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Les femmes "en première ligne" des inégalités économiques, selon Oxfam

Les femmes, qui assurent des tâches non rémunérées comme la collecte de l'eau, sont particulièrement touchées par les inégalités. ©REUTERS

Oxfam a publié son rapport annuel sur les inégalités mondiales, à la veille de l'ouverture du Forum de Davos. L'organisation internationale dénonce notamment la faible concentration des richesses entre les mains des femmes.

Oxfam a dévoilé ce lundi son rapport annuel sur les inégalités économiques à travers le monde, juste avant l'ouverture du Forum économique mondial à Davos, en Suisse. Premier constat interpellant énoncé par l'ONG: les 2.153 milliardaires du monde détiennent plus d'argent que 60% de la population. Plus globalement, 1% des individus les plus riches cumulent plus du double du capital des 6,9 milliards de personnes les plus pauvres sur Terre.

Dans le monde, les hommes détiennent 50% de richesses en plus que les femmes.
Rapport d'Oxfam

L'organisation internationale creuse un peu plus et révèle des différences d'inégalités selon le genre. Dans son rapport intitulé "Celles qui comptent", elle indique notamment que cette concentration des richesses se fait au détriment des femmes"Dans le monde, les hommes détiennent 50% de richesses en plus que les femmes." Les 22 hommes les plus riches de la terre se partagent également plus de richesses que toutes les femmes d'Afrique réunies.

Un travail domestique non rémunéré 

"Les femmes sont en première ligne des inégalités à cause d'un système économique qui les discrimine et les cantonne dans les métiers les plus précaires et les moins rémunérés, à commencer par le secteur du soin", a commenté Pauline Leclère, porte-parole d'Oxfam France. Ces métiers peu valorisés sont aussi souvent caractérisés, selon l'ONG, par de mauvaises conditions de travail. Oxfam précise néanmoins que 42% des femmes n'ont, quant à elles, pas la possibilité d'assurer un travail rémunéré "en raison d'une charge trop importante du travail de soin qu'on leur fait porter dans le cadre privé/familial", contre 6% des hommes.

Les femmes sont en première ligne des inégalités à cause d'un système économique qui les discrimine.
Pauline Leclère
Porte-parole d'Oxfam France

Tous les jours, les femmes de plus de 15 ans prestent en effet 12,5 milliards d'heures de travail sans recevoir de salaire. Des efforts qui représentent 10.800 milliards de dollars par an, soit trois fois plus que la valeur de l'industrie technologique. Ces femmes, qui collectent de l'eau, préparent les repas et s'occupent des enfants, parfois jusqu'à 14 heures par jour - principalement dans les pays du Sud -, sont le "moteur caché" de l'économie mondiale, d'après Oxfam. Sachant que près de la moitié de la population vit avec moins de 5,50€ par jour, les femmes, en bas de l'échelle, sont aussi les grandes perdantes de cette économie. 

"Agir d'urgence"

"Si nos sociétés veulent sérieusement s'attaquer à cette injustice, nous devons agir d'urgence. Il faut valoriser le travail domestique non rémunéré et les femmes qui le fournissent et il faut contester les normes sexistes, afin que la charge de travail soit partagée plus équitablement entre les femmes et les hommes", soutient Aurore Guieu, responsable de l'équipe justice fiscale et inégalités d'Oxfam-Solidarité. 

Les ultra-riches et les multinationales doivent payer une contribution fiscale équitable.
Aurore Guieu
Responsable de l'équipe justice fiscale et inégalités d'Oxfam-Solidarité

Les inégalités ne sont "pas une fatalité", selon Oxfam. Pour lutter contre le sexisme du modèle économique mondial, l'ONG propose des pistes claires: investir dans le secteur public et relever les impôts de façon plus équitable. "Des investissements dans l'eau et l'assainissement, les soins aux enfants et aux personnes âgées, et les services de santé permettraient de réduire la charge de travail des femmes et des filles, et d'améliorer leur qualité de vie. Pour financer ces services publics dans le monde, les ultra-riches et les multinationales doivent payer une contribution fiscale équitable", conclut Aurore Guieu.

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