La Terre a perdu 60% de ses animaux sauvages en 44 ans

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Les populations d'animaux vertébrés sauvages ont chuté de 60% entre 1970 et 2014. Un déclin qui concerne tous les coins du globe. "Préserver la nature ce n'est pas juste protéger les tigres, pandas, baleines, que nous chérissons", souligne le directeur du WWF, Marco Lambertini.

Entre 1970 et 2014, soit en 44 ans, la Terre a vu ses populations de vertébrés sauvages décliner de 60%, alerte le WWF dans la dernière édition de son rapport "Planète vivante" publiée ce mardi.

"Préserver la nature ce n'est pas juste protéger les tigres, pandas, baleines, que nous chérissons", souligne le directeur du WWF, Marco Lambertini. "C'est bien plus vaste: il ne peut y avoir de futur sain et prospère pour les hommes sur une planète au climat déstabilisé, aux océans épuisés, au sol dégradé et aux forêts vidées, une planète dépouillée de sa biodiversité."

"Préserver la nature ce n'est pas juste protéger les tigres, pandas, baleines, que nous chérissons."
Marco Lambertini
directeur du WWF

Cette chute, qui ne cesse de s'accélérer puisqu'elle s'élevait à 58% en 2012 et 52% en 2010, concerne tout le globe, avec des régions particulièrement affectées, comme les tropiques.

Le dérèglement climatique, qui joue un rôle croissant, n'est que l'un des facteurs qui pèsent sur la biodiversité. Agriculture intensive, dégradation des sols, surpêche et pollution plastique font aussi partie des principales menaces pointées par le WWF, qui sont d'ailleurs toutes liées aux activités humaines.

Sur les 50 dernières années, l'empreinte écologique des humains a augmenté d'environ 190%. Et d'après la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), seulement un quart des terres de la planète n'est pratiquement pas affecté par les activités humaines. En 2050, ce ne sera plus que 10% des sols.

125.000
milliards de dollars
Les "services rendus par la nature" (eau, pollinisation, stabilité des sols, etc.) ont été estimés par des économistes à 125.000 milliards de dollars annuels, soit une fois et demi le PIB mondial.

L'impact de l'homme sur les ressources naturelles engendre une disparition de la vie sauvage, résume le WWF, qui a actualisé son "Indice Planète Vivante", qui suit l'abondance moyenne de 16.704 populations représentant 4.005 espèces de mammifères, oiseaux, poissons, reptiles et amphibiens. Il montre un déclin de ces espèces de 60% entre 1970 et 2014.

C'est dans la région néotropicale que la situation est la plus catastrophique. Elle couvre l'Amérique du Sud et l'Amérique centrale, et la perte d'animaux sauvages y est de 89% par rapport à 1970. L'Amérique du Nord et le Groënland s'en sortent mieux, avec une faune à -23%. La vaste zone Europe, Afrique du Nord et Moyen-Orient est à -31%.

"Nous connaissons tous les actions qui nous permettent de limiter notre impact sur l'environnement: réduire sa consommation de viande, consommer de façon plus durable et locale, réduire sa consommation d'énergie, etc. Mais ces gestes ne suffiront pas. Ce dont nous avons impérativement besoin aujourd'hui, c'est d'une nouvelle ambition politique qui intègre la lutte contre le changement climatique et la protection de la biodiversité comme des éléments constitutifs de notre prospérité", presse le directeur général du WWF Belgique, Antoine Lebrun.

"Ce dont nous avons impérativement besoin aujourd'hui, c'est d'une nouvelle ambition politique qui intègre la lutte contre le changement climatique et la protection de la biodiversité comme des éléments constitutifs de notre prospérité."
Antoine Lebrun
directeur général du WWF Belgique

Les "services rendus par la nature" (eau, pollinisation, stabilité des sols, etc.) ont été estimés par des économistes à 125.000 milliards de dollars annuels, soit une fois et demi le PIB mondial. Chaque année, le "jour du dépassement" (jour à partir duquel le monde a consommé toutes les ressources que la planète peut renouveler en un an) avance. En 2018, c'était le 1er août.

Et pourtant "l'avenir des espèces semble ne pas retenir suffisamment l'attention des dirigeants", s'alarme le WWF pour qui il faut "relever le niveau d'alerte", provoquer un vaste mouvement comme ce fut le cas pour le climat. "Que tout le monde comprenne que le statu quo n'est pas une option."

Les efforts peuvent d'ailleurs payer vite, comme l'a montré le retour du tigre au Népal, du thon rouge de l'Atlantique ou du saumon de la Loire... 

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