Le Royaume-Uni est officiellement entré en récession

Au Royaume-Uni, un léger rebond du nombre de cas a été constaté ces dernières semaines, mais la progression du nombre de tests réalisés a été plus rapide, et est aujourd'hui près de dix fois supérieure à celle du mois de mars. ©REUTERS

Le PIB britannique s'est effondré de 20,4% au deuxième trimestre. Aucun pays du G7 n'a fait pire. Les prévisions économiques pour 2020 sont toutefois moins sombres qu'au mois de mai.

Comme après la crise financière de 2008, le Royaume-Uni subit une récession plus profonde que ses homologues du G7 (États-Unis, Allemagne, France, Italie, Japon, Canada). Après s'être contracté de 2,2% au premier trimestre – ce qui annonçait déjà en soi une crise économique sévère –, le PIB s'est effondré de 20,4% sur la période avril-juin. Ces deux trimestres consécutifs de croissance négative signifient techniquement que la cinquième puissance économique mondiale est entrée en récession. Parmi les autres pays européens, seule l'Espagne a fait pire au second trimestre, avec une chute de 22,7% de son PIB.

L'économie du "réel" – le divertissement, les restaurants, les pubs ou les événements sportifs – pèsent plus dans le PIB britannique qu'aux États-Unis ou dans les pays de la zone euro.

Les raisons de cette fébrilité britannique sont complexes. En 2008, après la crise financière, le poids disproportionné de la City dans l'économie britannique avait accentué l'effondrement. En 2020, c'est la structure de l'économie réelle, et plus précisément de l'économie du "réel", qui est évoqué : le divertissement, les restaurants, les pubs ou les événements sportifs pèsent plus dans le PIB qu'aux États-Unis ou dans les pays de la zone euro.

Ces chiffres officiels publiés par l'Office for National Statistics étaient très attendus, mais n'ont pas pris de court les marchés. Le FTSE 100 a ouvert en hausse, grâce notamment aux déclarations du gouverneur adjoint de la Banque d'Angleterre, Dave Ramsden, qui a laissé entrevoir de nouvelles mesures d'assouplissement quantitatif dans les mois à venir si l'économie devait encore ralentir.

Taux de positivité très bas

Pour l'instant, le scénario idéal d'une reprise en V est toujours envisagé.
La Banque d'Angleterre a indiqué la semaine dernière que l'année 2020 ne serait pas aussi mauvaise que ce qu'elle anticipait au mois de mai. Les comparaisons avec la crise économique de 1706, pendant la guerre de succession d'Espagne, n'ont plus cours. C'est désormais le précédent de la fin de la première guerre mondiale qui est évoqué, où une sévère récession avait été suivie d'un spectaculaire rebond en V.

-9,5%
L'effondrement du PIB pour 2020 sera moins grave que celui annoncé initialement: -9,5% contre 14% envisagés au mois de mai.

Ce rebond a déjà été amorcé au début du mois de juin, meilleur que prévu, grâce à un assouplissement relativement rapide des mesures de distanciation physique. L'effondrement du PIB pour 2020 sera en conséquence moins grave que celui annoncé initialement: -9,5% contre 14% envisagés au mois de mai. Mais le rebond pourrait aussi être moins vigoureux que prévu en 2021 (+9,5%).

Pas de plein emploi avant longtemps

Les prévisions pour le taux de chômage sont très variables selon les études. Le seul élément sur lequel elles se retrouvent est que le quasi plein emploi atteint avant la crise (3,9% de chômeurs dans la population active) ne sera pas retrouvé avant plusieurs années. La Banque d'Angleterre, l'Office for Budget Responsibility (OBR) et l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) voient le chômage atteindre entre 7,5% et 11,7% d'ici la fin de l'année, et redescendre à 6,6% en 2021 dans le meilleur scénario.

Un reconfinement général semble exclu dans l'esprit de Boris Johnson, qui l'a comparé à une "dissuasion nucléaire".

La consolidation de la reprise sera aussi fonction de la maîtrise de la seconde vague pandémique, l'hiver prochain. Un léger rebond du nombre de cas a été constaté ces dernières semaines, mais la progression du nombre de tests réalisés a été plus rapide, et est aujourd'hui près de dix fois supérieure à celle du mois de mars. Le taux de positivité (0,60%), est très bas. L'arsenal de défense semble être au point, même si tout repose en premier lieu sur le respect des mesures de sécurité sanitaire par les citoyens. Un reconfinement général semble exclu dans l'esprit de Boris Johnson, qui l'a comparé à une "dissuasion nucléaire".

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