Le lourd impact des incendies sur l'économie australienne

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Les feux qui ravagent le pays depuis des mois vont laisser des traces sur l'économie australienne, en particulier pour les secteurs du tourisme et de l'agriculture.

En 2019, Sydney aura connu 81 jours où la qualité de l'air a été mauvaise. C'est autant qu'au cours des dix dernières années... Ce bilan catastrophique, c'est bien sûr le résultat des terribles incendies qui ravagent l'Australie depuis des mois. Sydney n'a pas été confrontée aux flammes mais a, à de nombreuses reprises, été enveloppée dans des fumées toxiques, réduisant la visibilité à néant.

Le tourisme en a pris un coup

Combiné aux images d'incendies incontrôlables, de forêts calcinées, de vacanciers terrifiés et contraints de se réfugier sur les plages, l'image de l'Australie, en tant que destination touristique a été considérablement dégradée, autant, voire même plus, que la France, après la vague d'attentats de 2015.

2,8
milliards
C'est le coût estimé des incendies pour l'industrie du tourisme australienne.

C'est ce que confirment les premiers chiffres dévoilés par l'Australian Tourism Export Council, qui estime que pour cette seule année financière (qui se termine en juin), les pertes seront d'au moins 2,8 milliards d'euros.

Au niveau global, les réservations de séjours en Australie sont en recul de 10 à 20%. Celles venant d'Europe et des États-Unis sont en chute libre, à -40%. Le constat est similaire auprès des touristes chinois, le premier contingent de visiteurs étrangers en Australie (1,4 million en 2018) et celui qui dépense le plus "Down Under" (27% des recettes touristiques internationales). C'est ce que constate Rex Zhai, directeur général de l'agence de voyages New World Holidays, qui se spécialise sur ce marché.

On devrait être au pic de la saison haute, et pourtant c'est très calme en ce moment.

"Ce qui attire le plus les Chinois en Australie, c'est l'air pur et la qualité de son environnement. Évidemment, avec les feux de brousse, cette image positive a été réduite en fumée", déplore-t-il. "On devrait être au pic de la saison haute, et pourtant c'est très calme en ce moment. Énormément de clients ont annulé leur séjour à la dernière minute. Et pour les semaines à venir, les réservations sur notre site sont en baisse de 30%".

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Pour aider les entreprises du secteur, le gouvernement vient de lancer un vaste plan de communication, destiné à faire revenir les touristes étrangers mais aussi à inciter les Australiens, qui représentent 75% du marché touristique, à ne pas partir en vacances à l'étranger. Un message qui peut faire sourire, alors que le Premier ministre Scott Morrison, était lui parti à Hawaii pour passer les fêtes de fin d'année en famille...

Le secteur agricole parti en fumée

Le secteur agricole, si on ne connaît pas encore précisément l'étendue des dégâts, a aussi gravement souffert, et il lui faudra des années pour s'en remettre. À titre, d'exemple, 90% des arbres de la Kangaroo Island Plantations, la seule compagnie forestière cotée en bourse, sont partis en fumée. C'est également le cas de dizaines d'hectares de vignes en Australie méridionale, où 10% de tout le bétail a également été décimé par les feux.

Les chiffres sont tout aussi impressionnants en Nouvelle-Galles-du-Sud, où le gouvernement local estime qu'au moins 100.000 animaux d'élevage ont été tués, et des dizaines de fermes ont été réduites en fumée. On s'attend d'ailleurs à une hausse significative du prix des fruits et des légumes au cours des prochains mois.

Même le secteur minier, pourtant considéré comme partiellement responsable de cette crise, est affecté. BHP a ainsi annoncé que sa production de charbon thermique, en Nouvelle-Galles-du-Sud, avait chuté de 11% au mois de décembre, en raison des fumées toxiques dégagées par les incendies..

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