Le niveau des mers pourrait augmenter d'un mètre d'ici la fin du siècle (Giec)

Le glacier Apusiajik, dans le sud du Groenland. ©AFP

Si l'humanité ne parvient pas à limiter ses émissions de gaz à effet de serre, le niveau des mers pourrait augmenter de 1,10 mètre d'ici la fin du siècle, selon le dernier rapport du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. Les scientifiques appellent à agir de manière décisive pour contrer cette tendance.

Sans action immédiate et décisive pour réduire les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine, l'accélération de la fonte des glaces pourrait mener à une élévation des mers de 1,10 mètre en moyenne d'ici la fin du siècle. C'est un des avertissements lancés mercredi par le groupe d'expert intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec). Les experts des Nations unies, publiaient un rapport inédit synthétisant près de 7.000 articles scientifiques sur les effets du réchauffement sur les océans et la cryosphère - la partie gelée du globe.

"Si nous réduisons fortement les émissions, les conséquences pour les peuples et leurs moyens de subsistance représenteront toujours un défi, mais il sera potentiellement plus gérable pour les plus vulnérables."
Hoesung Lee
Président du Giec

La montée des eaux s’accélère. Le rapport souligne que le niveau des océans a augmenté 2,5 fois plus rapidement au début de ce siècle qu’au cours du siècle dernier, et l'accélération de la montée des eaux devrait se poursuivre. Sans réduction des émissions de gaz à effet de serre, la fonte des glaces et la dilatation des océans pourraient faire monter les eaux à 1,10 mètre d'ici la fin du siècle, ce qui redessinerait les littoraux à travers le monde et menacerait notamment les habitants de mégapoles côtières et des grands deltas. Selon le rapport, plus d'un milliard de personnes vivront d'ici une trentaine d’années dans des zones côtières très vulnérables aux inondations ou à d'autres événements météo extrêmes. Le Giec souligne l’utilité de l’adaptation : construire des protections contre la montée des eaux pourrait réduire de 100 à 1.000 fois les risques d'inondations. Ce qui demanderait des investissements à hauteur de dizaines ou centaines de milliards de dollars par an.

La fonte des glaciers menace l'accès à l'eau potable. Les glaciers de montagne comme ceux d’Europe devraient perdre 80% de leur masse actuelle d'ici 2100 si émissions continuent à augmenter. Cette évolution entraînera des augmentations des glissements de terrains, avalanches et inondations dans les régions montagneuses. Elle devrait aussi  modifier la disponibilité et la qualité de l'eau au-delà de ces régions, ce qui touchera les ménages, l'agriculture, les systèmes énergétiques.

La vie marine subit l'essentiel du réchauffement. Le rapport souligne encore le rôle des océans dans la dynamique du changement climatique : en plus d’avoir absorbé environ le quart des émissions de gaz à effet de serre, ils ont absorbé jusqu’ici 90% de la chaleur supplémentaire générée par les émissions d’origine humaine. D'ici 2100 les océans absorberont 2 à 4 fois plus de chaleur si réchauffement limité à 2°C, et 5 à 7 fois plus si les émissions humaines ne sont pas maîtrisées. Ce réchauffement marin réduit notamment le taux d'oxygène dans l'eau, ce qui modifie la distribution des populations de poisson – elles vont baisser significativement dans certaines régions, notamment tropicales, ce qui entraînera des risques pour la sécurité d’approvisionnement dans certaines communautés.

Rendre le défi "plus gérable"

Le rapport, qui concerne tant l'étude de la dynamique de réchauffement que son impact sur les communautés humaines et la possibilité de s'y adapter, souligne que les communautés les plus exposées au changement climatique sont aussi souvent les plus vulnérables. Il est un nouvel appel à l'action contre le réchauffement. "Plus nous agirons vite et de manière décisive, plus nous serons capables de résoudre les changements inévitables, gérer les risques, améliorer nos vies et réaliser la durabilité pour les écosystèmes et les gens à travers le monde", a souligné Debra Roberts, vice-présidente du Giec, lors d'une conférence de presse à Monaco.

Le rapport souligne l'urgence d'une action "pertinente, ambitieuse et coordonnée" pour réduire les émissions et faire face aux changements déjà en cours. Il appelle à la mobilisation des communautés locales comme des gouvernements pour affronter "des transitions sans précédent dans tous les aspects de la société". "Si nous réduisons fortement les émissions, les conséquences pour les peuples et leurs moyens de subsistance représenteront toujours un défi, mais il sera potentiellement plus gérable pour les plus vulnérables", a résumé le président du Giec, Hoesung Lee.

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