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Le Nobel d'économie récompense des recherches sur la croissance durable

©REUTERS

Clap de fin ce lundi pour l'édition 2018 des Nobel, marquée par l'absence de la littérature, avec l'économie, un prix attribué au duo américain William Nordhaus et Paul Romer pour leurs recherches sur la conjugaison de la croissance durable de l’économie mondiale et le bien-être de la population mondiale.

Le prix Nobel d'économie, le dernier des Nobel à être décerné, a été attribué ce lundi au duo américain William Nordhaus et Paul Romer, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, pour leurs travaux sur la compatibilité entre les impératifs d'innovation et de lutte contre le réchauffement climatique et la croissance économique.

Les deux lauréats ont mis au point "des méthodes qui répondent aux problèmes les plus fondamentaux et les plus pressants de notre époque: conjuguer la croissance durable à long terme de l’économie mondiale et le bien-être de la population mondiale".

"Le coeur du prix Nobel ce sont les prix scientifiques, la paix et la littérature. Le prix d'économie n'est pas formellement un prix Nobel", indique l'économiste Gabriel Söderberg de l'université d'Uppsala. Ce particularisme peut rendre "le jury plus attentif à l'opinion publique, un peu plus sensible à la manière dont le lauréat sera accueilli", note-t-il. C'est pourquoi "les questions de société se reflètent dans le prix et la question du changement climatique est très importante", estime le chercheur.

L'année dernière, le prix était allé à l'Américain Richard Thaler, père de la méthode dite du "coup de pouce".

Et Nordhaus, professeur à l'université de Yale connu pour ses recherches sur les conséquences économiques du réchauffement climatique, présentait les caractéristiques du lauréat-type en économie: c'est un homme et il a la nationalité américaine comme 70% des primés. Avec ses 77 ans, il a toutefois dix ans de plus que la moyenne des lauréats.

L'année dernière, le prix était allé à l'Américain Richard Thaler, père de la méthode dite du "coup de pouce" censée corriger les comportements irrationnels des consommateurs, contribuables ou investisseurs.

Le dernier-né des Nobel fête cette année ses cinquante ans. Créé en 1968 pour célébrer les 300 ans de la Banque de Suède, il est la récompense la plus prestigieuse pour un chercheur en économie. Aussi rigoureuse que soit la recherche des lauréats, le prix n'a pas acquis le même statut que les disciplines choisies par Nobel (médecine, physique, chimie, paix et littérature).

"L'économie a sur la société les mêmes effets englobants que les autres disciplines et peut donc être considérée comme un postulat de tous les progrès scientifiques vers la culture et la paix".
Michael Dahlen
Professeur à l'école supérieure de commerce de Stockholm

Le testament du savant stipule que les récompenses doivent couronner des personnalités oeuvrant pour "un monde meilleur". Pour Michael Dahlen, professeur à l'école supérieure de commerce de Stockholm, "l'économie a sur la société les mêmes effets englobants que les autres disciplines et peut donc être considérée comme un postulat de tous les progrès scientifiques vers la culture et la paix".

"Il s'agit de comprendre et de créer les prémisses du bien-être et du développement", conclut l'économiste suédois. Le Nobel - un diplôme, une médaille d'or et un chèque de 9 millions de couronnes (environ 870.000 euros)- sera remis le 10 décembre à Stockholm.

Les autres lauréats de la semaine

Lundi, le Nobel de médecine est allé à l'Américain James P. Allison et au Japonais Tasuku Honjo pour leurs découvertes ayant permis de faire avancer la connaissance dans le traitement du cancer.

Vendredile Nobel de la paix a été décerné cette année au gynécologue congolais Denis Mukwege et à l'activiste yézidie Nadia Murad "pour leurs efforts en vue de mettre fin à l'utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre". 

Report pour la littérature

Pour la première fois depuis 1949, l'annonce du prix de littérature a été reportée d'un an par l'Académie suédoise, enferrée dans des divisions internes et le retrait de plusieurs membres l'empêchant de fonctionner normalement.

Tout ce remue-ménage a fait suite aux accusations de viol qui ont visé le Français Jean-Claude Arnault, 72 ans, marié avec une Académicienne. Il a d'ailleurs été condamné à deux ans de prison ferme lundi, quelques minutes avant l'annonce des lauréats du Nobel de médecine, pour le viol en 2011 d'une jeune femme, révélé dans la foulée du mouvement #MeToo en novembre 2017.

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