Le scandale Lux Leaks: clap 2e

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Les fuites continuent d’affluer autour du scandale Lux Leaks. Il apparaît maintenant que Disney, Skype et même le camp républicain aux Etats-Unis ont abondamment profité du système luxembourgeois. Tous les cabinets d’audit auraient participé aux deals.

Le consortium international de journalistes d’investigation (ICIJ), dont font partie nos confrères du "Tijd", du "Soir" et du magazine "MO*", a une nouvelle fois sorti hier soir de nouvelles révélations dans l’affaire Lux Leaks. Il apparaît désormais que d’autres grands groupes internationaux ont bénéficié des largesses fiscales octroyées par le Luxembourg.

La première salve de révélations concernait 343 sociétés, pour des transactions s’étalant sur trois ans, de 2008 à 2011. Le consortium a pu cette fois consulter certains accords remontant jusqu’à 2003. Au total, 35 nouveaux noms de géants mondiaux apparaissent à la lueur de ces nouvelles révélations. Disney par exemple. La maison de Mickey aurait ainsi élaboré un vaste réseau de filiales dont l’épicentre serait le Luxembourg.

→ Le Luxembourg a réagi ce mercredi à cette nouvelle vague de révélations en affirmant qu'il soutenait l'initiative de la Commission de légiférer contre les pratiques d'évasion fiscale des multinationales.

 

Une aide précieuse

Un autre nom figure dans la liste de ce "Lux Leaks 2", plus politiquement chargé cette fois: le géant de l’énergie américain Koch Industries. Le groupe réalise 115 milliards de chiffre d’affaires et emploie plus de 100.000 personnes dans le monde, y compris en Belgique. Il est surtout détenu par les frères David et Charles Koch, connus pour leurs accointances avec le parti républicain aux Etats-Unis. En 2012, les frères Koch et leur sphère d’influence auraient dépensé pas moins de 407 millions de dollars à financer des spots publicitaires incendiaires visant à déstabiliser le camp démocrate. Selon les documents étudiés par le consortium de journalistes, les Koch ont également fait passer des millions de dollars via des filiales luxembourgeoises.

Luxembourg-Belgique

Et la liste des sociétés citées continue. On y retrouve Skype, le logiciel de téléphonie par internet fondé par deux Scandinaves en 2003… qui auraient rapidement établi leur siège officiel au Luxembourg. Le Canadien Bombardier, particulièrement courtisé par nos hommes politiques pour l’important fournisseur d’emplois à Bruges, fait aussi partie de la liste.

Citons encore le site de mise aux enchères eBay ou le groupe chinois d’énergie et de services portuaires Hutchison Whampoa, plus connu chez nous pour ses parfumeries ICI Paris XL et ses drogueries Kruidvat, qui font travailler 2.000 personnes dans notre pays.

Ou encore Telecom Italia, qui bénéficie d’une route fiscale sur mesure entre le Luxembourg et la Belgique, Colony Capital (le plus gros actionnaire des magasins Carrefour), Black & Decker ou encore Rechitt Benckiser (propriétaire des marques Durex, Calgon, Dettlo, Clearasil et Airwick)

Tous les gros cabinets

Un autre point remarquable relevé par nos confrères est la participation de tous les cabinets d’audit de la place luxembourgeoise. Lors de la première série de révélations, PricewaterhouseCoopers était le seul cité. Ici, trois autres gros bureaux apparaissent dans ces transactions sur mesure avec le fisc luxembourgeois: EY (anciennement Ernst & Young), Deloitte et KPMG.

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