analyse

Le G7 s'apprête à tourner le dos aux années Trump

Le président américain Joe Biden et la première dame Jill Biden avant de s'envoler pour le sommet du G7 au Royaume-Uni. ©REUTERS

Le prochain sommet du G7 au Royaume-Uni sera la première étape de la visite de Joe Biden en Europe. Un changement de ton est attendu, après le tumulte des années Trump, même si des divergences demeurent.

La pandémie, la fiscalité, le climat et la Chine seront les priorités du sommet du G7, qui aura lieu du 11 au 13 juin à la station balnéaire de Carbis Bay, dans les Cornouailles. Les dirigeants des 7 grandes puissances industrialisées (Royaume-Uni, France, Italie, Canada, Japon, Allemagne et États-Unis) ne se sont plus réunis depuis le sommet de Biarritz en 2019. Depuis lors, la crise sanitaire, causant 3,7 millions de morts dans le monde, a bouleversé la planète et rebattu les cartes.

"L'atmosphère est positive. L'ambiance est totalement différente, cela se confirme."
Un diplomate européen

Ce sera le premier G7 du président des États-Unis Joe Biden, et la première étape de sa visite d'une semaine en Europe dédiée à la relance des relations transatlantiques après les invectives des années Trump. Il s'envolera dimanche pour Bruxelles, pour assister à deux sommets, avec ses alliés de l'Otan le 14 juin et ses partenaires de l'UE le lendemain. Mercredi, il rencontrera le président russe Vladimir Poutine à Genève.

Ce G7 sera aussi une première pour les présidents du Conseil européen, Charles Michel, et de la Commission, Ursula von der Leyen.

En coulisses, les sherpas des dirigeants, déjà installés à Carbis Bay, œuvrent à la déclaration finale du G7. Le changement, depuis le départ de Trump, est palpable. "L'atmosphère est positive. L'ambiance est totalement différente", résume un diplomate européen. Même s'il reste des divergences, en particulier sur les vaccins contre le Covid-19.

Partager les vaccins

Le partage des vaccins sera au cœur des discussions. Alors que la vaccination avance aux États-Unis et en Europe, elle piétine ailleurs dans le monde, laissant les populations les plus pauvres à la merci du virus et empêchant d'atteindre l'immunité collective.

Joe Biden propose de lever les brevets sur les vaccins pour permettre une plus grande production. Des pays émergents, comme l'Inde et l'Afrique du Sud, se disent prêts à en produire. Mais le président américain n'a toujours pas déposé sa proposition à l'OMC où cette mesure doit être discutée.

1,3
milliard de doses
L'initiative Covax vise à distribuer 1,3 milliard de doses dans les pays les plus pauvres. L'UE consacre dans ce cadre 1 milliard d'euros au renforcement des capacités de production en Afrique.

L'UE, opposée à une levée des brevets pour défendre son industrie, mise sur une hausse des exportations et de la production dans les pays pauvres. "Les dirigeants discuteront du montant, du nombre de doses et de la manière de lever les goulots d'étranglement", précise le diplomate. L'UE participe à l'initiative Covax, qui vise à distribuer 1,3 milliard de doses dans les pays les plus pauvres. Elle consacrera 1 milliard d'euros au renforcement des capacités de production en Afrique.

Le rival chinois

Les relations avec Pékin seront aussi discutées. La Chine est devenue à la fois un partenaire commercial de l'Occident et un rival systémique, entre autres sur la question des droits humains bafoués dans l'Empire du Milieu. La deuxième puissance économique mondiale, qui pourrait devenir numéro un d'ici 2030, ne participe pas au G7, mais bien au G20, qui a gagné en influence ces dernières années.

"Le G7 attend de la transparence de la Chine."
Un diplomate européen

Les dirigeants soulèveront la question de l'enquête internationale de l'OMS sur le rôle de la Chine dans l'origine de la pandémie. "Le G7 attend de la transparence de la Chine", insiste le diplomate.

Fiscalité

Les dirigeants devraient confirmer l'accord intervenu le week-end dernier entre les ministres des Finances du G7 sur l'objectif d'un taux d'impôt minimal mondial sur les sociétés d'au moins 15%.

Cet engagement, qualifié "d'historique", suscite toutefois des discussions. Le Royaume-Uni souhaite exempter les entreprises financières de la City. "On s'attend à ce que toutes les sociétés contribuent de manière équitable", souligne une source européenne.

Le résumé

  • Le sommet du G7 au Royaume-Uni sera consacré à la crise sanitaire, la fiscalité des entreprises, la Chine et climat.
  • C'est le premier G7 du président des États-Unis Joe Biden, en visite en Europe pour relancer les relations transatlantiques et le multilatéralisme près le "fiasco" des années Trump.
  • Des points de divergences seront sur la table, à commencer par le partage des vaccins, les États-Unis prônant une levée des brevets vaccinaux et l'UE s'y opposant.
  • L'accord récent entre les ministres des Finances sur une taxe minimale de 15% sur les revenus des entreprises sera également discuté.

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