Les Biélorusses continuent à se lever contre Loukachenko

Des dizaines de femmes en tenue blanche ont défilé à Minsk et dans d'autres villes de Biélorussie pour réclamer le départ du dictateur Alexandre Loukachenko. ©REUTERS

Les manifestations pacifiques contre la réélection du président Loukachenko, réprimées par les fores de l'ordre, continuent en Biélorussie. L'Europe et les États-Unis se disent préoccupés, tandis que Moscou dénonce des "ingérences étrangères" visant à déstabiliser "le pays frère".

Des manifestations et la répression brutale des forces de l'ordre continuent à agiter la Biélorussie, après la réélection contestée du président Alexandre Loukachenko. Jeudi, les autorités ont annoncé 700 arrestations, portant le total à 6.700 personnes emprisonnées depuis dimanche. Des coups de feu à balles réelles ont été tirés mardi à Brest contre des manifestants, blessant une personne. Un homme est décédé en détention à Grodno (sud-est). Amnesty International dénonce les traitements violents infligés en prison. L'ONG affirme que 55 journalistes ont été arrêtés, la police ayant ciblé la presse à plusieurs reprises, dont une équipe de la BBC.

55
Journalistes arrêtés
L'ONG Amnesty International affirme que 55 journalistes ont été arrêtés dans le pays, la police ayant ciblé la presse à plusieurs reprises.

La plupart des villes sont le théâtre de manifestations pacifiques. Comme ces chaînes humaines de dizaines de femmes défilant habillées de blanc, la couleur fétiche de l'opposante Svetlana Tikhanovsakaïa, exilée en Lituanie. Autre signe de ralliement: brandir une fleur rouge ou blanche pour s'opposer aux forces anti-émeutes, les OMON, pendant que les smartphones jouent "Peremen" ("des changements"!), un air écrit lors de la chute de l'URSS.

Les États-Unis et l'Europe préoccupés

La communauté internationale s'est saisie de la crise. Le président français Emmanuel Macron a exprimé sa "très vive préoccupation" lors d'un entretien avec son homologue russe Vladimir Poutine. Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, a appelé le régime biélorusse à ne pas recourir à la force. Il a également insisté pour que l'UE et les États-Unis "travaillent ensemble" sur cette question.

Les ministres des Affaires étrangères européens se réunissent en urgence vendredi, à la demande de la Lituanie et de la Pologne, pour envisager des sanctions.

Un air de révolution ukrainienne

Alexandre Loukachencko, le "dernier dictateur d'Europe", s'appuie sur une solide police anti-émeute, le KGB et, au besoin, l'armée.

La contestation des Biélorusses rappelle à maints égards la révolution ukrainienne de Maïden, en 2014, qui avait emporté Viktor Ianoukovitch et ébranlé l'Europe. Mais Alexandre Loukachencko, qui dirige sa population par la peur, ne se laissera pas faire. Le "dernier dictateur d'Europe" s'appuie sur une solide police antié-meute, le KGB et, au besoin, l'armée. Il compte aussi sur le Kremlin, qui veut garder le "pays frère" dans son giron pour des raisons historiques et géopolitiques. La Biélorussie, russophone, est enclavée entre deux États membres de l'Otan: la Pologne et la Lituanie.

"Nous observons une pression sans précédent exercée par des partenaires étrangers individuels sur les autorités biélorusses."
Maria Zakharova
Porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères

Jeudi, la Russie a dénoncé "des tentatives d'ingérences étrangères" en Biélorussie. "Nous observons une pression sans précédent exercée par des partenaires étrangers individuels sur les autorités biélorusses", a dit la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.

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