Les cinq dossiers chauds du G20

L’entrevue entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping sera le temps fort du sommet des dirigeants des 20 plus grandes puissances de la planète. ©REUTERS

La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis sera au cœur du G20 qui se tient vendredi et samedi à Osaka, au Japon, dans un climat de tensions exacerbées sur plusieurs autres sujets.

Parmi les chefs d’Etat et de gouvernement représentant quelque 85% du produit intérieur brut mondial, un duo concentrera l’attention, comme lors de la précédente édition du G20, l’an dernier à Buenos Aires: Donald Trump et Xi Jinping. Voici les dossiers chauds du G20.

Rencontre Trump-Xi

L’entrevue entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping sera le temps fort du sommet des dirigeants des 20 plus grandes puissances de la planète.

Leur dernière rencontre remonte à début décembre, en marge d’un sommet du G20 à Buenos Aires: ils avaient alors déclaré une trêve mais, depuis, les négociations ont connu des hauts et de nombreux bas. Elles ont été interrompues en mai.

Si un accord définitif paraît peu probable selon les experts, les deux hommes pourraient décider de stopper l’escalade de taxes douanières punitives réciproques et relancer les discussions.

La croissance mondiale risque de dérailler sous le coup de cet affrontement, qui se double de sanctions américaines contre des fleurons chinois comme Huawei.

Reste à savoir si Pékin est prêt à faire un geste, notamment sur le volet technologique. Et si Donald Trump consentira à abandonner la rhétorique économique martiale qu’il affectionne, au moment même où il se lance dans la campagne pour une réélection en 2020.

La guerre commerciale Chine-USA en 10 grandes dates
  • 8 mars 2018 - Taxes sur l’acier et l’aluminium: Le président américain Donald Trump annonce des taxes de 25% sur les importations d’acier et de 10% sur l’aluminium, afin de réduire le déficit commercial.
  • 22 mars - La Chine réplique: Pékin riposte en dévoilant une liste de 128 produits sur lesquels seraient appliquées des taxes de 15 à 25%.
  • 3 avril - Nouvelles menaces: Washington publie une liste de produits chinois qui pourraient être taxés en représailles "au transfert forcé de technologie américaine et de propriété intellectuelle". Pékin réplique avec une liste d’importations du même montant.
  • 19 mai - Signes d’apaisement: Les deux pays annoncent un accord de principe pour réduire significativement le déficit commercial américain, suspendant leurs menaces de mesures punitives.
  • 6 juillet - La guerre est déclarée: Application de taxes américaines sur 34 milliards de dollars d’importations chinoises (automobiles, disques durs, composants d’avions). Pékin taxe à son tour 34 milliards de dollars de marchandises (produits agricoles, voitures, produits marins).
  • 23 mai - Escalade: Nouvelles taxes américaines sur les produits chinois. La Chine réplique en ciblant notamment les motos Harley-Davidson ou le bourbon.
  • 1er décembre - Trêve: Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping déclarent une trêve. De nouvelles taxes à l’importation sont suspendues.
  • 10 mai 2019 - Reprise des hostilités: Les Etats-Unis mettent fin à la trêve et portent officiellement de 10 à 25% les droits de douane sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises.
  • 15 mai - Huawei au cœur des tensions: Trump ouvre un nouveau front en interdisant par décret aux réseaux américains de télécommunications de se fournir en équipements auprès de sociétés étrangères jugées à risque, une mesure ciblant le géant chinois Huawei.
  • 1er juin - Nouvelles sanctions chinoises: La Chine augmente ses droits de douane sur des produits américains représentant 60 milliards de dollars d’importations. Pékin annonce une future liste noire d’entreprises étrangères "non fiables".

Plus largement, les différends commerciaux entre les Etats-Unis et ses partenaires occuperont les débats du G20, une bataille s’annonçant sur le libellé du communiqué final, s’il y en a un.

Déjà au G20-Finances plus tôt dans le mois, les grands argentiers avaient mis une trentaine d’heures pour parvenir à trouver un compromis, s’alarmant au final d’une "intensification" des tensions.

Le dossier nucléaire nord-coréen

 Xi vient d’effectuer une visite triomphale en Corée du Nord, et le calendrier n’est pas anodin. Il a ainsi démontré à Donald Trump que la Chine était un allié incontournable de Pyongyang au moment où la relation entre le chef d’Etat américain et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un bat de l’aile.

Dans les discussions à Osaka, l’homme fort de Pékin pourrait user de cette influence pour convaincre l’hôte de la Maison-Blanche de réduire la pression commerciale sur la Chine, de l’avis des analystes. Après le G20, Trump prendra justement la direction de Séoul pour s’entretenir du programme nucléaire nord-coréen avec son homologue sud-coréen Moon Jae-in.

La poudrière iranienne

Autour de la table, les discussions s’annoncent vives entre d’un côté les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, grand rival régional de Téhéran, de l’autre, les Européens, la Chine et la Russie qui tentent de calmer le jeu.

L’hôte du G20, le Premier ministre japonais Shinzo Abe, a essayé de jouer le médiateur, mais sa visite historique en Iran a tourné au fiasco, ponctuée par des attaques contre des pétroliers attribués à Téhéran par Washington.

Depuis, le ton ne cesse de monter entre les deux pays. Face aux sanctions américaines, l’Iran a accusé mardi les Etats-Unis d’avoir "fermé de façon permanente la voie de la diplomatie" et a annoncé la réduction des engagements inscrits dans l’accord de 2015 sur le nucléaire.

Le président Trump, qui a annulé la semaine dernière des frappes militaires contre l’Iran à la dernière minute, a prévenu que toute attaque iranienne ferait l’objet de représailles "écrasantes".

Turquie et Russie aussi

A Osaka, Donald Trump rencontrera aussi le président turc Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier entend faire jouer ses "bonnes" relations avec son homologue américain pour désamorcer la crise entre les deux pays au sujet de l’achat de missiles russes par Ankara, tout en assurant qu’il ne "ferait pas marche arrière". Washington a adressé un ultimatum à la Turquie, un membre de l’Otan, lui donnant jusqu’à fin juillet pour renoncer au système russe de défense antiaérienne S-400, faute de quoi des sanctions pourraient être imposées.

Trump va par ailleurs s’entretenir avec le président russe Vladimir Poutine, une relation sur laquelle plane aux Etats-Unis une tempête judiciaire déclenchée par les soupçons d’interférence russe dans la campagne présidentielle de 2016.

Leur dernier tête-à-tête, à Helsinki, remonte à juillet 2018: le ton jugé trop conciliant de Donald Trump avait alors choqué la classe politique américaine.

Les "top jobs" bruxellois

Qui va succéder au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker pour présider la Commission européenne? Aucune entente pour le moment entre les principaux dirigeants. Selon plusieurs sources, ils espèrent un compromis en marge du G20 avant un sommet de crise le 30 juin à Bruxelles. Ces tractations s’inscrivent dans un "paquet" beaucoup plus large de nominations. Sont en jeu la présidence du Conseil européen, le poste de chef de la diplomatie européenne et la présidence du Parlement européen.

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