Publicité

Le baril de pétrole est voué à repasser le cap des 100 USD

Non, les cours pétroliers, qui évoluent depuis plus d’un an dans un couloir compris entre 60 et 90 USD, ne tourneront pas de si tôt le dos à la volatilité.

Fatih Birol, chef économiste de l’AIE, est convaincu que les prix pétroliers, qui sont fortement influencés par l’attitude des marchés boursiers et du dollar, continueront, à court terme, à afficher un comportement erratique. Sous l’effet d’un billet vert en perte de vitesse et des Bourses américaines mieux orientées, en raison de la politique monétaire excessivement laxiste de la Réserve fédérale US, le baril de pétrole de référence aux USA (le WTI) vient de repasser au-dessus des 87 USD, son sommet du mois d’avril. Il était encore à 68 USD le 20 mai dernier.

Sous influence financière

L’or noir est coutumier de ces mouvements de va-et-vient.

On en recense grosso modo quatre, d’amplitude quasi comparable, en douze mois. Ce qui témoigne du fait que le marché, qui est suffisamment approvisionné, est désormais davantage influencé par des facteurs financiers (le S & P 500 et le dollar) que par les fondamentaux.

Comme le souligne Adam Sieminski, analyste Deutsche Bank, "si l’on recourt à une régression linéaire sur base des cours journaliers du S & P 500 et du dollar depuis début septembre, le niveau actuel du benchmark US (1.220 points) et de sa monnaie (1,40 USD face à l’euro), on obtient un baril WTI de 86 USD", soit virtuellement son niveau actuel. À chaque fois que le S & P 500 grignote 35 points et que le dollar abandonne 0,025 USD face à l’euro, le WTI tend à s’apprécier de 1 USD.

Mais, poursuit Adam Sieminski, rien ne dit que, compte tenu de la nature équilibrée de l’équation offre/demande de brut, le mini-rally pétrolier ne se dégonflera pas à nouveau. À moins que ne disparaisse complètement le "contango" en vigueur sur le marché: les contrats à 12 mois sur le WTI sont actuellement 4 USD plus chers que ceux à 1 mois (il y a un an, l’écart entre le deux était deux fois plus important).

Un baril à plus de 200 USD?

À plus long terme, cette volatilité ne devrait toutefois pas remettre en question le pronostic de l’AIE qui table sur une progression inexorable des cours pétroliers, "ces derniers influençant de moins en moins l’offre et la demande. La concentration croissante de la consommation de pétrole dans le secteur des transports et le fait que la demande se réoriente vers les marchés subventionnés limitent l’effet dissuasif que les prix plus élevés pourraient exercer sur la demande en favorisant l’adoption de carburants alternatifs. En outre, en raison des contraintes pesant sur l’investissement, la production n’augmente que faiblement lorsque les prix sont plus élevés."

Concrètement, cela signifie que les prix pétroliers sont voués à repasser au-dessus de la barre des 100 USD (en 2008, ils avaient atteint des niveaux records de près de 150 USD). Si l’on reprend la formule d’Adam Sieminski, "le cap des 100 USD pourrait être atteint si le S & P 500 grimpait jusqu’à 1.400 points et si l’euro s’appréciait jusqu’à 1,65 USD".

Selon Fatih Birol, il ne fait pas de doute que le baril de pétrole "dépassera les 200 USD d’ici 2035", sous l’influence de la demande croissante des pays émergents. l’AIE s’attend, dans son scénario "nouvelles politiques" (lire plus haut) à ce que la demande de pétrole grimpe à 99 millions de barils par jour en 2035, soit 15 Mb/j de plus qu’en 2009. Une hausse dont presque la moitié serait imputable à la Chine. Quant à la production, essentiellement assurée par l’Arabie Saoudite et l’Irak et qui se rapproche inexorablement de son pic, elle devrait à terme s’élever à 96 Mb/j. Le renchérissement des prix pétroliers devrait contribuer à augmenter de 2,3 à 9,5 Mb/j l’offre de pétrole non conventionnels (sables bitumeux, etc.).

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés