Le bout du tunnel pour tous les mineurs chiliens

Florencio Avalos, le premier mineur libéré, dans les bras du président chilien Sebatian Pinera.

Les 33 mineurs bloqués sous terre depuis plus de deux mois au Chili ont retrouvé l'air libre mercredi soir au terme d'un sauvetage historique, émouvant, et maîtrisé à la perfection, qui a fasciné le monde entier. Le dernier hissé à la surface à 21H55 (00H55 GMT) a été Luis Urzua, le "capitaine" du groupe en tant que chef de quart, après 69 jours sous terre.

Les secours ont battu tous les pronostics des autorités, remontant les "33" en moins de 22 heures à bord d'une capsule aux couleurs blanc, bleu, rouge du drapeau chilien et baptisée Phénix en référence à la "renaissance" des mineurs.
Les six secouristes qui les ont préparés sont ensuite remontés après avoir brandi un panneau "Mission accomplie", laissant derrière eux la galerie de mine vide, mais lumières des projecteurs allumées...
L'opération "San Lorenzo" (d'après le saint-patron des mineurs), pour retrouver et sortir de la mine les "33", a coûté "entre 10 et 20 millions de dollars" (7 à 14 millions d'euros), selon le président Pinera.
Avec une prière à genoux, un poing rageur brandi, un cri ou une blague, les mineurs ont salué différemment leur délivrance.
Mais tous, comme le premier secouru Florencio Avalos, 31 ans, ont longuement enlacé épouse, compagne, enfants.
"J'étais très angoissée, mais maintenant je suis heureuse", a raconté Rossana Gomez, fille du doyen des "33", Mario Gomez, 63 ans.
"J'ai changé, je suis un homme différent", a-t-il lancé en sortant, visiblement en forme, même si les docteurs l'ont trouvé "un peu faible".
L'état de santé général des mineurs est "plus que satisfaisant", a affirmé le ministre de la Santé Jaime Manalich depuis l'hôpital de Copiapo où les mineurs ont été admis, à 50 km de la mine.
Les seules complications concernent deux mineurs non identifiés qui seront opérés jeudi pour "des foyers d'infections dentaires assez sévères" et un cas de pneumonie déjà traité depuis quelques jours, a-t-il ajouté.
Le président bolivien Evo Morales, venu saluer son compatriote Carlos Mamani, seul étranger des "33", s'est demandé "comment payer notre dette pour ces efforts" déployés par le Chili.
Le président américain Barack Obama, le chef de l'Etat brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, le gouvernement français et beaucoup d'autres, dont le pape Benoît XVI ou l'ex-footballeur Diego Maradona, ont salué ce sauvetage.
"Ce fut une nuit émouvante (...) nous étions tous des secouristes chiliens et des proches", a déclaré le champion du monde 1986, ex-sélectionneur de l'équipe d'Argentine.
Charles Bolden, directeur de la Nasa, l'agence spatiale américaine, a estimé que ses quatre experts venus au Chili fin août pour conseiller l'équipe de sauvetage s'étaient montrés "capables d'utiliser ici sur Terre l'expérience des vols spatiaux quand on en a eu le plus besoin".
Le "33" le plus loquace, Mario Sepulveda, 39 ans, s'est confié dans un bref monologue diffusé sur la télévision publique chilienne.
"J'ai été avec Dieu, et avec le Diable. Je me suis bagarré avec eux", a raconté "Super Mario", les yeux protégés par des lunettes spéciales après plus de deux mois de pénombre, aux côtés de sa femme Katty et de ses deux enfants.
Aux abords de la mine, la cohue médiatique a dégénéré en pugilat au moment de la sortie du premier mineur.
Plus de 2.000 journalistes ont accouru pour le "happy end" de cette saga souterraine sans précédent qui a fait la une des médias du monde entier.
En deux mois, les "33" sont devenus des vedettes planétaires. Dernier exemple en date: Edison Pena, fan d'Elvis Presley, a été invité avec un être cher à Graceland, l'ancienne résidence du "King" transformée en musée à la gloire du rocker américain à Memphis (Etats-Unis).
Ils seront aussi reçus comme des héros à Copiapo. Mercredi soir, des milliers de personnes ont bruyamment fêté leur retour à la surface sur la place principale de cette ville-dortoir de 150.000 habitants.

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