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La reforestation, nouvelle tendance en matière de "greenwashing"

Planter des arbres dans des pays en développement pour compenser les émissions des pays développés n'est pas la panacée. ©REUTERS

D'après Oxfam, les programmes de reforestation se font au détriment de terres arables et dispensent de réduire réellement les émissions.

Il se passe rarement une semaine sans qu'un pays ou une entreprise annonce sa volonté de parvenir à "zéro émission nette" pour contribuer à stopper le dérèglement climatique. Le plus souvent, cet objectif est atteint par le biais de programmes de reforestation ailleurs. Les arbres font, en effet, office de puits de carbone.

Parmi les entreprises concernées, on trouve par exemple British Airways, Mars, Unilever, Citigroup, BlackRock, Shell ou encore BP. Quant aux pays adeptes de ce discours, ce sont en général les plus développés et donc les plus pollueurs.

Or, d'après un rapport publié par l'ONG Oxfam, cette logique de reforestation à tout va comporte un double biais. D'une part, en focalisant sur la compensation, on crée une diversion et on oublie de travailler à la réduction effective des émissions. Plutôt que de planter des arbres ailleurs, il faudrait selon Oxfam d'abord commencer par cesser d'accorder des subventions à la production d'énergies fossiles.

"Il est mathématiquement impossible de planter suffisamment d'arbres pour atteindre les objectifs zéro émission nette car il n'y a tout simplement pas assez de terres."
Oxfam

Subsistance alimentaire

D'autre part, en replantant massivement des arbres sur des terres arables, on crée un problème de subsistance alimentaire. "Il est mathématiquement impossible de planter suffisamment d'arbres pour atteindre les objectifs zéro émission nette cumulés annoncés par les gouvernements et les entreprises, car il n'y a tout simplement pas assez de terres", souligne Oxfam.

"Dans de nombreux cas, les objectifs 'zéro émission nette' s'apparentent à un exercice de greenwashing qui s'accommode du statu quo", dénonce Oxfam. Pourquoi? Parce que "zéro émission nette" n'est pas égal à "zéro émission". "Nous avons besoin d'une réduction immédiate, substantielle et irréversible des milliards de tonnes de carbone que ces pays et entreprises rejettent chaque jour dans l'atmosphère", soutient Oxfam.

D'après les calculs d'Oxfam, la superficie totale requise pour stocker le carbone pourrait être cinq fois supérieure à la superficie de l'Inde, soit l'équivalent de la totalité des terres cultivées sur la planète.

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des États-Unis
Si l’ensemble du secteur du pétrole et du gaz voulait neutraliser ses émissions, cela nécessiterait des terres d’une superficie avoisinant la moitié de celle des États-Unis.

De même, les objectifs zéro émission nette des quatre plus grandes entreprises productrices de pétrole et de gaz (Shell, BP, Total et Eni) nécessiteraient, à eux seuls, une superficie d'arbres deux fois supérieure à celle du Royaume-Uni. Si l'ensemble du secteur du pétrole et du gaz adoptait des objectifs similaires, cela nécessiterait des terres d'une superficie avoisinant la moitié de celle des États-Unis.

Voilà donc une pièce de plus à verser au dossier de la COP26 qui se tiendra à l'automne prochain à Glasgow, en Écosse.

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