La voiture d'aujourd'hui aura-t-elle encore sa place en 2028?

La rue de la Loi à Bruxelles lors de la journée sans voiture. ©BELGA

Greenpeace, s'appuyant sur un rapport jugeant de l'impact des automobiles sur l'environnement, s'attaque aux constructeurs automobiles. Si dans dix ans plus aucun véhicule à moteur diesel et essence n'était vendu en Europe, nous aurions, selon l'ONG environnementale, 60% de chances de contenir le réchauffement climatique sous 1,5°C. En attendant, la réglementation contre les véhicules polluants avance.

Comment contenir le réchauffement climatique en deçà de 1,5 °C? En apprenant à se passer de sa voiture personnelle... C'est le constat que fait Greenpeace. L'ONG de défense de l'environnement s'appuie sur un rapport du DLR, le centre allemand pour l'aéronautique et l'astronautique.

13 à 15
%
Les voitures des particuliers diffusent 13 à 15% du total des émissions de CO2 sur le territoire de "l'UE 28+2".

Selon le centre d'études allemand, l'interdiction de vente de véhicules dépendant des énergies fossiles (diesel et essence, ce qui comprend aussi les véhicules hybrides) est la moindre des résolutions à adopter pour avoir au moins 50 à 60% de chances de remplir les objectifs de l'Accord de Paris sur le climat.

L'ONG a choisi de redresser la limite fixée par l'Accord de Paris, considérant qu'un réchauffement à 1,5°C est une limite "considérablement plus sûre contre les pires impacts du changement climatique".

Les transports de tous les jours seront déterminants dans la lutte contre le réchauffement climatique car les véhicules privés génèrent 13 à 15% du total des émissions de CO² sur le territoire européen. Celles-ci représentent plus de la moitié de la pollution émise par le secteur des transports. 

L'accord de Paris

 

• Conclu fin 2015 dans la capitale française par plus de 190 pays sous l'égide de l'ONUIl vise à contenir le réchauffement sous le seuil de 2°C par rapport au niveau pré-industriel.

L'objectif des Etats-Unis, fixé par l'administration Obama, est une réduction de 26% à 28% de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2025 par rapport à 2005.

• Entré en vigueur le 4 novembre 2016, après sa ratification par au moins 55 pays comptant plus de 55% des émissions de gaz à effet de serre de la planète. Le 1er juin 2017, Donald Trump annonce que son pays, 2e émetteur mondial de gaz à effet de serre, se retire de l'accord de Paris, car "trop coûteux pour les États-Unis".

Horizon 2028

Le rapport du DLR montre que la dernière voiture équipée d’un moteur à combustion interne (essence ou diesel, et même hybride) devrait être vendue au plus tard en 2028 pour que les pays du Vieux Continent puissent respecter les objectifs fixés par l'Accord de Paris. Une exigence nécessaire pour voir disparaître des routes européennes les voitures polluantes en 2040. 

Cette résolution pourrait améliorer le quotidien des européens. "La disparition de toutes ces voitures à moteur à combustion ne profitera pas seulement au climat, elle contribuera également à améliorer la qualité de vie dans les villes et au-delà", a expliqué Joeri Thijs, expert en mobilité et en qualité de l'air chez Greenpeace.

"Ecologiser" le secteur industriel

Greenpeace s'attaque maintenant aux constructeurs automobiles. Elle leur demande de repenser la production de leurs produits. Selon l'ONG, les nouvelles voitures devraient être "plus petites, plus légères et partagées dans la mesure du possible".

La fin de vie des voitures devrait aussi être repensée, car elles devraient "être conçues en tenant compte des possibilité de recyclage et de réutilisation". Un objectif "ambitieux", mais nécessaire, pour espérer contenir le réchauffement climatique.

La Febiac, la fédération belge du secteur automobile a répondu à Greenpeace et a plaidé pour sa cause. Le secteur automobile cherche, autant qu'il peut, à remplacer les énergies fossiles. Notamment, en finançant de nouveaux moteurs électriques. La question, selon Joost Kaesemans, le porte-parole de la Febia serait de savoir si l'on pourrait "faire rouler 7 à 8 millions de voitures électriques". Et à quel prix ? Car la voiture électrique reste hors d'atteinte pour les petits budgets. 

Selon la Febiac, il ne faudrait pas mettre tous les moteurs à combustion à la poubelle. Il y aurait "un potentiel encore inexploré" du côté du biodiesel, de l'hydrogène et des combustibles synthétiques. 

"Verdir" nos routes avec la fiscalité

Chez nous, le levier fiscal pourrait inciter les automobilistes à remplacer leurs véhicules par des voitures moins polluantes. La fiscalité wallonne, dans les pas de la Flandre et de Bruxelles, s'apprête ainsi à vivre sa révolution verte. À la demande du gouvernement wallon, l'ULB et l'ULg ont avancé trois pistes pour pénaliser les véhicules les plus polluants et pousser à l'achat de voitures "propres".

De nouvelles restrictions à Bruxelles

A Bruxelles, le gouvernement régional a décidé de se débarrasser de ses véhicules les plus polluants en instaurant une zone de basse émission. Les voitures de norme Euro 0 et Euro 1 (voir encadré ci-dessous) seront contraintes de rester en dehors de la capitale dès le 1er janvier 2019. À terme, la plupart des véhicules seront concernés par cette restriction, à commencer par les moteurs diesel. 

©Mediafin

› Pour tout savoir sur le sujet: Faut-il se précipiter pour revendre sa voiture?

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