Le massacre d'Orlando utilisé à tort et à travers

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Si les signes de solidarité ont éclos partout dans le monde, la tuerie a aussi été politiquement récupérée, notamment par les pro-Brexit et par Donald Trump.

Les réactions se poursuivent après le massacre d'Orlando qui a fait 49 morts et 53 blessés dans une boîte gay.

"Pour éviter les tueries, votez pour le Brexit!"

Ainsi la campagne Leave.EU, qui défend un sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, est accusée de vouloir exploiter le carnage de manière "indigne".

Leave.EU a posté un tweet illustré d'une image mettant en scène des combattants du groupe Etat islamique avec le slogan suivant: "L'extrémisme islamiste représente une vraie menace pour notre style de vie. Agissez maintenant avant qu'on ne subisse d'ici peu une atrocité comme celle d'Orlando chez nous".

"La libre circulation des kalachnikovs en Europe aide les terroristes. Votez pour plus de sécurité le 23 juin. Votez leave (partir, de l'UE)", est-il également mentionné dans le message de Leave.EU, associé au parti europhobe Ukip.

Le tweet a été effacé une heure plus tard sur le compte officiel du mouvement qui fait campagne pour un Brexit lors du référendum du 23 juin, en parallèle à la plate-forme officielle Vote Leave.

"C'est vraiment honteux", a réagi la ministre de l'Education Nicky Morgan, qui soutient le Premier ministre David Cameron dans sa campagne pro-UE. Hilary Benn, le responsable des Affaires étrangères au parti travailliste, a également qualifié le tweet d'"indigne et lâche". "La solidarité, que ce soit avec Orlando, Paris et Bruxelles, constitue notre meilleure arme contre le terrorisme", a-t-il ajouté.

Pour Trump, la communauté musulmane est complice

"Nous avons besoin de centres de renseignement car les gens dans les communautés où ces gens habitent, ils savent qu'il y a quelque chose de bizarre. Mais ils n'appellent pas la police, ils ne dénoncent pas au FBI."
Donald Trump
Candidat républicain

De son côté, le candidat républicain à la Maison Blanche Donald Trump a accusé les musulmans présents aux Etats-Unis de ne pas coopérer avec les autorités pour dénoncer les suspects comme le tueur d'Orlando, Omar Mateen.

Alors que la démocrate Hillary Clinton a relancé le débat sur la facilité d'accès des armes à feu aux Etats-Unis, le républicain a critiqué la communauté musulmane, aux Etats-Unis et à l'étranger, comme il l'avait fait après les attentats de Paris et de San Bernardino l'an dernier.

"Nous avons besoin de centres de renseignement car les gens dans les communautés où ces gens habitent, ils savent qu'il y a quelque chose de bizarre", a affirmé Donald Trump sur CNN. "Mais ils n'appellent pas la police, ils ne dénoncent pas au FBI (...) Les musulmans doivent dénoncer ces gens-là".

"Il y a des milliers de gens qui vivent aux Etats-Unis et qui ont la même haine dans leur coeur que lui, et nous devons savoir qui ils sont", a-t-il ajouté.

Le milliardaire populiste a également répété son appel à interdire l'entrée aux Etats-Unis aux "personnes venant de Syrie et de régions du monde avec cette philosophie si haineuse et horrible", sur ABC, éludant la naissance américaine d'Omar Mateen.

Au passage, il a estimé que si les personnes avaient été armées sur la piste du Pulse, la boîte de nuit ciblée ce week-end, "nous n'aurions pas eu cette tragédie-là".

La Tour Eiffel aux couleurs de l'arc-en-ciel

La Tour Eiffel illuminée aux couleurs arc-en-ciel, des veillées de Londres à Sydney: l'heure est globalement à la solidarité. La maire de Paris, Anne Hidalgo, veut "montrer notre résolution à ne pas se taire, à vivre, et à nous battre contre les obscurantistes et le terrorisme.

Même volonté de relever la tête à Londres, Hong Kong ou encore Bangkok et Séoul, où des rassemblements ont eu lieu en hommage aux victimes de la pire fusillade de l'histoire des Etats-Unis, revendiquée par le groupe Etat islamique (EI).

Le pont du port de Sydney s'est aussi paré des couleurs de l'arc-en-ciel, tandis que la mairie de la ville se teintait en rose vif. Des centaines de personnes s'y sont rassemblées à la bougie pour demander notamment la fin des discriminations.

Spontanément, de petits rassemblements ont déjà eu lieu dimanche soir à Paris, Madrid, Guadalajara au Mexique et évidemment à Orlando, où environ 300 personnes ont prié et chanté en mémoire des victimes.

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Lundi, un tapis de fleurs a poussé près de la porte de Brandebourg à Berlin et de nombreux drapeaux étaient en berne à Washington.

Les dirigeants du monde entier ont condamné un "acte de terreur et de haine", selon les termes du président américain Barack Obama, un "crime barbare", a dénoncé son homologue russe Vladmir Poutine. Le Premier ministre britannique David Cameron s'est dit "horrifié", quand le pape François a fait part de sa "douleur" et de son "trouble". Malgré la "tristesse (...) nous sommes fermement décidés à poursuivre notre vie ouverte et tolérante", a souligné la chancelière allemande Angela Merkel en Chine où elle se trouve en visite.

Les réseaux sociaux suivent, mais peinent aussi à filtrer les contenus homophobes, n'étaient toutefois pas exempts d'ambiguïté lundi. "Je viens de lire #jesuisgay... sans moi mon frère", twittait ainsi une jeune femme. Et, dans leurs condamnations, de nombreux dirigeants se sont bien gardés de faire référence à l'orientation sexuelle des victimes. En Pologne, le silence de l'exécutif a suscité la déception des militants de la cause homosexuelle.

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