analyse

Le Président chinois fait valser les têtes

©AFP

Xi Jinping donne un sérieux coup de balais et davantage de pouvoir au Parti communiste. Il crée aussi de nouveaux ministères, une nouvelle autorité de régulation des secteurs bancaires et des assurances, ainsi qu'un nouvel organe de contrôle de la concurrence.

Quarante-huit heures à peine après l’annonce officielle d’une prolongation à l’infini du mandat présidentiel en Chine, le pays subit un nouvel électrochoc: plus d’une vingtaine de ministères et d’agences de l’État vont en effet connaître dès cette année une profonde réorganisation. Annoncée mardi en marge de la réunion du Parlement chinois, il s’agit de dégraisser le mammouth administratif en modifiant en profondeur les organigrammes et accorder plus de poids au Parti communiste.

Désormais, c’est en effet le Conseil d’État qui chapeautera la plupart des grandes agences du pays et des ministères régaliens. Le Conseil d’État, qui fait déjà la pluie et le beau temps lorsqu’il s’agit d’autoriser ou non les investissements des grandes entreprises à l’étranger, sera désormais à la manœuvre dans le pays avec huit agences et sept ministères sous ses ordres.

"Le principe est de donner plus de poids à l’exécutif et donc au président Xi Jinping."
Mao Shoulong
Professeur de l’Université Renmin à Pékin

"Le principe est de donner plus de poids à l’exécutif et donc au président Xi Jinping", explique le professeur Mao Shoulong de l’Université Renmin à Pékin. Plus d’efficacité, c’est également cela qui anime la fusion annoncée des autorités de régulation du secteur bancaire et du secteur des assurances pour mieux endiguer les risques financiers.

La fusion du gendarme des banques (CBRC) et de celui des assureurs (CIRC) vise à "renforcer la supervision financière pour rendre plus solide et plus efficace le cadre réglementaire et tenir fermement le cap, à savoir empêcher l’émergence de risques financiers systémiques", précise le rapport présenté cette semaine au Parlement et qui sera soumis au vote dans quelques jours.

Risques financiers

La banque centrale également prendra plus d’envergure et pourra présenter de nouvelles lois et règlements. Un nouveau gouverneur prendra ses fonctions après la réunion des 2.980 parlementaires chinois à Pékin le 20 mars. Désormais la totalité des ministres, des grandes institutions et des agences d’État sera occupée par des proches de Xi Jinping.

"La lutte contre les risques financiers est une bataille décisive."
Li Keqiang
Premier ministre

Alors que la dette chinoise dépasse désormais 250% du PIB, la lutte contre les risques financiers est "une bataille décisive", a justifié le Premier ministre Li Keqiang appelant à un rééquilibrage de la croissance avec moins de dépendance au crédit.

Autre changement dévoilé hier, la création d’un Bureau de supervision du marché afin de garantir un environnement "équitable et concurrentiel". L’institution centralisera désormais la lutte contre les monopoles, le contrôle de la qualité, la sécurité alimentaire, ou encore la régulation de l’industrie pharmaceutique…

Autant de secteurs autrefois sous la coupe d’une myriade de ministères et d’agences. Le ministère de l’Environnement et de l’Écologie prend également plus de poids et succédera au ministère de la Protection de l’environnement. Là encore, il s’agit de centraliser les opérations pour les rendre plus efficaces.

Le message officiel est ainsi martelé par les rares délégués autorisés à parler aux journalistes: cette nouvelle organisation se veut plus moderne "à l’image des pays occidentaux qui ont rarement plus de vingt ministères", explique l’un d’eux qui vante une "administration plus efficace", mais aussi plus fidèle aux directives du tout-puissant président Xi Jinping.

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