alors que les risques augmentent, l’argent manque.

7 millions
Selon l’OMS, sept millions de personnes meurent chaque année des conséquences de la pollution.

Les pays accordent une priorité de plus en plus grande aux effets du changement climatique sur la santé, et la moitié de ceux qui ont pris part à l’enquête se sont dotés d’une stratégie ou d’un plan national pour aborder la question. Mais seuls 38% d’entre eux ont pris des dispositions financières pour commencer à appliquer des mesures et moins de 10% pour en assurer la mise en œuvre.

Trouver des fonds est d’autant plus difficile que la plupart des pays ont du mal à accéder aux mécanismes internationaux de financement. Le Green Climate Fund par exemple, le bras financier de la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui organise la conférence de Madrid, n’a pas de budget alloué aux problèmes de santé.

Les risques sont de plus en plus connus. Les plus fréquemment évoqués sont le stress thermique, les traumatismes et les décès liés aux événements météorologiques extrêmes et les maladies d’origine alimentaire, hydrique ou vectorielle (comme le choléra, la dengue ou le paludisme).

820 millions de personnes ont souffert de la faim

L’un des effets de la crise du climat dont on parle le moins est celui de la santé mentale qui concerne non seulement "les personnes qui ont subi directement des catastrophiques climatiques ou des réfugiés", explique l’OMS, "mais aussi les jeunes qui sont de plus en plus préoccupés par la question de l’environnement". Un phénomène qui va prendre de l’ampleur dans les prochaines années.

L’urgence est grande. D’après le dernier rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) le réchauffement global pèse de plus en plus sur la santé. Après une décennie de déclin constant, la faim est à la hausse – plus de 820 millions de personnes en ont souffert en 2018.

La crise climatique demande des solutions radicales. "Il faut réorienter tout notre système agricole en commençant par la PAC (Politique agricole commune) avant qu’il ne soit trop tard" estime Raphaël Podselver, l’un des responsables de ProVeg, une organisation qui promeut la conscience alimentaire. "Fini les hamburgers à un euro" ajoute-t-il. "Ce n’est plus soutenable dans un monde où l’agriculture est responsable de 15% des émissions des gaz à effet de serre."

La transition "ne sera pas facile et ne se fera pas du jour au lendemain. Il faudra surtout que les gouvernements accompagnent le secteur agricole dans cette transformation" explique Raphaël Podselver, "ça va être impopulaire et ça va couter de l’argent, il faut le dire, mais il n’y a pas d’autre solution". La COP25 se tient jusqu’au 13 décembre.

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