Le sommet de l'ONU contre la pauvreté s'achève en demi-teinte

Le sommet de l'ONU pour combattre la pauvreté s'est achevé mercredi après trois jours de débats sur une note pessimiste avec beaucoup de promesses mais des questions restées sans réponse, en particulier sur les financements qui se raréfient avec la crise.

Optimiste, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon n'a eu de cesse de répéter qu'il est possible d'atteindre les huit objectifs du millénaire pour le développement (OMD) adoptés en 2000 d'ici la date butoir de 2015.
Mais, il a aussi souligné que la route est encore longue et que les efforts promis par les nations du monde devront se concrétiser par des actes.

A cinq ans de la date butoir, près d’un quart de la population mondiale vit sous le seuil de pauvreté, un milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et 2,5 milliards à des services d’assainissement de base. Un milliard de personnes souffrent de la faim, alors que notre planète comptera bientôt 9 milliards d’habitants. 70 millions d’enfants demeurent non scolarisés.
Or, a averti M. Ban, la crise économique est à l'origine d'une raréfaction de l'aide aux pays pauvres qui risque d'entraver la réalisation des OMD.
"Le bouleversement (créé par la crise économique mondiale, ndlr) a causé de nouvelles pénuries dans le domaine de l'aide, du commerce et de la dette", a-t-il souligné.
"Bien que le niveau de l'aide au développement soit à son plus haut, il manque 20 milliards de dollars d'engagements pris pour cette année", a-t-il dit. "L'Afrique compte pour 80% de ce déficit, soit 16 milliards".
C'est ce qu'affirme l'ONU mais aussi l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un rapport publié lundi qui estime que la crise a rendu encore "plus difficile" la possibilité d'atteindre les OMD en Afrique.

Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) juge "improbable" que le continent africain "atteigne tous les objectifs d'ici 2015". "Les rigidités structurelles et culturelles" ralentissent le progrès, relève l'agence de l'ONU.
Les OMD, fixés en 2000, consistent à réduire de moitié la pauvreté extrême dans le monde d'ici 2015, mais aussi à promouvoir l'éducation, l'égalité des sexes et la santé maternelle, à combattre la mortalité infantile, le sida et le paludisme, et à préserver l'environnement.

En matière de santé des femmes et des enfants dans le monde, les deux objectifs les plus en retard parmi les huit OMD, Ban Ki-moon a annoncé un programme de 40 milliards de dollars apportés par des gouvernements, des philanthropes et des groupes du secteur privé.
"Nous savons ce qui marche pour sauver la vie des femmes et des enfants, et nous savons que les femmes et les enfants sont un élément crucial pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (OMD)", a souligné M. Ban au dernier jour du sommet, estimant qu'il était possible de sauver 16 millions de vies d'ici 2015.

Un autre message d'espoir est venu des progrès réalisés en matière de "financements innovants", un projet visant à instituer des taxes sur les billets d'avion, les transactions financières, ainsi que dans les secteurs du tourisme, d'internet et de la téléphonie mobile.
Ces taxes permettraient de lever des capitaux importants qui viendraient s'ajouter aux aides publiques. Mais bien que ce projet rassemble 60 pays dans un "groupe pilote", aucun pays n'a encore institué de taxes sur les transactions financières, le ministre des Affaires étrangères français Bernard Kouchner estimant que ce n'était "pas pour demain mais pour après-demain".

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