Le télescope Cheops va tenir les extraterrestres à l'œil

©AFP

Arianespace vient de placer en orbite le satellite astronomique européen Cheops, équipé de quelques technologies bien de chez nous. Sa cible? Les exoplanètes proches situées dans des systèmes solaires similaires au nôtre et leur tour de taille.

Rendez-vous en janvier. Le télescope de l’Agence spatiale européenne Cheops (CHaracterising ExOPlanet Satellite), qui vient d’être placé en orbite par une fusée Soyouz tirée ce 18 décembre depuis le port spatial de Kourou, en Guyane française, ouvrira son œil de 32 cm de diamètre mi-janvier 2020. Au programme de cet engin scientifique de 280 kilos, partiellement conçu et fabriqué en Belgique: mesurer la taille de planètes de masses comprises entre celle de la Terre et celle de Jupiter, qui sont en orbite autour d’étoiles brillantes.

Les scientifiques et les ingénieurs belges ont pris une part active dans cette mission spatiale.
Jean-Yves Plesseria
Centre spatial de Liège

"En complétant ces informations avec des données sur la masse de ces planètes, dérivées depuis des observations terrestres, nous espérons en apprendre davantage sur la densité et donc la composition de ces ‘Super-Terres’, des planètes très fréquentes dans l’Univers mais malheureusement absentes de notre Système solaire, et donc parfaitement mystérieuses", explique la Dre Valérie Van Grootel, chercheuse qualifiée FNRS à l’Université de Liège. Les premières données scientifiques de Cheops sont attendues pour avril 2020.

Une participation belge de 2,8 millions d’euros

"Les scientifiques et les ingénieurs belges ont pris une part active dans cette mission spatiale, confirme, depuis Kourou, l’ingénieur Jean-Yves Plesseria, responsable du laboratoire thermomécanique du Centre spatial de Liège. Le design préliminaire du déflecteur du télescope (le ‘baffle’ dans le jargon, soit ce qui protège l’objectif des rayonnements latéraux parasites) et de la ‘porte’ du télescope, qui protège sa lentille principale, a été réalisé au Centre spatial de Liège."

4.000
exoplanètes
Actuellement quelque 4.000 exoplanètes ont été identifiées dans notre galaxie.

Nous avons ensuite travaillé avec nos collègues de Qinetiq Space (Anvers) pour la finalisation de la conception de ces pièces et leur fabrication. Produites en deux exemplaires, elles ont été testées à Liège. Les modèles de vol ont ensuite été livrés au maître d’œuvre du satellite." Coût de cette participation industrielle belge: 2 millions d’euros, répartis entre le CSL et Qinetiq Space.

C’est l’entreprise Airbus Espagne qui est le maître d’œuvre de la mission, aux côtés de l’Université de Berne qui fournit le télescope et qui assure la direction de cette mission scientifique. Pour construire Cheops, Airbus a pu compter sur consortium européen composé de 24 entreprises.

L’université de Berne, qui dirige l’équipe scientifique, a pu compter sur trois chercheurs liégeois, dont Valérie Van Grootel. Deux postdoctorants, rétribués par la Politique scientifique belge via son programme Prodex, complètent le dispositif scientifique belge qui a participé à la conception de cette mission et qui devrait en exploiter les données tout au long des 3,5 premières années de vie active du satellite astronomique. Dont coût: 800.000 euros.

Des exoplanètes par milliers

La découverte de la première exoplanète en orbite autour d’une étoile similaire au Soleil remonte à 1995. Elle est due aux astronomes Michel Mayor et Didier Queloz, de l’observatoire de Genève.

Leur découverte a été récompensée par le prix Nobel de Physique 2019. Un prix qu’ils partagent avec le cosmologiste James Peebles.

Depuis 1995, les astronomes ne cessent de découvrir des exoplanètes, parfois même des systèmes planétaires multiples, comme celui qui tournoie autour de la fameuse étoile TRAPPIST-1. Ce sont les Drs Michaël Gillon et Emmanuel Jehin, deux chercheurs (FNRS) de l’Université de Liège, qui ont découvert ce système de sept planètes. Actuellement quelque 4.000 exoplanètes ont été identifiées dans notre galaxie.

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