Le FMI attise les craintes d'une reprise sans vigueur

Le FMI, dans ses nouvelles prévisions économiques, estime que la reprise mondiale ne sera ni forte ni équilibrée, et surtout, pas durable.

A la veille de son assemblée annuelle qui débute ce jeudi à Washington, le Fonds monétaire international (FMI) ne manifeste guère d’enthousiasme. Dans son rapport d’automne sur les perspectives économiques mondiales présenté hier, le Fonds martelle que la reprise mondiale sera modérée, en raison des difficultés budgétaires de nombreux pays. "On n’a pas encore mis en place des politiques fermes qui favorisent le rééquilibrage interne de la demande des sources publiques vers les sources privées, et le rééquilibrage externe des pays en déficit vers les pays en excédent" regrette Olivier Blanchard, économiste en chef de l’institution. Le FMI prévoit désormais une hausse de 4,8% de l’activité économique globale cette année, soit 0,2 point de plus que dans ses prévisions de juillet. Mais pour 2011, elle anticipe une croissance de 4,2% du Produit intérieur brut (PIB), contre 4,3% il y a trois mois. Pire, cette reprise présente toujours de graves défauts: elle est étroitement dépendante du soutien des Etats dans les pays développés, et n’a permis de résorber ni l’important déficit commercial des Etats-Unis, ni les excédents des pays asiatiques. "Le résultat est une reprise qui n’est ni forte ni équilibrée, et qui court le risque de ne pas être durable".

Rééquilibrage budgétaire

La première économie mondiale, les Etats-Unis, a subi la plus forte révision en baisse des prévisions (-0,6 point de pourcentage). Mais à 2,3% en 2011, sa croissance resterait plus vigoureuse que celle de la zone euro (1,5%), y compris l’Allemagne (2,0%) ou que celle du Japon (1,5%). Pour la Belgique, le Fonds Monétaire International (FMI) table sur une croissance en 2010 de 1,6% et de 1,7% en 2011, est en ligne avec les pronostics de Bureau du Plan. Et parmi les grandes économies émergentes, la Chine resterait championne du monde de la croissance (9,6%) en 2011, talonnée par l’Inde (8,4%).

Le ralentissement de l’économie mondiale au second semestre 2010 doit beaucoup à la crise budgétaire traversée par la zone euro au printemps, du fait de l’endettement important de certains Etats, la Grèce en tête. "Etablir une dette publique soutenable reste une priorité pour de nombreuses économies européennes", souligne le FMI. Pour le Fonds, les plans de rigueur budgétaire menés actuellement en Europe "vont dans la bonne direction", malgré l’effet négatif qu’ils peuvent avoir sur la consommation des ménages, freinée par un chômage élevé. "Un rééquilibrage budgétaire, — relèvements des impôts et baisses des dépenses - affaiblit généralement l’activité économique à court terme" admet le FMI. Dans les deux ans qui suivent une réduction du déficit budgétaire de 1% du PIB, la demande intérieure - consommation et investissement - diminue d’environ 1%, et le taux de chômage augmente d’environ un tiers de point. Puisque les exportations nettes - exportations moins importations - ont tendance à progresser quand on réduit le déficit budgétaire, l’effet global sur le PIB est une baisse d’un demi-pour-cent.

Pour autant, le FMI ne lâche pas la pression et en appelle à de nouvelles "réformes ambitieuses", comme par exemple le relèvement de l’âge de la retraite.

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