La Tata Nano sombre dans l'oubli

©AFP

La Tata Nano et ses promesses de "low cost ultime" sombrent dans l’oubli. Le véhicule le moins cher au monde n’aura finalement jamais rencontré le succès escompté il y a 10 ans. 

Elle avait fait le tour de tous les médias au monde. Dix ans plus tard, dire que la Tata Nano n’aura pas rencontré toutes ses promesses est un euphémisme. Discrètement, le petit véhicule "low cost" va rejoindre le cimetière des échecs automobiles. En 2008, la voiture à 115.000 roupies (1.500 euros) voyait pourtant grand. Elle voulait conquérir le monde avec un véhicule basique sans chauffage, ventilation, airbag, etc., et une motorisation à 35 chevaux. 

Tata, qui avait créé l’événement en 2008, voulait vendre jusqu’à un million de Nano par an. Le constructeur automobile indien n’en écoulera finalement que 100.000 sur ses trente premiers mois. En 2012, la Tata Nano plafonnera à 75.000 unités par an après un relifting pour s’effondrer à 16.900 en 2015.

L’histoire de la Nano a toujours été compliquée. Tata connaîtra ainsi pas mal de problèmes tant au niveau de la production que du prix des matières premières qui l’obligeront à revoir à la hausse le prix du véhicule. Dès 2008, Tata a dû délocaliser la production. En cause, la colère des paysans du Bengale occidental (est de l’Inde) qui dénonçaient alors la faible rétribution donnée en échange de leurs terres.

En 2010, c’est au tour des gros ennuis techniques. Une demi-douzaine de Nano prennent subitement feu. Le constructeur est obligé de rappeler l’ensemble des modèles produits en 2009. Tata invoqua alors un "court-circuit" pour expliquer ces combustions spontanées.

Abandon européen

Repoussée de plusieurs années et encore évoquée en 2015, il n’y aura finalement jamais de version européenne de la voiture malgré les ambitions initiales. Les projections faisaient état d’un véhicule à 5.000 euros pour l’Europe. 

On ne sait pas si Tata y croyait encore. En 2016, Tata avouait en effet que sa Nano était en phase terminale. C’est finalement cet été que la production de la Nano a pris fin. Sauf commande spéciale, il n’y aura plus la moindre Nano qui sortira des lignes. 

Après coup, il semble que la Nano a surtout raté sa cible, ce qui est essentiel à l’automobile. Le faible nombre de clients indiens qui peuvent se permettre une voiture souhaitent du confort et une preuve de réussite de sociale. 

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