La voie à suivre pour limiter le réchauffement à 1,5°C

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Le Giec présente son rapport sur un réchauffement de 1,5°C. Un moment clé sur la route vers la conférence de Katowice, qui doit initier le relèvement des ambitions climatiques nationales.

Trente ans après sa création, le groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec) a ouvert lundi "l’une des réunions les plus importantes de (son) histoire", selon l’économiste coréen Hoesung Lee, son président. Les délégués de 195 pays sont réunis dans la ville coréenne d’Incheon pour une session de cinq jours au cours de laquelle ils doivent approuver le document qui servira de boussole aux prochaines négociations sur le climat.

Trois ans après l’Accord de Paris, qui prévoit de maintenir le réchauffement global "bien en deçà de 2°C" et de "poursuivre les efforts pour limiter la hausse à 1,5°C", le Giec documente pour la première fois la seconde partie de l’énoncé. Il détaille dans un rapport de 400 pages, qui repose sur quelque 6.000 études scientifiques, les conséquences d’un réchauffement de 1,5°C par rapport au début de l’ère industrielle (c’est-à-dire d’un demi-degré par rapport à aujourd’hui). Et indique la voie à suivre si l’on veut plafonner le réchauffement à ce niveau. Ce rapport spécial a mobilisé 91 auteurs et éditeurs issus de 40 pays – des climatologues mais aussi des experts du développement et économistes. D’ici à vendredi, les délégués des États discutent ligne par ligne du résumé de quinze pages à l’attention des décideurs qui sera rendu public lundi prochain.

Nette différence avec 2°C

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Limiter le réchauffement à 1,5°C nécessiterait d’atteindre la neutralité carbone (zéro émissions nettes) pour 2050, selon le projet de rapport.

"Regarder 1,5°C, c’est regarder ce qui va nous arriver, dans notre vie, pas à la génération suivante", a commenté Valérie Masson-Delmotte, coprésidente de la session de cette semaine, à l’Agence France Presse (AFP). Le rapport devrait décrire une nette différence d’impact entre 1,5°C et 2°C – "C’est important car cela clarifie la question: oui, ça fait une grosse différence", a indiqué de son côté la négociatrice en chef de l’Accord de Paris, Laurence Tubiana. Selon l’AFP, le projet de texte affirme que stabiliser la température à 1,5°C exige d’atteindre la neutralité carbone (zéro émissions nettes) au milieu du siècle. Il s’agirait d’intensifier drastiquement l’effort de réduction des émissions CO2, notamment par le changement des modes de vies et des habitudes alimentaires, mais aussi par le développement de technologies (controversées) de captage et stockage de gaz à effet de serre.

Le rapport 1,5°C sera le principal apport scientifique à la conférence de Katowice, en Pologne, qui réunira en décembre les pays partis à la convention de l’ONU sur les changements climatiques. Ces derniers doivent y amorcer un processus de révision à la hausse de leurs engagements. Les contributions annoncées jusqu’à présent mèneraient à un réchauffement d’au moins 3°C.

La publication du Giec interviendra la veille de la réunion au cours de laquelle les ministres européens de l’Environnement doivent fixer leur position en vue de Katowice. Le relèvement de l’objectif européen d’une baisse des émissions de 40% pour 2030, fixé en 1996, est à l’ordre du jour, alors que la Commission européenne plaide pour faire passer l’objectif à 45% – ce qui ne serait que la traduction du relèvement des objectifs européens d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables.

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