La visite de Trump, réel enjeu commercial pour la Belgique?

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La Belgique est l'un des pays européens qui importent le plus en provenance des États-Unis. En 2015, notre pays était le 4e plus gros importateur et 6e plus gros exportateur. Et c'est sans oublier les enjeux en termes de ventes d'armements, importants pour les deux pays.

Donald Trump est en visite officielle en Belgique. Celle-ci devrait être bouclée en moins de 30h. Au programme, entre autres, la rencontre avec Charles Michel ce mercredi et le sommet de l'Otan jeudi.

Quelques jours auparavant, Donald Trump entamait sa tournée de visites. Il a commencé fort en Arabie saoudite ce samedi, avec la signature de gros contrats, dont des ventes d'armements pour plus de 110 milliards de dollars. Dès lors, on peut se demander quels sont les enjeux de cette visite pour la Belgique.

Une balance commerciale en faveur des États-Unis

La part des importations en provenance des États-Unis vers la Belgique est plus importante que celle des exportations. La Belgique a donc plus à gagner de la visite de Donald Trump que l'inverse, tout en étant un partenaire commercial assez important au sein de l'Union européenne, de par l'importance des importations. En 2015, la Belgique était le 4e pays plus gros importateur de biens en provenance des États-Unis, derrière le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Pays-Bas (et 6e plus gros exportateur).

Concernant les échanges de marchandises, la part des produits chimiques (dont les médicaments et les vaccins) est largement majoritaire dans les exportations belges vers les États-Unis.

Dur en affaires

Le président américain, anciennement homme d'affaires, est tout de même connu pour sa rudesse en négociations. Ce qui ne devrait pas faciliter la tache de Charles Michel. Donald Trump veille d'ailleurs à promouvoir les exportations américaines au point qu'il a demandé à son administration de recenser les pays responsables du déficit commercial des Etats-Unis.

Plus largement, le protectionnisme affiché par Donald Trump crispe les Européens, qui s'inquiètent de sa remise en cause des règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Quant à l'accord de libre-échange négocié depuis 2013 entre Bruxelles et Washington, le TTIP, il reste au point mort. Pourtant, les États-Unis restent le principal partenaire commercial de l'UE, et ce depuis de nombreuses années.

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Les dossiers qui fâchent en suspens

Les maladresses de Donald Trump ces derniers mois ont suscité quelques tensions. Que ce soit par rapport à ses propos sur Bruxelles (qu'il avait qualifié de "trou à rats") après les attentats ayant secoué l'Europe en 2015-2016, à son avis sur l'Otan - jugé obsolète dans un premier temps avant de se raviser -, ou encore sur sa réjouissance à propos du Brexit.

Cependant, Charles Michel tente de faire bonne figure. Ce mardi, le Premier ministre a exprimé l'intention de son gouvernement de "stopper les économies" qui touchent à la Défense pour "renouer pour l'avenir avec une logique de croissance de dépenses" militaires. Des propos qui ne peuvent que rassurer les États-Unis, qui demandent à la Belgique de participer de manière plus importante aux dépenses militaires de l'Otan.

Le dossier du remplacement des F-16 belges reste d'ailleurs ouvert.

$ 94,6 millions
C'est le prix unitaire du F-35.

La Belgique, qui doit remplacer ses 54 F-16, a pour cela réservé plus de 3,573 milliards d'euros pour l'achat de nouveaux appareils.

Le président américain défendra donc certainement les intérêts de Lockheed Martin, le constructeur du F-35, candidat parmi les cinq options envisagées par le gouvernement.

Et pour ce qui est des exportations belges dans le domaine de l'armement, si on pense souvent à la FN Herstal, n'oublions pas que ce n'est pas moins de 75 entreprises qui sont actives dans le secteur. Reste à savoir comment Charles Michel tirera son épingle du jeu...

 

