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Le climat, aussi, attaque nos libertés

Rédacteur en chef adjoint

Après la crise sanitaire, les perspectives de lutte contre le changement climatique exigent aussi que nous fassions un effort au niveau individuel. Ce qui relancera à nouveau le débat sur nos libertés individuelles.

Vous avez été bousculé par la crise sanitaire? Attendez de voir ce qui vous attend si nous voulons atteindre les échéances environnementales que nous nous sommes fixées. Petit rappel du défi: une neutralité carbone d’ici 2050. Écrire ces quelques mots n’a pas demandé beaucoup d’effort à la Commission européenne le mois dernier, ni au gouvernement De Croo qui les a inscrits noir sur blanc dans son accord. Dans les faits, hélas, ce sera plus compliqué. Car pour y arriver, outre les énormes efforts demandés à l’industrie, l’agriculture, etc., il faudra aussi imposer de nouvelles règles aux citoyens, prévient l’Agence internationale de l’énergie qui esquisse pour la première fois un scénario de neutralité carbone avec, à la clé, quelques pistes à lancer dans les dix ans.

Se chauffer, voyager, se déplacer, travailler… Si nous voulons un horizon décarboné en 2050, plus rien ne pourra être comme avant.

Et ces pistes pénètrent droit dans notre quotidien. Se chauffer, voyager, se déplacer, travailler… Si nous voulons un horizon décarboné en 2050, plus rien ne pourra être comme avant. Prenez les déplacements. Voici un cocktail de restrictions que nous propose l’AIE: élimination des vols en dessous de moins d’une heure, interdiction de prendre la voiture pour un déplacement de moins de 3 kilomètres, réduction de la vitesse sur les routes de 7 kilomètres à l’heure. Le chauffage? Il faut le diminuer. La température de votre lessive également. D’ailleurs, fini les séchoirs électriques. Ah oui, le télétravail, ici aussi: confirmé!

Est-ce nécessaire? Oui, nous détaille le rapport. Ces mesures permettraient de réduire de 20% notre contribution aux gaz à effets de serre rien que pour les transports. Sans ces efforts, on loupe l’objectif. Et encore, l’exercice de l’Agence internationale de l’énergie n’arrive qu’à mi-chemin, estiment certaines ONG qui, pour le coup, ressemblent à certains de nos plus extrêmes épidémiologistes. Sauf qu’ici, les restrictions ne dureront pas plusieurs mois, mais plusieurs années, voire toute notre vie.

Alors on y va ? Comme aujourd’hui, la population pourra courber l’échine. Ou pas. Mais nous sommes prévenus : sans changement de nos comportements, nous risquons des catastrophes climatiques en cascade. Ce qui suggère un autre frein, bien plus mortel celui-là, à nos libertés individuelles.

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