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La Russie suspend les activités des organisations de Navalny

Le Parquet russe a demandé mi-avril de qualifier les organisations liées à Alexeï Navalny d'"extrémistes", ce qui les interdirait en Russie ©REUTERS

Les autorités russes ont ordonné la suspension des activités des organisations liées à l'opposant Alexeï Navalny. La justice pourrait bientôt les interdire.

Les autorités russes ont officiellement suspendu, ce lundi, les activités des groupes de campagne régionaux de l'opposant emprisonné Alexeï Navalny dans l'attente d'une décision du tribunal sur l'opportunité de les qualifier d'extrémistes.

"Nous continuerons, à titre personnel, à lutter contre la corruption contre le parti au pouvoir, Russie Unie, et contre le président Vladimir Poutine."
Ivan Jdanov
Directeur du Fonds de lutte contre la corruption

"Les activités des bureaux de Navalny et du Fonds de lutte contre la corruption (FBK) ont été immédiatement suspendues", a écrit sur Twitter Ivan Jdanov, directeur du FBK, accompagnant son message de photographies de cette décision prise par un procureur de Moscou dans l'attente du procès qui pourrait interdire définitivement leurs activités. "Ils hurlent tout simplement: 'nous avons peur de vos activités, nous avons peur de vos manifestations, nous avons peur de vos consignes de vote'", a-t-il ajouté.

De son côté, le bureau moscovite d'Alexeï Navalny a indiqué sur Telegram "ne plus pouvoir travailler sous l'ancien format" du fait de cette décision. "Cela serait trop dangereux pour nos employés et pour nos partisans", a-t-il indiqué tout en promettant qu'ils "continueront, à titre personnel, à lutter contre la corruption", contre le parti au pouvoir, Russie Unie, et contre le président Vladimir Poutine.

Audience préliminaire ce lundi

Le gouvernement allemand a immédiatement réagi et condamne cette suspension. "L'utilisation d'instruments prévus pour lutter contre le terrorisme à l'encontre d'opinions politiquement indésirables" est "incompatible avec les principes de l'État de droit", a dénoncé lors d'une conférence de presse le porte-parole du gouvernement d'Angela Merkel, Steffen Seibert.

À la mi-avril, le Parquet russe avait demandé de qualifier les organisations liées à Alexeï Navalny d'"extrémistes", ce qui les interdirait en Russie et ferait encourir aux collaborateurs et aux partisans de l'opposant de lourdes peines de prison. Le terme d'"extrémisme" a une acception très large dans la loi russe, permettant aux autorités de lutter à la fois contre des organisations d'opposition, des groupes racistes ou terroristes ou encore des mouvements religieux tels que les Témoins de Jéhovah.

"L'allégation d'extrémisme est utilisée uniquement comme prétexte à la répression politique."
Leonid Volkov
Allié d'Alexeï Navalny

Un tribunal s'est réuni pour une audience préliminaire, ce lundi, afin d'examiner cette demande. À cette occasion, les procureurs lui ont également demandé d'interdire aux groupes de Navalny de publier quoi que ce soit en ligne, d'organiser des manifestations et de participer à des élections, a déclaré Leonid Volkov, un allié de l'opposant emprisonné. Les audiences se déroulent à huis clos, les autorités ayant classé secret défense certains détails de l'affaire, selon l'avocat Ivan Pavlov en charge de l'affaire.

"Nous comprenons tous parfaitement qu'il n'y a pas d'extrémisme dans (notre) travail. L'allégation d'extrémisme est utilisée uniquement comme prétexte à la répression politique", a réagi Leonid Volkov. Le Parquet accuse ces organisations de chercher à "créer les conditions de la déstabilisation de la situation sociale et sociopolitique" en Russie, "sous couvert de slogans libéraux". La semaine dernière, des dizaines de milliers de manifestants avaient exigé la libération d'Alexeï Navalny. Près de 1.800 d'entre eux ont été arrêtés.

De son côté, Alexeï Navalny avait annoncé vendredi dernier mettre fin à sa grève de la faim qu'il observait depuis trois semaines pour dénoncer ses conditions de détention, suscitant des inquiétudes pour sa santé et des tensions russo-occidentales. La veille, des médecins proches du détracteur du Kremlin l'avaient exhorté à arrêter "immédiatement" sa grève de la faim, disant craindre sa mort ou des "dommages considérables" pour sa santé.

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