Le climat pour clôturer le sommet du G7

Dimanche, les dirigeants du G7 se sont engagés à accroître les contributions de leurs pays en vue de l'objectif de financer à hauteur de 100 milliards de dollars par an, d'ici à 2025, les politiques climatiques des pays pauvres. ©Photo News

Face à l'urgence climatique, les dirigeants des grandes puissances du G7 ont décliné leur plan d'action dimanche, au dernier jour de leur sommet en Angleterre qui a marqué une nouvelle dynamique en faveur du multilatéralisme occidental, États-Unis en tête.

Au lendemain de l'annonce d'initiatives communes pour répondre aux grands défis mondiaux, comme la riposte à l'influence internationale croissante de la Chine et la prévention des pandémies, les pays industrialisés se sont attelé à l'urgence climatique lors de leur rencontre à Carbis Bay (sud-ouest de l'Angleterre), la première en presque deux ans.

Le temps presse, a prévenu le naturaliste star britannique David Attenborough, 95 ans. "Les décisions que nous prenons durant cette décennie - en particulier les décisions des nations les plus avancées économiquement - sont parmi les plus importantes de l'histoire humaine". L'enjeu est de taille pour le Royaume-Uni, qui souhaite jeter les bases d'un consensus quelques mois avant la grande conférence de l'ONU sur le climat (COP26) qu'il accueillera en novembre à Glasgow.

Gaz à effet de serre et charbon dans le viseur

Le but est de limiter l'augmentation des températures en dessous de 1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle, seuil au-delà duquel les scientifiques estiment que le changement climatique deviendra incontrôlable. Pour y parvenir, les dirigeants du G7 se prononcent pour une réduction d'environ de moitié de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030, un objectif que certains pays entendent dépasser.

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Milliards de dollars
Les dirigeants prévoient de signer un chèque allant jusqu'à 2 milliards de dollars pour accompagner la transition verte dans des pays défavorisés.

Le charbon est dans leur viseur, surtout les centrales alimentées par cette énergie fossile, la plus polluante - sauf si des mesures de compensation environnementale sont en place, comme le captage de CO2. Les aides publiques seront arrêtées dès cette année. Dans ce cadre, les dirigeants prévoient de signer un chèque allant jusqu'à 2 milliards de dollars pour accompagner la transition verte dans des pays défavorisés.

"Il y a une relation directe entre la réduction des émissions, la restauration de la nature, la création d'emplois et la garantie d'une croissance économique à long terme", a déclaré le Premier ministre britannique Boris Johnson.

Refermer la page Trump

Depuis le début du sommet vendredi, les dirigeants ont voulu offrir l'image d'un front uni sur les grands dossiers.

Au gré de sessions de travail et des apartés, le président américain Joe Biden s'est efforcé de rallier ses alliés face à Moscou et Pékin, un objectif majeur de sa tournée européenne qui doit marquer le "retour" des Etats-Unis sur la scène internationale après l'ère Trump. Son arrivée au pouvoir a apporté "un nouvel élan" aux travaux du G7, s'est félicitée la chancelière allemande sur le départ, Angela Merkel, qui entretenait des relations très difficiles avec son prédécesseur.

Mais ce n'est pas du goût de Pékin, qui a dénoncé des décisions prises par "une petite clique de pays". Cette image de bonne entente a toutefois été écornée par les dissensions, exposées au grand jour, entre Européens et Britanniques sur le Brexit et le dossier épineux de l'Irlande du Nord.

L'élection de Joe Biden apporte "un nouvel élan" aux travaux du G7.
Angela Merkel
Chancelière allemande

Le G7 s'engage à accroître ses contributions en vue de l'objectif des pays développés de financer à hauteur de 100 milliards de dollars par an d'ici à 2025 les politiques climatiques des pays pauvres.

Des limitants pas convaincus

Pour les militants écologistes, ces annonces sont trop molles ou trop floues: ils veulent plus d'actes et moins de mots. Greenpeace dénonce de "vieilles promesses" réchauffées et Extinction Rebellion a qualifié le sommet de "flop".

Sur le front de la pandémie, après la promesse de partager un milliard de doses de vaccins anti-Covid aux pays pauvres, à la traîne dans leurs campagnes d'immunisation, le G7 a adopté un plan de bataille afin de prévenir de futures pandémies.

C'est insuffisant, a taclé l'ex-Premier ministre britannique Gordon Brown sur Sky News: "Des millions de gens ne seront pas vaccinés et des millions vont mourir".

Le G7 a également demandé une enquête plus approfondie de l'OMS sur l'origine du coronavirus en Chine.

Russie et Chine pointées du doigt

Le G7 a également demandé une enquête plus approfondie de l'OMS sur l'origine du coronavirus en Chine. Cette dernière s'est retrouvée particulièrement visée au fil du sommet, avec la Russie.

Dans son communiqué final, le G7 a appelé Pékin à "respecter les droits humains" dans le Xinjiang, où vit la minorité ouïghoure, et à Hong Kong. Il a exhorté la Russie à cesser "ses activités déstabilisatrices" par son soutien notamment aux cyberattaques.

Pour contrer les "Nouvelles routes de la soie" chinoises, le G7 a lancé un vaste plan d'infrastructures dans le climat, la santé, le numérique et la lutte contre les inégalités afin d'aider les pays pauvres à se relever de la pandémie. Il sera "beaucoup plus équitable" que le chinois, a assuré M. Biden, tout en assurant qu'il ne cherchait pas le "conflit", Pékin n'appréciant guère ces annonces. Le président français Emmanuel Macron a aussi assuré que le G7 n'était "pas un club hostile à la Chine".

Enfin, le G7 appelle Moscou à "cesser ses activités déstabilisatrices", y compris les interférences, de respecter les droits humains et de "demander des comptes" aux responsables de cyberattaques depuis son sol.

Dans l'après-midi, Joe Biden prendra le thé avec la reine Elizabeth II au château de Windsor, avant le sommet de l'Otan à Bruxelles puis une rencontre très scrutée avec le président russe Vladimir Poutine mercredi à Genève.

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