Les pays industrialisés testés sur le financement climatique

Après les émotions liées au typhon aux Philippines, le pragmatisme reprend ses droits à Varsovie. ©afp

Les pays du Sud sont unis face au monde développé au sommet climatique de Varsovie. Ils testent l’Occident sur les promesses de financement. Un enjeu crucial pour la réussite du sommet.

Au sommet climatique de Varsovie, les trois derniers jours sont les plus intenses. Les négociations entre pays démarrent et les tensions sont de plus en plus palpables. Surtout que ce mercredi, c’est la question des financements qui a dominé les débats. "La finance sera la clé de la réussite de ce sommet", anticipe un ministre européen.

Après avoir amené sur la table 30 milliards de dollars sur la période 2010-2012 pour aider les pays victimes des changements climatiques, les pays développés doivent automatiquement remettre le même montant pour la période 2013-2015.

La communauté internationale a promis de globaliser les différents fonds d’aide à un total de 100 milliards de dollars pour 2020. Les pays du Sud se battent pour qu’au moins un seuil intermédiaire soit trouvé. "Les pays du G77 avec la Chine sont très soudés cette année et ne lâcheront pas sur cette question du financement", nous dit Véronique Rigot, chargée de plaidoyer Environnement & Développement au CNCD-11.11.11.

Elle rappelle à ce titre que pour 2010-2012, la Belgique a été trop courte de 57,4 millions d’euros sur les 150 millions promis. Une chance que d’autres pays européens ont été plus généreux, permettant à l’Union de remplir son contrat et de garder la face dans les négociations.

Un fonds emblématique

Dans la question du financement, un fonds reste emblématique: le Fonds d’adaptation. Il est le résultat des accords de Kyoto et était une demande récurrente des pays qui vivent déjà le changement climatique de plein fouet et ont besoin d’argent pour s’y adapter. Aujourd’hui, ce fonds est devenu un symbole.

"Comme tous les fonds internationaux, on est plus fort pour les créer que pour les financer", nous revient-il de personnes proches des négociations.

L’idée était de financer ce fonds grâce aux prélèvements sur le marché des permis carbone au niveau mondial avec une taxe de 2%. En conséquence d’un marché carbone défaillant, un écart de financement de 100 millions d’euros est aujourd’hui à déplorer.

Bruxelles en exemple

Une fois n’est pas coutume, une ville belge est mise en avant dans les discussions entourant ce fonds. Bruxelles a en effet misé sur ce fonds en 2013 et y a contribué à hauteur de 1,2 million d’euros avec de l’argent frais. Une somme modeste, mais vu l’absence de mobilisation internationale, la capitale était, avec la Suède, le seul contributeur avant le sommet de Varsovie en 2013. "On a beaucoup parlé de Bruxelles, car avec nos 1,2 million d’euros, on a représenté 1,6% du besoin de financement. Les fonds débloqués ont par exemple permis de financer un projet au Guatemala pour réduire la vulnérabilité de la région aux problèmes de sécheresse et surtout d’inondation", se réjouit Mikaël Angé, conseiller au cabinet d’Evelyne Huytebroek sur les questions climatiques, énergétiques et de développement durable. "C’est un fonds qui est très transparent avec une gouvernance exemplaire. Les critères de recevabilité sont connus et publics. Les documents sont rendus publics et les ONG et acteurs locaux y ont un accès direct", ajoute-t-il. Il y a 29 projets pour un besoin total de financement de 190 millions d’euros.

Les financements directs étaient prévus initialement, mais restaient accessoires. Aujourd’hui, ils sont devenus capitaux. "Les pays du Sud se disent: si même ça, vous n’arrivez pas à le financer, comment voulez-vous qu’on croie dans les 100 milliards de dollars promis pour 2020", explique encore un ministre européen.

En coulisses, ça bouge donc et les promesses pour ce fonds se multiplient en Europe. La Norvège parle de 3 millions d’euros, l’Allemagne de 30 millions d’euros, le Royaume-Uni de 6,5 millions d’euros et la Suisse de 10 millions de francs suisses. Preuve s’il en fallait que le Vieux Continent veut prouver qu’il est de bonne volonté.

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