La pandémie a fait reculer la peine de mort dans le monde

Un détenu dans le couloir de la mort d'une prison aux États-Unis, où les exécutions fédérales ont repris l'an dernier. ©AFP

Le nombre d'exécutions dans le monde a reculé de 26% en 2020, selon Amnesty. Mais pas partout. Certains pays, comme l'Égypte et la Chine, ont accru les exécutions.

Les exécutions et les condamnations à mort ont reculé dans le monde l'an dernier en raison de la pandémie de Covid-19, affirme Amnesty International dans son rapport annuel sur la peine de mort. Cette tendance, liée au ralentissement des procédures judiciaires, n'est pas généralisée. Selon l'ONG, 18 pays ont continué à mettre des personnes à mort, certains accélérant le rythme.

"La pandémie a influencé l'application de la peine de mort. Des procédures ont été arrêtées, certains tribunaux fermés."
Françoise Dieryck
Responsable des dossiers liés à la peine de mort pour Amnesty International

En Égypte, les exécutions ont triplé par rapport à 2019. La Chine a continué à exécuter "des milliers de personnes", le gouvernement chinois prévoyant même la peine capitale pour des infractions aux règles sanitaires. Aux États-Unis, sous le gouvernement de Donald Trump, 10 personnes ont été exécutées en six mois après un moratoire de 17 ans. L’Inde, Oman, le Qatar et Taiwan ont également repris les exécutions.

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Aux États-Unis, sous le gouvernement de Donald Trump, 10 personnes ont été exécutées en six mois après une interruption des exécutions fédérales de 17 ans.

Au moins 483 exécutions ont été recensées en 2020, ce qui représente un recul de 26% par rapport à 2019. Le nombre des condamnations a diminué de 36%. Près de neuf exécutions sur dix sont imputables à quatre pays, l’Iran (246), l’Égypte (107), l’Irak (45) et l’Arabie saoudite (27). Ces chiffres ne tiennent pas compte de la Chine, où le nombre d'exécutions est un secret d'État. C'est aussi le cas du Vietnam et de la Corée du Nord.

"Donald Trump a poursuivi les mises à mort jusqu'à quelques jours de l'investiture de Joe Biden, c'est du jamais vu. On peut parler d'une vraie cruauté."
Françoise Dieryck
Responsable des dossiers liés à la peine de mort pour Amnesty

"La pandémie a influencé les exécutions. Des procédures ont été arrêtées, certains tribunaux fermés", dit Françoise Dieryck, responsable des dossiers liés à la peine de mort pour Amnesty. "La pandémie a aussi eu des effets négatifs. La Chine a sanctionné de la peine de mort des infractions aux règles sanitaires. Une personne au moins a été exécutée de manière expéditive."

La crise sanitaire n'a pas empêché le président des États-Unis de reprendre les exécutions fédérales, alors que le virus atteignait la moitié des prisonniers dans le couloir de la mort. "Donald Trump a poursuivi les mises à mort jusqu'à quelques jours de l'investiture de Joe Biden, c'est du jamais vu. On peut parler d'une vraie cruauté", dit Françoise Dieryck. L'ONG fait état "de problèmes de racisme et de handicap mental" dans le choix des personnes exécutées.

Répression politique

La peine capitale n'est pas appliquée que pour homicide. En Iran, elle a été de plus en plus utilisée comme instrument de répression politique contre les manifestants et les dissidents. En Égypte, au moins 23 personnes ont été exécutées pour des raisons politiques, le régime d'al-Sissi n'hésitant pas à extorquer les aveux sous la torture.

La peine de mort est appliquée pour des infractions liées aux stupéfiants en Chine, en Indonésie, au Laos, en Malaisie, à Singapour, au Sri Lanka, en Thaïlande et au Vietnam, pour corruption en Chine et pour blasphème au Pakistan.

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