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Les États-Unis sur le point de renoncer aux sanctions contre Nord Stream 2

Il ne reste qu'une petite centaine de kilomètres à construire: à la veille d'inaugurer Nord Stream 2, la pression monte. ©REUTERS

L'administration Biden cherche à normaliser ses relations avec l'Allemagne, après des années de tensions sous la présidence Trump. Le dossier Nord Stream pourrait en bénéficier.

Après des années de conflit déclaré entre Washington et Berlin au sujet du pipeline Nord Steam 2, l'administration Biden semble désireuse d'apaiser les relations entre les deux pays. Les États-Unis sont certes toujours décidés à faire capoter le projet de gazoduc cher à Angela Merkel et initié par son prédécesseur, Gerhard Schröder.

90
Jours
Tous les 90 jours, une liste des acteurs menacés de sanctions est remise au Congrès par le gouvernement américain. Les entreprises impliquées dans la construction de Nord Stream 2 y figurent toujours.

Les entreprises impliquées dans la construction de l'infrastructure qui doit livrer vers l'Allemagne 55 milliards de mètres cubes de gaz russe figurent toujours sur la liste des acteurs menacés de sanctions, que le gouvernement américain doit transmettre tous les 90 jours au Congrès. Mais les acteurs allemands du projet – à la différence des entreprises russes – verraient leur nom assorti d’un "Waiver", par lequel Washington renonce à les sanctionner dans l'immédiat.

Rapports de force

Joe Biden, comme son prédécesseur Donald Trump, estime que le gazoduc conforte le régime de Vladimir Poutine, et déstabilise l'Ukraine, contournée par le projet et donc privée d'importants droits de transit.

L'Allemagne rétorque que, même au pire de la guerre froide, elle a reçu du gaz de Moscou, et que les États-Unis sont les premiers à acheter des hydrocarbures russes.

Pour Berlin, l'annonce d'une trêve sur le dossier est une bonne nouvelle.

Pour Berlin, l'annonce d'une trêve sur le dossier est une bonne nouvelle. Les travaux sont quasiment achevés. Il ne reste qu'une centaine de kilomètres de conduits à poser sur les fonds de la mer Baltique, et une quinzaine de kilomètres dans les eaux territoriales germaniques.

En République fédérale, le gazoduc qui doit doubler Nord Stream 1 – inauguré en 2011 –, est également critiqué. La candidate des Verts à la Chancellerie, Annalena Baerbock, qui a de bonnes chances de figurer dans le prochain gouvernement, ne veut pas du projet qui, à ses yeux, vide les sanctions visant la Russie de toute substance. Par ailleurs, la DUH, puissante organisation de défense de l'environnement, a engagé mercredi un nouveau recours en justice contre le projet à Schwerin, dans le nord du pays.

C'est aux États-Unis que les critiques sont les plus virulentes, notamment dans les rangs des Républicains.

Division aux États-Unis

C'est aux États-Unis que les critiques sont les plus virulentes, notamment dans les rangs des Républicains. Trois sénateurs autour de Ted Cruz, proche de Trump, avaient lancé l'été dernier une procédure de sanctions contre l'Allemagne et accentué la pression sur Angela Merkel, en décidant de rappeler aux États-Unis une partie des troupes américaines stationnées dans le pays.

L'US Army est le premier employeur de plusieurs régions allemandes. Joe Biden, depuis son arrivée au pouvoir, multiplie les signaux d'apaisement et cherche la normalisation. Mais le "Waiver" sur la liste remise au Congrès lui permettrait, en cas de trop forte pression des Républicains, de relancer le dossier des sanctions.

Nord Stream 1

Inauguration en 2011.
60 milliards de mètres cubes de gaz transportés en 2020, entre Wyborg (Russie) et Lubmin (Allemagne), à travers la Baltique, sur 1.224 km.
7,4 milliards d'euros d'investissement.

Nord Stream 2

Deux canaux de 1.224 km chacun.
Investissement prévisible de 8 milliards d'euros.
55 milliards de mètres cubes de gaz transportés à terme.
Reste une centaine de km à construire dans les eaux danoises, une quinzaine dans les eaux allemandes.

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