Le "Trump Tour" en quelques images

"Que votre premier voyage dans notre région puisse être une étape historique sur le chemin de la réconciliation et de la paix", lui a déclaré Benjamin Netanyahu, en disant "tendre la main à tous nos voisins, dont les Palestiniens". ©AFP
Sur le plan des symboles, le président américain est allé prier sur le mur des Lamentations, dans la vieille ville de Jérusalem conquise par Israël durant la guerre des Six-Jours, en 1967 - une première pour un président américain. ©AFP
Au mur des Lamentations, la femme et la fille de Donald Trump, Melania et Ivanka, qui est aussi sa conseillère à la Maison Blanche, se sont rendues dans la partie réservée aux femmes. ©REUTERS
Deuxième étape du Trump Tour, Israël et la Cisjordanie. Le couple présidentiel y est arrivé ce lundi. ©EPA
Le premier voyage de Donald Trump à l'étranger a débuté samedi par un accueil royal en Arabie saoudite et l'annonce de méga-contrats excédant 380 milliards de dollars, dont 110 pour des ventes d'armements à Ryad visant en particulier à contrer les "menaces iraniennes". ©Photo News
Sabre à la main, le président US a pu apprécier l'accueil royal qui lui a été réservé. ©Photo News
Quelques secondes après l'atterrissage d'AirForce One, le roi Salmane a serré la main à Donald Trump, ainsi qu'à son épouse qui était habillée sobrement, avec les cheveux au vent, contrairement aux Saoudiennes qui sont obligées de se couvrir la tête en public. ©Photo News
Fin de l'étape saoudienne. Le couple présidentiel prend la route d'Israël. ©REUTERS
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Le président américain Donald Trump a rencontré le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas dans la ville de Bethléem, en Cisjordanie, ce 23 mai 2017. ©REUTERS
Donald Trump signe le livre des invités à la résidence du président israélien Reuven Rivlin à Jérusalem. Les femmes des deux présidents, Melania et Nehama, se tiennent à leurs côtés au moment de la signature. ©AFP
Air Force One s'est posé mardi soir sur la piste de Ciampino Airport, à Rome. ©EPA
Le Président américain était attendu ce mercredi au Vatican. ©AFP
Après une poignée de main cordiale, Donald Trump grand sourire, le pape la mine beaucoup plus sérieuse, ont été longuement photographiés avant de s'assoir pour entamer à huis clos un tête-à-tête qui a duré une petite demi-heure dans la bibliothèque des appartements pontificaux. ©REUTERS
"Que lui donnez-vous à manger? Du potica?", a demandé le pape à la First Lady. Melania Trump a confirmé sans hésitation "potica!". Le pape a affirmé connaître ce dessert traditionnel slovène grâce au mari de sa nièce, un Argentin d'origine Slovène comme Melania. ©AFP
Le pape François a exhorté le Président américain à être un homme de paix. Il a attiré son attention sur le changement climatique. ©AFP
Donald Trump et son épouse Melania ont été accueillis sur le tarmac de Melsbroek par le Premier ministre Charles Michel et sa compagne, Amélie Derbaudrenghien. ©AFP
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De nombreux symboles étaient représentés tout au long de la marche, comme la statue de la liberté ou les bonnets de chat roses, pour faire écho au mouvement de la Women's march aux Etats-Unis, dont certains membres ont fait le déplacement à Bruxelles. ©AFP
Dans les rues de Bruxelles, des milliers de personnes ont crié leur opposition à Donald Trump à l'appel de la plateforme "Trump not welcome" et d'une septantaine d'associations, pour notamment dénoncer les politiques "discriminatoires et sexistes" du président américain. ©Photo News
Charles Michel a eu un entretien avec le président Trump "d'une petite heure" - et donc plus long que prévu dans le programme initial- dans une salle du Palais royal a été "sans tabou" "et sans langue diplomatique". ©Photo News
Le président américain Donald Trump a été reçu jeudi à Bruxelles par les présidents du Conseil et de la Commission européens, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker, pour sa première rencontre avec les dirigeants d'une UE qu'il a sévèrement critiquée. ©EPA
Il s'agit de la première rencontre entre le président américain et les principaux dirigeants de l'Union européenne. Elle doit durer "environ une heure", a estimé un responsable européen, affirmant qu'il n'y avait pas de programme défini des sujets qui seront abordés. ©EPA
Le président américain Donald Trump a accueilli son homologue français Emmanuel Macron à l'ambassade des Etats-Unis à Bruxelles. ©AFP
La première dame américaine Melania Trump a visité jeudi matin l'hôpital des enfants Reine Fabiola à Laeken. Elle a participé à un cours de bricolage dans l'école de l'hôpital. ©BELGA
Première rencontre entre Trump et Macron, à l'ambassade américaine à Bruxelles. Au menu, chargé, de la rencontre prévue pour durer plus d'une heure: la réunion de l'Otan et le sommet du G7e, les crises régionales (Syrie, Ukraine et Corée du Nord, entre autres), l'économie et l'accord de Paris. ©AFP
Autre volet important de la visite de Donald Trump à Bruxelles: la réunion à l'Otan. Il a répété avec virulence son intention de voir les autres membres accroître leur contribution au budget de l'organisation. ©AFP
Les conjoints de la délégation ont retrouvé la Reine Mathilde pour une visite des serres royales. C'est la première fois que le compagnon d'un chef d'État prend la pose avec les "premières dames". Gauthier Destenay (en haut à gauche) est marié au Premier ministre luxembourgeois. ©EPA
Après Bruxelles, le Président et son épouse se sont envolés pour la Sicile afin d'assister au Sommet du G7. ©AFP
La cité sicilienne de Taormine -où se tient le G7- a fait vivre un "enfer" au service de sécurité de Trump: sa voiture blindée, "The beast" est trop grande pour les rues de la ville. Les Américains ont bien demandé d'élargir les rues mais sans succès. Le maire s'est limité à rénover leur revêtement. ©AFP

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