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Les États-Unis vaccinent de manière disparate et au ralenti

Une infirmière attend l'arrivée de candidats à la vaccination contre le Covid-19. ©REUTERS

La campagne de vaccination ralentit depuis plusieurs semaines aux États-Unis, alors que les contaminations reprennent. La répartition des injections s'est faite de manière disparate selon les États et les catégories sociales.

Après avoir démarré en force, la campagne de vaccination américaine ralentit depuis plusieurs semaines. Jusqu'à mi-avril, les États-Unis étaient parmi les plus rapides au monde, avec une moyenne de 3,3 millions de doses injectées par jour. Ces derniers jours, ce chiffre atteint 600.000, ce qui représente une chute de plus de 80%.

600.000
injections par jour
Le nombre d'injections de vaccin est d'environ 600.000 par jour aux États-Unis, contre 3,3 millions par jour mi-avril.

Si ce ralentissement se prolonge, l'efficacité de la vaccination pourrait s'amenuiser, chaque nouvelle infection renforçant le Covid-19 et ses variants.

Perte de vitesse et résultats disparates

Lorsqu'il est entré à la Maison-Blanche, le président Joe Biden a lancé une stratégie visant à vacciner tout le pays. Plus de 400.000 personnes étaient mortes du Covid-19 depuis le début de la pandémie.

"Au taux de vaccination actuel, 14 États sont à la traîne du pays et ne devraient atteindre 70% des adultes vaccinés partiellement qu'en 2022."
Molly Gamble
Becker's Healthcare Review

Cette campagne a bien démarré, et les résultats sont visibles. À ce jour, environ 69% de la population a reçu au moins une injection, ce qui équivaut au niveau de l'Union européenne (70%). Plus de 60% des Américains ont reçu une double dose, contre 57% des Européens.

Mais depuis plusieurs jours, la vaccination est en perte de vitesse. Cette semaine, les services américains n'ont pu vacciner que 0,2% de leur population, contre 1,1% pour la Chine et 0,7% pour l'UE.

La vaccination est également disparate sur le plan géographique et social. "Au taux de vaccination actuel, 14 États sont à la traîne du pays et ne devraient atteindre 70% des adultes vaccinés partiellement qu'en 2022", explique Molly Gamble, responsable de la revue médicale Becker's Healthcare. Parmi ces États figurent les plus pauvres du pays, comme la Louisiane, le Mississippi, l’Alabama, l'Arkansas et l'Oklahoma.

Parallèlement, les contaminations repartent à la hausse aux États-Unis, poussées par le variant Delta. Cette reprise est observée en particulier dans les États du sud du pays et moins dans ceux du nord-est, où la population est mieux vaccinée. Le pays représente la moyenne de nouveaux cas la plus élevée au monde, avec plus de 64.000 contaminations par jour.

Désinformation, pauvreté et racisme

Les experts attribuent ce ralentissement des vaccinations aux campagnes de désinformation et aux groupes antivax, de plus en plus actifs sur les réseaux sociaux.

Selon l'Association médicale américaine (AMA), la résistance est plus forte au sein des populations les plus pauvres pour des raisons d'éducation et d'accès à l'information. On retrouve aussi d'autres subdivisions classiques de la population américaine. Les personnes vivant en milieu urbain ou dans le nord sont plus susceptibles d'être vaccinées que celles vivant en milieu rural ou au sud, fait observer l'AMA.

La question raciale a également pris de l'ampleur, les populations noires et latinos étant moins vaccinées.

Enfin, l'appartenance politique semble aussi jouer un rôle. Les démocrates seraient plus enclins, depuis le début de la campagne, à se faire vacciner et à faire la promotion des campagnes vaccinales que les républicains.

"Traiter l'apathie nécessite une approche de communication différente de celle pour aborder les hésitations."
Stacy Wood
Docteur en médecine, membre de l'AMA

Certains experts font état d'une "apathie" au vaccin, plutôt que d'un refus ou d'une hésitation, ce qui plaide pour une relance des campagnes d'information vers les personnes qui se sentent moins impliquées ou indifférentes, alors que celles qui refusent ou hésitent se montrent au contraire impliquées par la question. "Traiter l'apathie nécessite une approche de communication différente de celle pour aborder les hésitations", explique le docteur Stacy Wood dans la revue JAMA.

Quoi qu'il en soit, la Maison-Blanche a décidé de durcir le ton. Le président Biden a décidé que les 2 millions de travailleurs fédéraux devront choisir entre être vaccinés contre le coronavirus ou subir des tests et porter des masques.

Le résumé

  • Après un démarrage en force, la campagne de vaccination tourne au ralenti aux États-Unis, tandis que les contaminations repartent à la hausse.
  • Le ralentissement serait lié à la pauvreté, à la désinformation et aux campagnes antivax. Les populations noires seraient également moins bien vaccinées.
  • Les taux de vaccination sont au plus bas dans les États les plus pauvres du pays.

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