La menace chinoise évoquée lors de la réunion ministérielle de l'Otan à Washington

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders se rend à la ministérielle de l’Otan à Washington. Au menu, les 70 ans de l’alliance, la Russie, le terrorisme, la contribution financière et la Chine.

L’Otan, la plus importante alliance militaire du monde, fête ses 70 ans cette semaine à Washington. Le Président des Etats-Unis a reçu mardi à la Maison-Blanche le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg dont le mandait vient d’être prolongé jusque 2022. Ces mercredi et jeudi, les ministres des Affaires étrangères des 29 pays de l’Otan se réunissent dans la capitale américaine. Le ministre belge des Affaires et de la Défense Didier Reynders (MR) sera aux premières loges.

"Plusieurs pays ont insisté pour qu’on rappelle aux alliés que la 5G est aussi une question de sécurité."
Un diplomate européen

Le sujet principal sera la menace russe. Depuis le retrait des Etats-Unis et de la Russie du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF), un parfum de guerre froide plane à nouveau. Chacun accuse l’autre de déployer des missiles à portée intermédiaire (entre 500 et 5.500 km) en Europe.

Les Etats-Unis soulèveront aussi la question de la contribution financière, l’obsession de Donald Trump étant de voir les alliés remonter leurs dépenses jusqu’à 2% de leur PIB. L’Allemagne, à 1,5%, a été pointée du doigt lundi par Jens Stoltenberg.

La 5G chinoise dans le collimateur de l’Otan

La menace chinoise sera aussi abordée, à une semaine d’un sommet entre la Chine et l’UE. La question n’est pas formellement à l’ordre du jour, mais il nous revient qu’elle sera "spontanément" évoquée. "La Chine est le nouveau thème traité depuis un certain temps au sein de l’Otan. Plusieurs pays, dont les Etats-Unis et le Royaume-Uni, ont insisté pour qu’on rappelle aux alliés que la 5G est aussi une question de sécurité", dit une source diplomatique européenne.

Washington voit derrière le réseau 5G du géant Huawei une menace pour la sécurité, le système pouvant servir à capter illégalement les données de certains clients.

70 ans d’alliance

L’Otan a été créée en 1949 lors de la guerre froide pour répondre à la supériorité numérique de l’URSS. Son principe, inscrit à l’article 5 de sa charte, est la solidarité mutuelle entre ses membres en cas d’attaque contre l’un d’entre eux.

Tensions
Washington prive ankara de f-35

Les Etats-Unis ont suspendu la livraison de deux F-35 à la Turquie. En cause: la décision d’Ankara d’acheter le système antimissile russe S-400 jugé incompatible avec les équipements de l’Alliance atlantique par Washington et l’Otan.

La décision de l’administration Trump tombe très mal pour le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui se voit obligé de choisir entre deux partenaires de taille alors qu’il vient d’essuyer un revers aux élections locales de dimanche.

Les Turcs, qui participent activement au programme F-35 (ils produisent certaines pièces du fuselage, du cockpit et du système d’atterrissage), doivent en principe acheter 100 F-35. Deux engins leur ont déjà été livrés dans une base aérienne américaine, la Luke Air Force Base (Arizona), où certains de leurs pilotes suivent une formation. Les deux autres F-35 devaient prendre le même chemin.

L’effondrement de l’empire soviétique conduira l’Otan vers de nouvelles missions. Sa première intervention militaire interviendra en 1994, pour abattre des avions de chasse serbes entrés dans la zone d’exclusion de l’ONU en Bosnie-Herzégovine. En 1999, l’Alliance atlantique met fin aux velléités serbes, installe une force au Kosovo (KFOR) et entame son élargissement à d’anciens alliés de l’URSS, la République tchèque, la Hongrie et la Pologne. Dix autres suivront.

En 2001, l’Otan répond à la première activation de son article 5 par les Etats-Unis, et lui prête assistance dans la guerre contre le terrorisme en Afghanistan (ISAF). L’alliance interviendra aussi sous mandat ONU en 2011 pour renverser le régime de Mouammar Kadhafi.

La Russie redeviendra une menace, avec les rêves de grandeur de son président Vladimir Poutine, lors de l’annexion de la Crimée. L’Otan a répondu par un déploiement dans les pays Baltes et en Pologne. En novembre dernier, elle a mené Trident Juncture, un vaste exercice en Norvège impliquant 40.000 hommes, à 500 km de la frontière russe.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés