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Le pape François accusé d'hérésie

©Photo News

Le week-end fut mouvementé au Vatican. Entre révélations, démentis et accusations d'hérésie à l'encontre du pape. Ce qui n'était plus arrivé depuis ...700 ans.

Un pape François qui a "soutenu sept propositions hérétiques par rapport au mariage, à la vie morale et à la réception des sacrements, et a été à l’origine de la diffusion de ces opinions hérétiques au sein de l’Église catholique",  c'est ce qu'on peut lire sur une pétition (inaccessible sur le territoire du Vatican) insistant pour qu'il revienne sur ses propos "hérétiques".

Derrière cette pétition, de simples citoyens s'offusquant que le pape n'ait pas répondu à une lettre adressée par une soixantaine de clercs catholiques et universitaires laïcs. Ces derniers l'accusent d'être trop réceptifs aux nouvelles mœurs, voire de tenir une ligne trop progressiste pour un pape. 

Ces accusations d'hérésie sont une première dans l'histoire de l'Église catholique depuis 1333, année où le pape Jean XXII a frôlé la destitution pour les mêmes motifs.

Un pape trop moderne?

Jose Bergoglio ne s'en cache pas, depuis son élection en tant que pape François, il veut faire bouger les choses. Ses détracteurs ont profité d'un week-end mouvementé pour ressortir quelques vieux dossiers.

En 2016, lorsqu'il a publié son exhortation apostolique (texte incitant à s'engager dans telle ou telle activité ou à prendre une voie particulière) sur la famille, il s'est attiré les foudres des milieux catholiques ultraconservateurs. Il appelait notamment à accepter que des divorcés remariés ne soient plus considérés comme infidèles à leurs premiers conjoints. 

Pour le pape, l'Église doit être réformée. Cela passe par la curie, le gouvernement du Vatican, au cœur d'une autre polémique qui remonte à juin dernier, lors de la démission de Libero Milone, l'ancien contrôleur des Finances du Vatican. Il a révélé ce samedi qu'il n'avait pas volontairement quitté son poste. Une partie de la curie l'aurait poussée dehors. Le service de presse de l'état pontifical a réagi aussitôt, fait assez rare pour être souligné, affirmant que l'éviction de Milone est due à son espionnage de la vie privée de hauts responsables.

"Je suis vraiment désolé pour le pape. J'avais avec lui une belle relation impossible à décrire, mais au cours des 18 derniers mois, on m'a empêché de le voir. Apparemment on ne voulait pas que je lui dise certaines choses que j'avais vues"
Libero Milone
Ex-contrôleur des finances du Vatican

Selon Milone, des membres importants du Vatican s'opposent aux efforts du pape François pour moderniser et contrôler le séculaire système économique et financier du Vatican. "Je suis vraiment désolé pour le pape. J'avais avec lui une belle relation impossible à décrire, mais au cours des 18 derniers mois, on m'a empêché de le voir. Apparemment on ne voulait pas que je lui dise certaines choses que j'avais vues", a-t-il expliqué, se refusant à en dire davantage en raison d'une clause de confidentialité.

La semaine passée, le pape avait fait une autre sortie médiatique remarquée. Cette fois, c'était au sujet des abus sexuels au sein de l'Église. Il avait alors improvisé un discours devant la commission d'experts qu'il a créée pour lutter contre la pédophilie. "Un abus sur mineur, s'il est prouvé, est suffisant pour qu'un appel ne soit pas recevable. Si les preuves sont là, la peine est définitive. Et pour ce qui est des demandes de grâce au pape, moi pour ces crimes je ne signerai rien" a-t-il assuré.

Le Saint-Siège a par la suite diffusé un communiqué plus convenu en précisant que c'est cette version qui resterait dans les annales du Vatican.

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